Reprenant ici "
Donum Vitae" signé par le cardinal Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la Foi, je vous soumets la deuxième partie de ce document, le Magistère répondant très clairement à de nombreuses questions d'actualité concernant l'embryon. La première partie peut être retrouvé
ici.
L'Intervention sur la procréation humaine
Par «
procréation artificielle » ou «
fécondation artificielle », on entend ici les diverses procédures techniques destinées à obtenir une conception humaine d'une manière autre que par l'union sexuelle de l'homme et de la femme.
La fécondation d'un ovule en éprouvette (fécondation in vitro)... et l'extension de cette pratique (la fécondation in vitro) a nécessité
d'innombrables fécondations et destructions d'embryons humains... Plusieurs ovules sont prélevés, fécondés et cultivés ensuite in vitro pendant quelques jours. Habituellement, tous ne sont pas transférés dans les organes génitaux de la femme; certains embryons, appelés ordinairement «
surnuméraires », sont détruits ou congelés. Parmi les embryons implantés, certains sont sacrifiés pour diverses
raisons eugéniques, économiques ou psychologiques. Cette destruction volontaire d'être humains ou leur utilisation à diverses fins, au détriment de leur intégrité et de leur vie, est contraire à la doctrine déjà rappelée à propos de l'avortement provoqué.
Le rapport entre fécondation in vitro et élimination volontaire d'embryons humains se vérifie trop fréquemment...
la FIVETE ( = fécondation in vitro et transfert de l'embryon):...
peut conduire à un eugénisme radical.
La Fécondation artificielle hétérologue
1.
Pourquoi la procréation humaine doit-elle avoir lieu dans le mariage?
Tout être humain doit être accueilli comme un don et une bénédiction de Dieu. Cependant, du point de vue moral,
une procréation vraiment responsable à l’égard de l’enfant à naître doit être le fruit du mariage.... La fidélité des époux, dans l'unité du mariage, comporte le respect réciproque de leur droit à devenir père et mère seulement l'un par l'autre.
L'enfant a droit d'être conçu, porté, mis au monde et éduqué dans le mariage: c'est par la référence assurée et reconnue à ses parents qu'il peut découvrir son identité et mûrir sa propre formation humaine.
2.
La fécondation artificielle hétérologue est-elle conforme a la dignité des époux et a la vérité du mariage ?
Dans la FIVETE et
l'insémination artificielle hétérologue, la conception humaine est obtenue par la rencontre des gamètes
d'au moins un donneur autre que les époux unis dans le mariage. La fécondation artificielle hétérologue est contraire à l'unité du mariage, à la dignité des époux, à la vocation propre des parents et au droit de l'enfant à être conçu et mis au monde dans le mariage et par le mariage.
La fécondation artificielle hétérologue lèse les droits de l'enfant, le prive de la relation filiale à ses origines parentales, et peut faire obstacle à la maturation de son identité personnelle. Elle constitue en outre une offense à la vocation commune des époux appelés à la paternité et à la maternité; elle prive objectivement la fécondité conjugale de son unité et de son intégrité; elle opère et manifeste une rupture entre parenté génétique, parenté «
gestationnelle » et responsabilité éducative. Cette altération des relations personnelles à l'intérieur de la famille se répercute dans la société civile: ce qui menace l'unité et la stabilité de la famille est source de dissensions, de désordre et d'injustices dans toute la vie sociale.
Ces raisons conduisent à un jugement moral négatif sur la fécondation artificielle hétérologue: sont donc moralement illicites la fécondation d'une femme mariée par le sperme d'un donneur autre que son mari, et la fécondation par le sperme du mari d'un ovule qui ne provient pas de son épouse. En outre, la fécondation artificielle d'une femme non mariée, célibataire ou veuve, quel que soit le donneur, ne peut être moralement justifiée.
3.
La maternité « de substitution » est-elle moralement licite ?
Non, pour les mêmes raisons qui conduisent à refuser la fécondation artificielle hétérologue: elle est en effet contraire à l'unité du mariage et à la dignité de la procréation de la personne humaine.
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La maternité de substitution, c'est :
a) la femme qui porte un embryon implanté dans son utérus, mais qui lui est génétiquement étranger... ou:
b) la femme qui porte un embryon à la procréation duquel elle a contribué par le don d'un ovule, fécondé par insémination artificielle avec le sperme d'un homme autre que son mari.
La Fécondation artificielle homologue
Une fois déclarée inacceptable la fécondation artificielle hétérologue, on doit se demander comment apprécier moralement les procédés de fécondation artificielle homologue: FIVETE et insémination artificielle
entre époux.
4.
Quel lien est moralement requis entre procréation et acte conjugal?
a) L'enseignement de l'Église sur le mariage et la procréation humaine affirme « le lien indissoluble que Dieu a voulu, et que l'homme ne peut rompre de sa propre initiative, entre les deux significations de l'acte conjugal" est :
- l'union et
- la procréation
La même doctrine relative au lien entre les significations de l'acte conjugal et les biens du mariage éclaire le problème moral de la fécondation artificielle homologue, car «
il n'est jamais permis de séparer ces divers aspects au point d'exclure positivement soit l'intention procréatrice, soit le rapport conjugal »
La contraception, prive intentionnellement l'acte conjugal de son ouverture à la procréation, et opère par là une dissociation volontaire des finalités du mariage.
La fécondation artificielle homologue, en recherchant une procréation qui n'est pas le fruit d'un acte spécifique de l'union conjugale, opère objectivement une séparation analogue entre les biens et les significations du mariage.
C'est pourquoi la fécondation est licitement voulue quand elle est le terme d'un «
acte conjugal apte de soi à la génération, auquel le mariage est destiné par sa nature et par lequel les époux deviennent une seule chair » . Mais la procréation est moralement privée de sa perfection propre quand elle n'est pas voulue comme le fruit de l'acte conjugal, c'est-à-dire du geste spécifique de l'union des époux.
b) La valeur morale du lien intime entre les biens du mariage et les significations de l'acte conjugal se fonde sur l'unité de l'être humain, corps et âme spirituelle.... C'est dans leur corps et par leur corps que les époux consomment leur mariage et peuvent devenir père et mère. Pour respecter le langage des corps et leur générosité naturelle, l'union conjugale doit s'accomplir dans le respect de l'ouverture à la procréation, et la procréation d'une personne humaine doit être le fruit et le terme de l'amour des époux.
c) Seul le respect du lien qui existe entre les significations de l'acte conjugal et le respect de l'unité de l'être humain permet une procréation conforme à la dignité de la personne....
L'origine d'une personne est en réalité le résultat d'une donation. L'enfant à naître devra être le fruit de l'amour de ses parents. Il ne peut être ni voulu ni conçu comme le produit d'une intervention de techniques médicales et biologiques.
5.
La fécondation homologue « in vitro » est-elle moralement licite ?
Assurément, on ne peut pas ignorer les légitimes aspirations des époux stériles; pour certains, le recours à la FIVETE homologue semble l'unique moyen d'obtenir un enfant sincèrement désiré... On se demande (également) si, dans l'impossibilité de remédier autrement à la stérilité, cause de souffrance, la fécondation homologue in vitro ne peut pas constituer une aide, sinon même une thérapie, dont la licéité morale pourrait être admise.
Le désir d'un enfant — ou du moins la disponibilité à transmettre la vie — est une requête moralement nécessaire à une procréation humaine responsable.
Mais cette intention bonne ne suffit pas pour donner une appréciation morale positive sur la fécondation in vitro entre époux. Le procédé de la FIVETE doit être jugé en lui-même.
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la FIVETE implique la destruction d'être humains, fait contraire à la doctrine citée plus haut sur l'illicéité de l'avortement.
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Et la FIVETE homologue réalise la dissociation des gestes qui sont destinés à la fécondation humaine par l'acte conjugal.... La FIVETE homologue est opérée en dehors du corps des conjoints... et instaure une domination de la technique sur l'origine et la destinée de la personne humaine.
Pour les mêmes raisons.... Une procédure de FIVETE homologue purifiée de toute compromission avec la pratique abortive de la destruction d'embryons et avec la masturbation, demeure une technique moralement illicite, parce qu'elle prive la procréation humaine de la dignité qui lui est propre et connaturelle.
6.
Comment apprécier moralement l'insémination artificielle homologue?
L'insémination artificielle homologue à l'intérieur du mariage ne peut être admise, sauf dans le cas ou le moyen technique ne se substitue pas à l'acte conjugal, mais apparaît comme une facilité et une aide pour que celui-ci rejoigne sa fin naturelle.
7.
Quel critère moral proposer quant a l'intervention du médecin dans la procréation humaine ?
La médecine, qui se veut ordonnée au bien intégral de la personne, doit respecter les valeurs spécifiquement humaines de la sexualité. Le médecin est au service des personnes et de la procréation humaine: il n'a pas le pouvoir de disposer d'elles ni de décider à leur sujet
8.
La souffrance provenant de la stérilité conjugale.
La souffrance des époux qui ne peuvent avoir d'enfants ou qui craignent de mettre au monde un enfant handicapé est une souffrance que tous doivent comprendre et apprécier comme il convient.
Un droit véritable et strict à l'enfant serait contraire à sa dignité et à sa nature. L’enfant n'est pas un dû et il ne peut être considéré comme objet de propriété: il est plutôt un don — « le plus grand » — et le plus gratuit du mariage, témoignage vivant de la donation réciproque de ses parents. A ce titre, l'enfant a le droit — comme on l'a rappelé — d'être le fruit de l'acte spécifique de l'amour conjugal de ses parents, et aussi le droit d'être respecté comme personne dès le moment de sa conception."
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Instruction sur le respect de la Vie humaine et la dignité de la procréation" -(Congrégation pour la doctrine de la Foi)