Une des prérogatives présidentielles en Egypte est la nomination du recteur et grand mufti de l'université islamique d'Al-Azar. Ceci découle de ce que la Charia est le principe souverain de la constitution de l'Egypte.
Ce personnage est reconnu comme la plus haute autorité de l'Oumma sunnite. Si les derniers développements se poursuivaient selon une voie absolutiste, les Frères Musulmans ou d'autres ultras risqueraient de faire la loi, non seulement en Egypte mais aussi dans le monde entier. En effet, malgré la custode (volée aux Hachémites) de la Mecque et de Médine, jamais les Saoudites wahhabistes n'ont eu un tel magistère.
S'il s'agit donc d'une révolution crypto-islamique, le Caire se dresserait alors comme concurrent à Téhéran pour la domination des masses musulmanes. Il y aurait là de quoi déclencher une guerre dont la puissance américaine espère la neutralisation réciproque. Ordo ab Chao. Il s'agit de la route du pétrole et du commerce d'Asie.
Dans tout ça, j'ai bien peur qu'il ne reste à nos frères les Orientaux que nos yeux pour pleurer.
Le péril est immense. Et je ne sais plus quoi penser, tiraillé que je suis entre l'ivresse révolutionnaire et la raison traditionnelle qui me dit: Attention! Champ miné! |