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"ils" veulent "produire" le surhomme à tout prix Imprimer
Auteur : jejomau
Sujet : "ils" veulent "produire" le surhomme à tout prix
Date : 2011-02-08 15:02:19

Mgr Rey nous rappelle que l’embryon humain «n’est pas une accumulation de matériel biologique, mais un nouvel être vivant, dynamique et merveilleusement ordonné, un nouvel individu de l’espèce humaine (…). Il en a été ainsi pour chacun de nous dans le sein de notre mère».
Il s'agit vraiment d'un cri d'alarme car l'eugénisme s'est installé paisiblement sans que personne n'y trouve rien à redire.
Qui a pris seulement conscience qu'en "produisant" (comme on produit une voiture dans tel but)le "bébé-médicament" (ici , on "produit" un bébé.. non pour lui, non par amour... Mais dans le but qu'il "serve à quelque chose" (sic!)), on a en même temps tué et éliminé des centaines d'autres bébés (qui ne "servaient" à rien !)???

Ce qu'ils veulent est clair : "produire" le surhomme.

comment en est-on arrivé là ?


Voici une conférence donnée par Mr Larminat. Stanislas de Larminat, chargé de cours de bioéthique au collège Stanislas à Paris, dans sa conférence « Bioéthique, une question de foi ou de raison ? », se place dans l’esprit du livre « propos pour un dialogue» présenté par la conférence des évêques de France (CEF).

Il montre qu’il est possible, même pour un athée, de tenir un discours de raison en matière de bioéthique, très proche de celui qu’un croyant peut avoir avec l’éclairage de sa foi.


S. de Larminat, rappele qu’en matière de bioéthique, l’objectif est de se construire une réflexion permettant d’agir en conscience et librement. Mais cela pose la question de la liberté. Si elle n’est pas éclairée par une sorte de référentiel philosophique, elle devient très vite une fausse liberté. D’ailleurs, dans l’histoire de l’humanité, « tous les totalitarismes qui ont voulu asservir les peuples ont cherché à nier l’existence même de la Vérité pour mieux les priver de liberté » rappele S. de Larminat. La liberté, ce n’est pas DE FAIRE quelque chose en fonction d’un vague désir. La liberté est un ENGAGEMENT POUR AUTRUI, effectué à partir de l’éclairage d’un référentiel de valeurs. « Pour savoir si une action est bonne, on doit vérifier qu’elle fait du bien à « autrui ». Les totalitarismes se plaisent également à effacer le concept même d’autrui. Or, sans autrui, je ne sais pas qui JE suis. Et quand je ne sais plus qui JE suis, il n’y a plus de place que pour le NOUS, et pour la loi souvent abusive du NOUS collectif ».

Quel est le référentiel de raison qui peut servir d’éclairage en matière de bioéthique ? S. de Larminat propose de retenir quelques concepts simples :

La distinction entre « l’essence et l’existence » est vieille comme la philosophie grecque. Ce concept peut nous aider à aller au-delà des émotions de notre existence, pour chercher ce qui est l’essence même de l’humanité, c’est à dire ce qui correspond au bien profond de l’homme. En bioéthique, on voit souvent les médias nous présenter des cas particuliers de souffrances graves. Il ne s’agit pas de les nier. Elles sont toujours réelles. Mais les solutions proposées consistent souvent à faire taire nos émotions en oubliant ce qui est le bien réel de l’homme.

La distinction entre « l’être et l’avoir ». Ce concept est facile à comprendre : les infirmes rappellent toujours qu’ils ne SONT pas (verbe être) handicapés, mais des personnes qui ONT (verbe avoir) des capacités handicapantes. De la même manière, un embryon, ou une personne en fin de vie dans le coma, ont des capacités non développées, ou perdues, qui relèvent de l’avoir. Cette distinction est fondamentale en bioéthique : « ce n’est pas la quantité d’AVOIR qui fonde la dignité de l’homme, mais le simple fait d’ÊTRE un homme », propose S. de Larminat. « Un embryon humain sans capacité n’est-il pas plus objet de dignité qu’un singe savant ? »

La question de « l’utilité ». Puisque l’éthique consiste à réfléchir sur ses actions, il faut, bien sûr, veiller à l’utilité de nos pratiques. C’est particulièrement vrai en matière de bioéthique. L’objectif des médecins est d’assurer des soins de qualité qui se mesurent en degré d’utilité. Mais faut-il établir une sorte de « principe d’utilité » ? La raison nous commande que « la fin ne justifie pas toujours les moyens ». Il est donc totalement erroné de se laisser dire qu’une action utile serait toujours bonne. « La simple raison utilitariste ne permet donc pas de justifier la recherche sur l’embryon, ou l’acharnement thérapeutique » a rappelé S. de Larminat.

La question de « l’âme ». Le conférencier rappele que ce sont les philosophes grecs qui ont débattu de ce concept. Ce n’est donc pas une question de foi, même si la chrétienté a apporté ensuite son éclairage sur la question. La philosophie définit, en quelque sorte, l’âme comme étant « ce qui fait que la vie est vie » ! Mais ce « principe de vie », chez une plante, ne trouve sa capacité d’action que dans celle de croître, se nourrir et se reproduire. Chez l’animal s’y ajoutent un principe de vie sensorielle et une certaine capacité cognitive. Mais seul l’Homme est doté d’une « âme spirituelle » lui permettant de choisir, en liberté et en conscience, son activité en fonction d’un but.
Puisque l’âme est un « principe de vie », on comprend que la question de la date à laquelle un embryon est dépositaire d’une âme, est une fausse question. Dès la fécondation d’un ovule, la « vie est vie » et l’œuf a ainsi une âme.

La question de « la personne ». Les philosophes disent que la personne est un corps et une âme spirituelle. Tous les scientifiques sont d’accord pour dire que l’embryon est un « être humain ». Ce n’est pas un embryon de souris. Mais, l’embryon est-il une personne ? Il est difficile de s’engager expressément sur cette question dans une affirmation de nature philosophique. Mais comment un individu humain ne serait-il pas une personne ? « En tout état de cause, si tout être humain, dans son corps est sujet à dignité, a fortiori, la personne « corps et âme spirituelle » l’est également ».

La question de « l’altérité ». Entre deux personnes, il y a souvent un risque de relation de domination de l’une par l’autre. Dans ce cas, il faut une troisième personne pour rompre ce type de relation. L’enfant peut libérer une femme d’une relation de domination de son mari; ou bien un père va « couper le cordon ombilical » d’une mère possessive. Ou encore, une mère pourra libérer l’enfant d’un père excessivement autoritaire. Même en dehors de la vie familiale, ce principe se justifie. Ainsi, dans les associations humanitaires, ce sont souvent des binômes de bénévoles qui suivent un bénéficiaire, pour éviter toute relation de dépendance.
Cette relation d’égalité dans l’altérité est importante en bioéthique, car certains acharnements procréatifs peuvent, dans certains cas, conduire à une forme de domination de la technique sur l'origine et la destinée de l’enfant.

Le principe de « proportionnalité ». Ce principe concerne les actes ayant un double effet : un bien mais suivi d’un mal. Cette question a été retenue dans la loi Léonetti , à propos de la fin de vie, en particulier l’usage de la morphine contre la douleur, au risque d’abréger la vie. On devine bien que, dans ce cas, il faut beaucoup de prudence et vérifier un certain nombre de choses raisonnables avant d’agir: Vérifier quelle est mon intention: n’être guidé que par la finalité positive de l’acte; vérifier, au préalable, l’absence de solutions alternatives, sans effets négatifs ; être guidé, enfin, par la proportionnalité des effets de l’acte. Il faut que le bien soit plus important que le mal et que ce mal soit inévitable.

Cette première partie de conférence, retient donc quelques concepts simples pour construire un référentiel de raison qui puisse servir d’éclairage en matière de bioéthique.

Dans la seconde partie, il se propose d’appliquer ce référentiel philosophique à trois sujets d’actualité :

La question de la Procréation Médicalement Assistée

Bien sûr, de la part des époux, le désir d'un enfant est naturel. Il exprime la vocation à la paternité et à la maternité inscrite dans l’amour conjugal. Ce désir peut être plus vif encore si le couple est frappé d'une stérilité qui semble incurable. Mais sait-on toujours que, en France, la Procréation Médicalement Assistée (PMA) est pratiquée avec des fécondations multiples permettant des tris d’embryons sur des critères génétiques ? Le Conseil d’Etat a reconnu le 6 mai dernier que l’eugénisme est défini comme "l’ensemble des méthodes et pratiques visant à améliorer le patrimoine génétique de l’espèce humaine" et qu’il peut être non seulement "le fruit d’une politique délibérément menée par un Etat", mais aussi "le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes".

Sait-on toujours que, en France, on pratique des réimplantations multiples quitte à pratiquer ensuite des « réductions embryonnaires » ?
Ces pratiques sont-elles conformes à la dignité de l’être humain à naître ? N’y a-t-il pas là un risque de dérive vers une sorte de « droit à l’enfant ? « Une telle relation de domination technique ne risque-t-elle pas d’être contraire à la dignité et à l'égalité qui doivent être communes aux parents et aux enfants ? », demande S. de Larminat ddans sa conférence.

La question de la recherche sur l’embryon

La médecine attend beaucoup des thérapeutiques basées sur la transfusion de cellules pluripotentes. S. de Larminat explique la différence entre les cellules souches pluripotentes embryonnaires qui induisent des destructions d’embryons. Il montre que le principe de proportionnalité doit s’appliquer puisque les cellules souches pluripotentes adultes sont de réelles solutions alternatives sans inconvénients éthiques.

La question de l’euthanasie

S. de Larminat n’élude pas les grandes souffrances qui accompagnent souvent les malades et les familles dans les situations de fin de vie. Mais il rappele que de nombreuses étapes peuvent traverser ces échéances chez un malade : celle du refus de la mort, de la colère, de la tristesse, de la peur, mais aussi des étapes d’acceptation, de transition, de demande de pardon, voire même d’offrande de soi. Ces étapes sont également vécues par les familles. Mais souvent l’euthanasie est proposée lors des premières étapes. Peut-on parler de « mort digne » quand on prive quelqu’un des dernières étapes de sa vie ? « N’y a-t-il pas là une forme de non assistance à personne en situation de faiblesse », interroge S. de Larminat ?

Il montre que les soins palliatifs ont justement pour but de restaurer, autant que possible, les besoins classiques de toute personne : les besoins physiologiques (antalgiques,…), les besoins de sécurité (réduction du bruit, …), les besoins d’amour (parole lente, écoute,…), les besoins d’estime (propreté du malade pour être estimé par les visiteurs,…), besoins d’accomplissements (bénévoles pour « parler de la mort », ..). « Tous ces besoins relèvent de l’AVOIR. Même s’ils ne sont satisfaits que partiellement, la dignité de l’ETRE demeure qui ne peut être satisfaite par l’euthanasie », rappele S. de Larminat.



Le conférencier termine en montrant que la foi et la raison peuvent se retrouver. La foi apporte un éclairage au référentiel qui s’impose à nous par la raison :

La distinction entre « l’essence et l’existence » renvoie le chrétien au mystère de son existence sur les pas du Christ et au mystère de l’essence même de notre personne. C’est notre qualité de fils de Dieu qui nous donne une dignité inaliénable.

Même si « l’être » peut paraître premier par rapport à « l’avoir », il ne faut pas mépriser tous les biens dont Dieu nous a comblés. Cela nous renvoie au mystère de la création.

La question de « l’âme » nous renvoie au mystère de l’espérance, celle de la vie éternelle.

La question de « la personne » nous rappelle que notre ressemblance à Dieu ne se limite pas à l’âme, mais s’exprime aussi par notre corps, un corps appelé à la résurrection.

La question de « l’Altérité » nous permet de nous émerveiller devant un Dieu amour qui ne peut être que Trinité.

Le principe de « proportionnalité » nous rappelle que le mal est mêlé au bien, même si le mal est extérieur à l’homme dans la mesure où nous avons été créé intrinsèquement bon avec de véritables inclinations vers le vrai, vers le bien, vers la vie, vers l’union et vers autrui. Notre foi se fonde sur le Christ, définitivement vainqueur du mal depuis Pâques.

En conclusion, S. de Larminat rappele que, pour le chrétien, Dieu est Vérité, que cette vérité ne peut être en contradiction avec la raison. C’est de cette Vérité que procède la Liberté, et non l’inverse. C’est notre conscience qui, avec l’éclairage de la tradition de l’Eglise, va nous permettre de recevoir le « don de cette Vérité », et permettre « le don de soi en liberté » pour autrui.

Malheureusement, le Mal nous tente sous ses trois formes habituelles :

La tentation de la révolte contre Dieu et contre l’enseignement de son Eglise, y compris en matière de bioéthique,

La tentation de la connaissance et de l’illusion du pouvoir de la Liberté sur la Vérité. On s’imagine que la source de la Vérité réside en nous ! C’est un refus du don de la Vérité

La tentation de l’appropriation d’autrui. En bioéthique, on s’approprie l’embryon, on réclame le droit à l’enfant et on met en avant toute sortes de « cas particuliers » pour justifier nos propres faiblesses. Cette manière de s’approprier des « cas particuliers » nous empêche de donner notre vie pour ceux-là même qui sont, en général, parmi les plus faibles.
Sous l’influence du mal, l’homme inverse tous les processus de son unité. Cette inversion cause des fractures graves entre la conscience et la Vérité, entre Moi et Autrui, entre l’homme et Dieu. En matière de bioéthique, il ne s’agit pas de juger ceux qui n’appliqueraient pas l’enseignement de la foi ou de la raison. Le seul moyen de ne pas être « moralisateur » quand on parle de bioéthique est de plonger au plus profond de chacun de nous : « Que fais-je à titre personnel pour accompagner la détresse d’une femme qui se pose la question d’une IVG ? Quel service suis-je prêt à promettre pour aider une mère à qui on annonce que son diagnostic pré natal est alarmant? Quel est mon regard sur les personnes atteintes de handicap? A quoi suis-je prêt à renoncer pour accompagner une personne en fin de vie? Au bout du compte, la bioéthique c’est le problème du don de soi. Et Dieu sait que ce n’est pas facile! » conclut notre conférencier.

source "les 2ailes.com"



La discussion

 "ils" veulent "produire" le s [...], de jejomau [2011-02-08 15:02:19]
      Depuis que l'Eglise hausse le ton, de Aulp [2011-02-08 15:20:26]
          tout à fait vrai, de jejomau [2011-02-08 15:34:20]