Sous le titre Témoignage pour Pie XII, nous avons publié dans le n°212 de février 2010 de La Nef un article du Dr Édouard Belaga qui est une version que nous avons dû légèrement couper pour des raisons de place. Voici donc ici la version intégrale de ce beau texte. – CG
Par
Édouard Belaga
§1. Le décret du Pape Benoît XVI sur les vertus héroïques de Pie XII a réjoui les catholiques attachés à la mémoire de cet homme admirable, d'une inégalable douceur et d'une haute intelligence, de ce Pape martyr de sa vocation de chef de l'Église dans la plus terrible tourmente historique que l'humanité ait connue.
En même temps, ce décret a provoqué en France un tollé de protestations. Les opposants au décret, certains historiens, des personnalités laïques, juives, protestantes et catholiques, reprochent à Pie XII son silence sur la Shoah. Ils choisissent d'ignorer les témoignages de reconnaissance pour les efforts de Pie XII pendant la guerre pour sauver les Juifs, témoignages qui viennent de survivants de la Shoah et de hauts responsables de la communauté juive et de l'État Israël après la guerre — certes, avant le scandale provoqué par la pièce de théâtre Le Vicaire. Les opposant au décret ne se satisfont pas des fruits du travail de la commission spéciale d’études des archives du Vatican, instituée par le Pape Paul VI en 1963, qui a publié 12 volumes et dont le bilan est présenté dans deux livres du Père Pierre Blet. Et ils demandent que toute initiative de béatification de Pie XII attende l'ouverture complète de ces archives, prévue pour 2013.
En écoutant les critiques et en essayant de comprendre les soucis véritables de celles et ceux qui critiquent l'attitude du Pape Benoît XVI, on arrive à la conclusion que même l’ouverture complète des archives du Vatican ne résoudra pas la controverse, au moins pour une partie importante de ces personnes. Car le seul reproche incontestable fait à Pie XII étant sa non-parole publique, ce reproche ne sera pas invalidé par des documents secrets du temps de la guerre, encore inconnus, des archives du Vatican.
C’est ce qui nous oblige à élargir la portée et à approfondir la perspective des efforts pour faire comprendre, d’un côté, les défis auxquels Pie XII a dû faire face et donc la valeur véritable de ses réponses à ces défis et, d’un autre côté, le sens et la portée de la démarche de l’Église qui proclame, par le décret de Benoît XVI, ses vertus héroïques.
La personne de Pie XII, ses écrits et paroles sont déjà bien connus dans les moindres détails grâce à ses riches biographies et à des publications diverses, telles que le tout récent Pie XII, Pape bavard : Quand le Vatican brisait la loi du silence, de François Miclo, ou les plus anciennes du journal La Nef. C'est pourquoi nous nous pencherons plutôt sur les réalités de son époque, époque devenue presque méconnaissable sous la plume des détracteurs de ce Pape, à partir de la calomnieuse pièce Le Vicaire (1963) de Rolf Hochhuth. Celui-ci, fidèle à sa vocation de « détourneur » du blâme loin des atrocités nazies, s’est converti finalement, vingt ans plus tard, au négationnisme.
Tout particulièrement, c'est contre les myopies modernes du politiquement correct, certes commodes pour certains cercles, mais très dangereuses pour notre avenir commun, que l’auteur de ces lignes s'insurge. Il a la vision du siècle passé ébranlé dès son début par des « incendies » mondiaux jamais connus auparavant et son expérience personnelle — qui est celle de plus de 5 millions des Juifs russes et de centaines de millions d'hommes d’Europe de l’Est.
§2. Il s’agit d’abord de ce fait fondamental : la béatification de Pie XII, comme la béatification et la canonisation de tous les Saints et Saintes de l’Église, est une manifestation publique du véritable mystère de l’Église, la Communion des Saints. Ce mystère, qui n’est connu ou reconnu que par les catholiques et les orthodoxes, fait partie de tous les Credos chrétiens.
Sur le fond donc, toute intervention extérieure dans le déroulement de cette manifestation, intervention qui cherche à influencer radicalement et même à empêcher le processus, constitue une ingérence flagrante dans l’exercice du droit souverain et sacré du Pape Benoît XVI, de l’Église catholique en général et de chaque catholique en particulier.
Il faut saluer les efforts de personnes étrangères à l’Église Catholique, et tout particulièrement, de nos « frères aînés », d’après la belle formule de Jean-Paul II, de comprendre l’initiative de Benoît XVI et d’exprimer leurs émotions, leurs réflexions et leurs critiques, qui ne peuvent qu’enrichir la réflexion de l’Église. Mais force est de constater que certaines initiatives publiques de pression sur l’Église, dignes des campagnes électorales les plus agressives, fournissent la preuve la plus évidente et la plus immédiate qu’on peut se permettre aujourd’hui en France de harceler l’Église catholique de la façon la plus insidieuse.
L'Église russe a déjà vécu une persécution semblable, et pire encore, quand les reliques de ses saints ont été détruites devant des foules de chrétiens forcés par les milices à assister à ces spectacles d’« impuissance de Dieu ».
Aujourd’hui, en France, les « défenseurs » de Pie XII sont donc d’abord les défenseurs de Benoît XVI, leur Pape.
Ils sont ensuite, comme dans mon cas, les témoins encore vivants et vigilants de l’époque de Pie XII.
J’ai grandi et j’ai été formé culturellement dans le climat de mensonge athée et de persécution soviétique. Juif de par mes origines – pratiquement inconnues de moi jusqu’à mon exil forcé de dissident, à l’âge de 40 ans –, athée comme tout le monde jusqu’à l’âge de 20 ans, j’ai reçu la grâce de connaître la Révélation judéo-chrétienne et de recevoir ma première foi dans l’Église russe orthodoxe seulement après la révélation publique des atrocités staliniennes. Il m’a fallu beaucoup souffrir et travailler, et il me faut le faire encore, pour découvrir des vérités historiques, aujourd’hui connues de tout le monde, et les vérités cachées, historiques et spirituelles, telles que le message de Fatima.
La Russie a connu son « Pie XII », le Patriarche Tikhonov, aujourd’hui proclamé saint par l’Église russe. Défenseur infatigable et courageux des vérités du Christ face à la terreur bolchevique, il a été finalement réduit au silence et forcé de faire quelques déclarations de loyauté au pouvoir soviétique.
Il est mort de ses souffrances en 1925. Son Église fut purgée de centaines d'évêques, de dizaines de milliers de prêtres et de millions de fidèles, fusillés ou morts en Sibérie, pour ensuite être « rénovée » et tomber sous la dépendance sécrète du KGB. Sa mémoire publique a été entachée par des accusations monstrueuses. Proclamé saint par l’Église russe régénérée, il reste pour moi le paradigme d’une douceur et d’une profondeur chrétiennes inédites. Comme Pie XII – certes, une tout autre personne, chef d’une tout autre Église, dans un tout autre contexte historique et culturel.
§3. Cette comparaison entre les destins de deux hommes a évidemment ses limites. En ce qui nous concerne, nous sommes en France où, malgré tous les dérapages idéologiques et politiques occasionnels, la parole est libre et appréciée. Réjouissons-nous donc de cette heureuse opportunité d'apprendre et de mieux comprendre les défis auxquels faisaient face le Pape Pie XII et ses contemporains, catholiques et Juifs, en Europe, en Asie, aux Amériques.
Je choisis ici l'article de Patrick Kéchichian, dans Le Monde du 29 décembre, sur « le long péché par omission de Pie XII ». C'est un bel exemple d'une respectueuse réflexion qui met en doute la véritable héroïcité de vertus de Pie XII ; elle mérite certainement d'être discutée avec douceur mais sans complaisance.
La réflexion de Patrick Kéchichian est inspirée, d'après lui-même, par les paroles de deux témoins contemporains des événements en question, les paroles de deux grands catholiques français, Paul Claudel et Jacques Maritain, que personne n'a jamais soupçonnés de partialité anti-chrétienne, idéologiquement et politiquement correcte.
Ainsi, d’après Patrick Kéchichian, Paul Claudel a écrit après la fin de la guerre, le 13 décembre 1945, à Jacques Maritain, alors ambassadeur de France auprès du Saint-Siège : « Je pense souvent à vous et à la mission si importante et si difficile que vous remplissez auprès de Sa Sainteté. Rien actuellement n'empêche plus la voix du pape de se faire entendre. Il me semble que les horreurs sans nom et sans précédent dans l'Histoire commises par l'Allemagne nazie auraient mérité une protestation solennelle du vicaire du Christ. Il semble qu'une cérémonie expiatoire quelconque, se renouvelant chaque année, aurait été une satisfaction donnée à la conscience publique... Nous avons eu beau prêter l'oreille, nous n'avons entendu que de faibles et vagues gémissements. »
De la part du Juif que je suis — et fier de l’être, — je ne peux qu'admirer ces nobles paroles et y voir la manifestation de la plus belle et de la plus courageuse compassion chrétienne.
Comme j'admire les paroles adressées en 1933 au Pape Pie XI par une certaine « fille du peuple juif, qui est depuis onze ans, par la grâce de Dieu, fille de l’Église catholique » et qui « a osé exprimer devant le Père de la chrétienté ce qui accable des millions d’Allemands » — écoutez bien: « accable des Allemands », et pas seulement des Juifs allemands. Car par sa démarche insolite, Édith Stein a cherché à la fois à sauver son peuple juif, à défendre la dignité chrétienne de sa patrie allemande et à contribuer à la vocation de l'Église d’appeler les hommes et les nations à la sainteté face à toutes les manifestations du mystère d’iniquité.
Neuf ans plus tard, Édith Stein, alias Thérèse-Bénédicte de la Croix, a donc eu raison de dire à sa Sœur Rosa, Carmélite elle aussi: « Viens, nous partons pour notre peuple ».
Ses paroles prophétiques — le prophète, dans la tradition judéo-chrétienne, est celui qui annonce à la fois les défis véritables du moment présent dans la perspective éternelle et divine et les choix moraux à assumer face à ces défis par la génération du prophète — les paroles d'Édith Stein n'ont pas trouvé de réponse adéquate au Vatican, et on ne peut que le regretter.
Mais l'histoire d'Israël et de l'Église montre que les prophètes sont souvent écoutés seulement bien après leur temps... Par ailleurs, je suis convaincu que le Pape Jean-Paul II qui a proclamé Édith Stein d'abord bienheureuse, ensuite sainte, je suis convaincu donc qu'en désignant Thérèse-Bénédicte de la Croix comme co-patronne de l'Europe, Jean-Paul II s'est senti le Pape qui, trois ou quatre générations de catholiques après Pie XI, était appelé à proclamer que la juste et noble vision d'Édith Stein en 1933 était la vision de l’Église.
§4. Dois-je transformer mon admiration devant les paroles d’Édith Stein, de Maritain et de Claudel en accusation du Pape Pie XII « pour péché d'omission »? Certainement non.
Pour moi, qui ai grandi, comme 5 ou 6 millions Juifs russes, dans l'atmosphère du régime stalinien, les réalités de la Deuxième Guerre mondiale sont tout autres que celles qui sont aujourd'hui imaginées et exploitées par certains, en commençant par les catholiques de Golias.
Et il ne subsiste aucun doute que ces réalités ont été autres aussi pour les Juifs qui luttaient pendant cette terrible guerre pour sauver leurs confrères et, souvent, leurs compatriotes non-juifs. Soit sur le champ de bataille, comme mon père, officier de l'Armée Rouge, ou mes oncles, pilote de chasse et ingénieur militaire, tous trois tombés au champ d'honneur, me laissant moi, garçon de deux ans, seul enfant survivant d'un grand clan familial. Soit dans l'armée clandestine de « partisans », sur le territoire russe occupé par les Allemands. Soit dans la résistance française, hollandaise, etc. Soit dans les filières de sauvetage des enfants et des familles juives, partout en Europe. Soit en Palestine, en préparant la place pour les survivants de la Shoah.
Mais aucun de ces efforts n'aurait pu aboutir sans le soutien de toute une armée d’amis, de soldats, de résistants, de sympathisants, de compagnons de route non-juifs. Et l'Église catholique a eu le privilège de donner le plus grand nombre de ces compagnons de route. Une seule infirmière et travailleuse sociale polonaise catholique, Irène Sendler, a sauvé la vie de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie ; soupçonnée par les nazis et torturée, elle n'a jamais révélé à ses tortionnaires ni les noms de ses camarades, ni les noms des enfants sauvés — et pourtant, elle les a bien enregistrés et gardés cachés dans son jardin, pour retrouver leurs parents après la guerre.
Pendant le même temps, le temps le plus terrible pour le peuple juif, l'élite juive américaine, d'après les recherches des historiens juifs, s'est tue, et le quotidien américain le plus réputé pour l'actualité et l'exactitude de ses informations, The New York Times (dont les fondateurs, en 1896, les propriétaires et les éditeurs, ont été la famille juive Ochs-Sulzberger : voir « Buried by the Times : The Holocaust and America’s Most Important Newspaper », de Laurel Leff, Cambridge University Presse, 2005), « ensevelissaient » la Shoah, en minimisant son ampleur, en occultant le fait que les Juifs étaient la cible privilégiée de la terreur nazie et en reléguant toute information sur la persécution des Juifs sur des pages peu lues par le public. Cela n’a pas empêché ce journal de devenir la tribune la plus tapageuse – et la plus injuste – de toutes sortes d’accusations contre le silence sur la Shoah de l’Église catholique et du pape Pie XII.
§5. La simple vérité est que la guerre la plus globale et meurtrière de l'histoire humaine, la guerre la plus totale (c'est-à-dire, dirigée contre la totalité de la population de chaque pays combattant, et pas seulement contre son armée) a été perçue – correctement – par beaucoup de nations comme le combat pour leur survie physique face à l’Allemagne nazie et au Japon impérial. En particulier, les Nazis, qui ont traité les Français et les Italiens (le Vatican inclus) avec une certaine retenue, ont traité les Polonais, les Russes, les Ukrainiens comme des sous-humains voués à la servitude, et ils ont traité les Juifs comme les non-humains – voués à la destruction.
Les Juifs ont été les premières victimes de tous ces conflits : le peuple sans État, sans culture commune (les Juifs français, par exemple, ont éprouvé une grande difficulté à accepter que les réfugiés juifs polonais soient quelque part des leurs), sans cause politique ou civique commune et identifiable (sauf le Communisme, avec son histoire fraîche et toujours actuelle d’injustice et de terreur, populaire parmi certains Juifs de l’Europe, à l’Ouest comme à l’Est, réveillés par les révolutions française et russe et révoltés contre l’antisémitisme des anciens régimes), sans religion commune — avec les communautés juives orthodoxes –, sans liens de solidarité entre eux et en état de rupture définitive avec les populations chrétiennes environnantes, pas toujours à cause de l'antisémitisme de ces populations.
L'État Israël et la solidarité juive après la guerre sont nés de cette terrible expérience et de la conscience que la survie du peuple juif est un défi qu'on ne peut pas déléguer aux autres. Personnellement, c’est en Israël, parmi les Juifs orthodoxes, après mon expulsion de Moscou brejnévienne pour mes convictions chrétiennes, que j’ai trouvé le sens et le bonheur de me reconnaître Juif, fils du peuple élu de toute éternité pour abriter la Sainte Famille, pour être la Sainte Famille.
On ne peut exiger de personne, et premièrement pas du Pape Pie XII, que lui, non-Juif, ait été plus Juif que les Juifs eux-mêmes. Mais c'est exactement ce qu'on reproche, tout à fait gratuitement, à Pie XII — car la parole publique pendant cette terrible guerre n'avait aucune valeur si cette parole n'était pas validée par les armes. C'est mon père qui m'a sauvé de la mort, pas la propagande anti-nazie soviétique : il portait les armes, et grâce à son statut d'officier de l'Armée Rouge, ma maman, son épouse, et moi, son bébé, ont été évacués vers l'Est, certes, dans des wagons à bestiaux, mais finalement évacués — juste avant l'arrivé des nazis dans ma ville natale, Kiev. Les Juifs qui n'ont pas eu cette chance ont été fusillés ou ensevelis vivants...
Personne n'exprima ce rapport entre la parole et les armes pendant ce temps mieux que Staline, déjà en 1935, à l'occasion de la visite du Premier ministre français, Pierre Laval, à Moscou ; sur la demande de Laval, plus qu’incohérente, que Staline fasse quelque chose pour encourager la religion catholique en Russie et ainsi faciliter les relations entre la France et le Vatican, Staline répond cyniquement, avec la dépouille de sa propre Église sous ses pieds : « Oh ! Le Pape ! Combien de divisions a-t-il ? »
Le Pape Pie XII a eu ses divisions : les catholiques qui ont bien compris les messages de compassion et de solidarité avec les Juifs de son prédécesseur, Pie XI (l’encyclique Mit brennender Sorge, 1937, la déclaration « Spirituellement, nous sommes tous des sémites », 1938) et de lui-même (dans sa toute première encyclique Summi Pontificatus, en 1939, Pie XII s’insurge contre les théories qui niaient l’unité de la race humaine et contre la déification de l’État), même si, pour des raisons plus que compréhensibles, le discours public de Pie XII pendant la guerre a été voilé.
§6. Paradoxalement, nombreux sont les détracteurs du décret de Benoît XVI concernant Pie XII qui prétendent que le Pape chercherait à profiter de l’immense popularité de Jean-Paul II parmi les chrétiens mais aussi parmi les Juifs, pour « faire passer » dans le même décret la béatification de deux de ses prédécesseurs.
On insiste en particulier sur le mérite qu’a eu Jean-Paul II d’ouvrir le dialogue de respect avec les Juifs, sur ses nombreuses déclarations à la fois d’amitié et de contrition pour le passé anti-judaïque de l’Église, sur son humble prière devant le Mur des lamentations à Jérusalem, sur ses amitiés personnelles avec les Juifs polonais pendant et après la guerre.
On oublie que Karol Wojtyla, dont toute la vie était vouée à la Vierge Marie – Totus Tuus –, fut lui-même le plus grand admirateur et le plus fidèle disciple de Pie XII, le Pape le plus Marial et le plus instruit de la modernité avant Jean-Paul II. On oublie aussi que le pontificat de Jean-Paul II pouvait profiter des fruits de l’immense travail de discernement et de dialogue de l’Église après la guerre avec des interlocuteurs juifs de la nouvelle génération, tels que le Grand Rabbin Alexandre Safran, l’écrivain Jules Isaac, etc.
Mais le plus grave est que les détracteurs de Benoît XVI et de la Papauté oublient que, historiquement, la « libération » de l’Occident de l’autorité religieuse et morale de l’Église catholique au XIXe siècle et le transfert de son autorité morale aux États, aux nationalismes européens et aux idéologies diverses, a eu comme résultat le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la destruction de l’Église russe orthodoxe qui avait assuré pendant des siècles une cohésion communautaire et morale du peuple russe, l’avènement du communisme russe et du régime nazi, le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale et les menaces de la destruction de l’humanité tout entière pendant la guerre froide.
Le rôle réduit de la Papauté pendant ce terrible siècle ne lui permit pas d’empêcher des crimes contre l’humanité à une échelle jamais vue auparavant, tels que la Shoah, avec ses 6 millions de victimes. Ou bien, la destruction par la famine – le « Holodomor » –, en 1931-1933, de 8 millions de paysans chrétiens, ukrainiens et russes, perpétrée par les bolcheviques, alors que la propagande communiste accusait l’Église russe d’être responsable de ce crime.
Mais elle est restée, cette Église, avec ses Papes, et elle reste aujourd’hui le seul phare de la lumière véritable dans un monde plus obscur et plus dangereux que jamais.
Strasbourg, le 11 janvier 2010 Dr. Édouard Belga, scientifique et philosophe, père de famille nombreuse.
LA NEF