Réponses commentées
Audacis -  2004-01-06 17:24:54

Réponses commentées

Vous écrivez : Votre identification de la faculté de confesser et du pouvoir d'ordre dans le canon 966 ne tient pas : le mot praeterquam de ce canon dit le contraire Prenez la peine de lire ceux qui devraient être vos auteurs de références, à savoir ceux là-même qui ont participé à la rédaction de la législation canonique et qui la commentent. Ainsi, je relève dans l'édition du CIC/1983, Edition bilingue et annotée des Facultés de droit canoniques des Université de Navarre et de saint-Paul, l'explication suivante relativement aux canons cités [cc. 966 et suiv.] dans nos débats, à savoir la faculté de confesser au titre du pouvoir d'ordre concédée de façon universelle :

"Les cardinaux jouissent de la faculté en tou lieu, sans aucune limite juridique"


L'auteur, le prestigieux professeur Tomas Rincon de l'Université de Pampelune poursuit :

"Selon le canon, les évêques jouissent de la même faculté sans aucun limite ad vilitatem, mais elle peut leur être refusée ad liceitatem, dans un cas particulier par l'évêque du diocèse dans lequel ils souhaitent exercer le ministère de la confession"


En tous les cas, ici, c'est bien clair : la validité n'est pas mise en cause. Précisément parce que le pouvoir de juridiction a laissé place à la prééminence du pouvoir d'ordre. Vous trouverez la même explication dans le manuel classique d'Alain SERIAUX, Droit canonique, Paris, P.U.F., [1996], pp. 519-524. Surtout, je vous recommande Mgr E. Correco, évêque de Lugano [que vous ne sauriez contester pour sa ligne idéologique car il fut l'un des principaux théologiens et rédacteurs à la Commission préparatoire du Code] dont l'essentiel des travaux a porté précisément sur le commentaire des changements de ces canons liés au pouvoir d'ordre et de juridiction : Nature et structure de la Sacra potestas dans la doctrine et dans le nouveau Code de droit canonique dans Revue de droit canonique, 34, [1984], pp. 361-389. Pour conclure sur le sujet Voici ce qu'écrivait ailleurs Mgr E. Corecco (je l'écris en gras, ne vous en déplaise...) : Dans le régime instauré par le nouveau CIC, l'administration des sacrements n'est pas considérée comme un acte joint du pouvoir d'ordre et du pouvoir de juridiction, mais comme un effet exclusif du pouvoir d'ordre" dans Théologie et droit canon. Ecrits pour une nouvelle théorie générale du droit canon, Fribourg, Editions Universitaires, [1990], p. 283. Maintenant, peut-être que votre intention est de contester votre propre doctrine ? Ce ne sera pas surprenant : depuis le concile Vatican II; on dit tout et le contraire de tout...