parfaitement hérétique et condamné par l'Église.
Je sais que vous n'êtes pas né en catholicisme d'une part et que vous suivez un enseignement de théologie contemporaine : deux facteurs qui expliquent, sans doute, que la romanité ne vous soit pas familière.
En aucun cas l'évêque "est pape en son diocèse" ! Oh que non.
L'Église locale n'est rien en catholicisme sans son lien avec l'Église universelle, l'évêque lors de sa consécration prête plusieurs serments dont celui de rester en communion avec le Siège apostolique.
L'épiscopalisme, soit gallicanisme soit fébronianisme, est un errement. Outre les condamnations de ces théories anciennes déjà, je vous signale le débat public qui a opposé les cardinaux Kasper et Ratzinger pour savoir si l'Église universelle précède ou suit les Églises locales.
Il arrive, c'est rare, que le pape use de son droit : cf. le cas de Mgr Gaillot.
L'affaire de Thiberville est instruite par les tribunaux romains : faute de solution raisonnable et en vue du bien des fidèles qui pourrait très bien être mise en place s'il n'y avait pas une mauvaise volonté manifeste (cette solution serait la cure in solidum), attendons de voir quelle sera leur sentence sur le fond. Un évêque, y compris celui de Rome, n'est pas un despote : l'Église est une société dotée d'un droit.
Vous lirez avec profit la fameuse allocution du 22 décembre 2005 de Benoît XVI, de même que son homélie pour sa prise de possession de sa cathédrale du Latran en 2005 aussi. Il y récuse nettement cette idée que le pape ou l'évêque serait une sorte de tyran au-dessus de tout et gouvernant par son seul bon plaisir. Le Motu proprio Summorum Pontificum est une conséquence directe de cela en établissant que le V.O.M n'avait pas été abrogé et ne pouvait l'être.
Sur le fond, les opposants à Mgr Cattenoz agissent-ils vraiment en vue du bien des fidèles ? Ou au nom d'une méfiance, malsaine, envers des communautés étrangères qui pour être "conciliaires" n'en sont pas moins romaines : c'est ce qui transparaît dans certaines réactions hostiles où pointe la xénophobie. Ou encore au nom d'une Église sans prêtre - ou avec peu - et avec peu de religieux qui confierait des charges pastorales aux laïcs, type d'Église que ces opposants, une bonne partie d'entre eux, préfèrent visiblement ?
Ce sont des questions qui dépassent le caractère réel ou supposé de l'archevêque et ses maladresses personnelles éventuelles dont il s'est, je crois, excusé. |