"Mettre en avant les belles choses" de quoi que ce soit, cela s'appelle faire de la propagande. Quand on pense, on doit rechercher la vérité (même si, pauvres pécheurs, il est rare qu'on la trouve). "Mettre en avant" quoi que ce soit, c'est, déjà, refuser de chercher la vérité dans son intégralité - c'est faire passer un souci de "communication" ou de je ne sais quoi d'autre avant elle.
La parabole de la paille et de la poutre éclaire parfaitement ce que je viens de décrire. Il me semble qu'elle veut dire que quand on voit le mal chez l'autre, il faut toujours avoir conscience que le mal est beaucoup plus grand en nous-mêmes, parce que nous sommes infiniment pécheurs. Voir du mal dans l'Eglise humaine, avec réalisme, ce n'est pas affirmer que nous en sommes prémunis. Bien au contraire : grâce à cette parabole, cela peut nous permettre de voir le mal encore plus grand que nous faisons, et qui est à l'origine du mal que fait l'Eglise humaine.
Refuser de voir le mal ailleurs, n'est-ce pas, finalement, cacher le mal toujours, et a fortiori celui auquel nous nous adonnons nous-mêmes ?
"Coopérateurs de la vérité", disait saint Paul. C'était la devise du cardinal Ratzinger, à Munich. Je pense sincèrement qu'Ennemond essayait ici de la faire sienne, sans peut-être y parvenir, certes - je ne sais. Mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas s'écarter de cette recherche de la vérité. |