| Auteur : Vianney |
| Sujet : Neveu de Pie IV |
| Date : 2010-12-05 07:43:49 |
...et nommé par lui son secrétaire d’État, saint Charles Borromée joua, à la mort de son oncle, un rôle éminent dans l’élection du pape saint Pie V. Au conclave où il figurait lui-même parmi les papabili, il persuada les autres cardinaux “que les conjonctures exigeaient un Pape de vie exemplaire, et plus célèbre par un renom de science et de sainteté que par la magnificence de sa fortune” (Card. Grente, Le Pape des grands combats Saint Pie V, Arthème Fayard, 1956, p. 35).
Le futur Pie V avait été nommé cardinal Alexandrin et grand Inquisiteur par Paul IV, pape intransigeant dont l’impopularité devait beaucoup à la conduite de ses neveux Caraffa à qui il avait d’abord accordé trop de confiance. Pie IV, d’un tempérament beaucoup plus conciliant, n’avait pas tardé à entrer en conflit avec son Inquisiteur, ce qui avait finalement valu à ce dernier d’être écarté de son poste. Cependant, saint Charles, après l’échec de deux autres candidatures, songea soudain à lui :
Il s’en ouvrit aux cardinaux Morone et Farnèse, qui découvrirent encore un obstacle, et répondirent : “L’Inquisiteur ? (...) Jamais son intransigeance ne ralliera de majorité. Et puis, n’est-ce pas l’ami de Paul IV, et le moniteur osé de Pie IV ? Si, pour venger l’exécution des Caraffa et son propre discrédit, il exerçait des représailles contre les conseillers de son prédécesseur, nul n’éveillerait plus sûrement que vous sa rancune” (Card. Grente, op. cit., pp. 36-37).
C’est ici qu’apparaît la grandeur d’âme de saint Charles :
Ces considérations sans réplique au point de vue humain, et dans l’intérêt surtout de Borromée (...), ne le troublèrent pourtant en aucune façon. Rappelant les saints travaux auxquels ils avaient été employés tous les deux ensemble sous le pontificat de Pie IV, il engagea ses amis à ne chercher, comme lui-même, de garantie que le caractère du nouvel élu. Son désintéressement finit par triompher. (Vicomte de Falloux, Histoire de St Pie V Pape de l’Ordre des Frères Prêcheurs, Chiré, 1978, pp. 72-73)
Ici se dévoile l’admirable renoncement de St Charles. A ne considérer qu’humainement les éventualités, l’allégation avait chance d’émouvoir une âme moins délicate. Mais, inaccessible à l’égoïsme, il proteste que tout soupçon de mesquinerie ou de revanche injurie la sainteté d’Alexandrin, et, sous l’impulsion de Dieu, il entraîne ses collègues vers l’appartement de leur élu” (Card. Grente, op. cit., pp. 36-37).
On sait que saint Pie V, après bien des résistances, finit par accepter la décision des cardinaux : “il songeait à prendre le nom de Paul V, en mémoire de son protecteur. Sur le désir de Borromée, il consentit à s’appeler Pie V, pour affirmer qu’il ne gardait nul fâcheux souvenir de l’attitude de son prédécesseur et que moins encore il n’en molesterait les amis” (Card. Grente, op. cit., pp. 37-38). |
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