Abel - 2006-10-17 11:36:43
Un jour...
saint Antonin de Florence entra dans son église cathédrale, et vit un démon qui circulait parmi les gens qui attendaient pour se confesser. Ce démon portait un grand sac dont il retirait une chose qu'il mettait dans les mains de tous ceux qui étaient présents.
Saint Antonin s'approcha vivement du démon et lui demanda ce qu'il faisait là.
— oh ! je rends à tous ces gens la honte que je leur ai retirée au moment où ils ont péché !
Cher Brieuc,
la confession est un acte difficile, mais le démon – le terrible démon muet – vient singulièrement nous compliquer la tâche.
Ce qui est honteux, c'est le péché, le maudit péché qui offense notre Dieu et nous sépare de lui.
L'aveu du péché, lui, est un acte bon, salutaire, digne d'admiration.
Et pourtant nous redoutons l'aveu alors que nous ne redoutons pas (ou pas assez) le péché.
Un peu de réflexion, et de prière confiante, abattra cet obstacle.
Puis le démon nous sussurre : Que va penser le prêtre ?
La réponse est simple : rien !
Rien parce que le prêtre n'est pas lui-même ; il est Jésus-Christ avec toute sa bonté et sa miséricorde.
Si le prêtre éprouve quelque sentiment, c'est celui de la sympathie pour le pécheur (en lequel il se reconnaît si souvent !).
Pour ma part, j'éprouve beaucoup moins de difficulté à me confesser depuis que je suis prêtre, parce que le démon et l'amour-propre ont un argument de moins : je sais par expérience que le prêtre n'en pense rien.
Le sacrement de Pénitence est une anticipation du Jugement dernier : ce que nous avouons volontairement, dans le secret, en le regrettant, cela nous est pardonné, totalement, définitivement.
Et donc cela ne nous sera pas reproché publiquement et pour notre confusion au Jugement général. Quel soulagement !
Cher Brieuc, saint Louis-Marie Grignion de Montfort nous dit que la sainte Vierge a le talent de rendre douces les croix les plus amères. Ce qui est vrai des croix l'est encore bien plus de la confession. Confiez-vous à Notre-Dame, à notre mère : vous touverez la force, la grâce de Dieu et la paix du cœur.
Abel