L’origine des trois messes de Noël est la messe stationale du Pape, comme vous pouvez le lire sous le titre de la messe dans votre missel : station à Sainte-Marie Majeure, station à Sainte-Anastasie…
Après la paix de l’Eglise, le Pape, à certains jours prescrits, célébrait la messe dans l’une des grandes basiliques ou des vingt-cinq tituli romains, chaque année au même endroit. Cette tradition a continué, par exemple, jusqu’à nos jours par la célébration de la messe du Mercredi des Cendres.
Préliminaire : avant que la fête de Noël ne prenne sa pleine place dans le calendrier liturgique, on célébrait, à Rome, le martyre de sainte Anastasie, dont la basilique se trouve près des forums.
Pour Noël, le Pape se rendait en procession à la basilique Sainte-Marie Majeure, appelée aussi basilique in Praesepe, basilique de la crèche, en raison des reliques de la crèche qui se trouvent dans la crypte (IVe s.). Il y célébrait la messe papale de Noël et, puis la procession se reformait et partait vers Saint-Pierre pour la messe du jour. En chemin, la procession s’arrêtait à la basilique de Sainte-Anastasie, où l’on célébrait la messe du martyre de la sainte. Petit à petit, Noël a pris le pas sur la vierge martyre et on a créé un formulaire de messe de l’Aurore, réduisant Anastasie à une simple mémoire.
Au fil des ans, pour des raisons de sécurité, la messe du jour a été elle aussi célébrée à Sainte-Marie Majeure, en lieu et place de Saint-Pierre. Les trois messes, en se développant, ont chacune mis en lumière une dimension de la fête : la nuit : la filiation divine (Dominus dixit ad me), l’aurore : le Christ, lumière pour le monde (Lux fulgebit hodie) et le jour : la dimension proprement théologique du mystère de Noël : le Verbe, vivant de toute éternité auprès du Père, est devenu chair (Puer natus est).
J’ignore s’il y eut un jour, pour chaque prêtre, l’obligation de célébrer les trois messes. Je ne le pense pas. Il existe cependant depuis très longtemps une permission, ce jour-là, comme le 2 novembre, pour tout prêtre, de triner (dire trois messes).
Par dévotion, beaucoup de prêtres célèbrent les trois messes. Idéalement, elles doivent être célébrées aux moments prévus, mais autrefois, certains prêtres, qui ne célébraient qu’une fois, les célébraient à la suite l'une de l’autre, comme certains disent parfois leur bréviaire bout à bout en une seule venue. Une habitude, en tout cas, que j’ai encore connue enfant, était qu’une fois la messe de Minuit terminée, le prêtre célèbre la messe de l’Aurore, messe basse, immédiatement après.
Le missel de Paul VI a maintenu les trois messes de Noël, et en a même ajouté une quatrième, de la veille au soir, qui se justifie peu. Il conseille de les célébrer au moment prescrit. Il est regrettable que beaucoup de prêtres n’en tiennent pas compte et, souvent, célèbrent le même formulaire à toutes les messes lorsqu’ils en ont plusieurs. Ce qui est regrettable et ne met en lumière qu’un seul aspect de la fête.
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