Le liseur contemplait la nuit glaciale et se demandait d'où venait tout ce mal, ce mal insidieux, rampant, gluant et visqueux, ce mal qui s'insinuait partout et en tous lieux, ce mal odieux qui n'épargnait rien ni personne... il avait gelé, le froid s'était installé, il avait remarqué que cela calmait beaucoup les fous, les maniaques, les hystériques et autres perturbés... un silence qui engourdissait tout s'était installé, jusque dans ses pensées, il a décidé qu'il était temps de se dégourdir, le liseur est allé se servir un verre.
Car enfin, se disait-il, en versant le précieux liquide alcoolisé couleur de dégivrant, cette semaine avait été bien étrange sur tous les plans, les supputations continuaient à se multiplier, les interprétations à errer, les vaticinations à perdurer, tout cela n'avait que trop duré ! chacun y allait de son avis, on avait l'impression d'entendre penser les gens tout haut, comme si tout le monde s'était mis à parler tout seul, à soliloquer, à débloquer !...
... le liseur a bu une ample gorgée froide de son liquide de batterie higlandisé, il ne se laisserait pas intimider par les glandeurs, il sentait tout le bon sens des highlanders couler en lui, ces bavardages étaient partis dans tous les sens pour aboutir dans des impasses, au nord de nulle part...
... d'ailleurs étaient-elles intéressantes ces apparences de discussions aux thèmes éculés, et même plus, où les fantasmes les plus aberrants se manifestaient comme des démons libérés de leur prison morale sous caution de moralité, libérés en journée surveillée, leurs auteurs s'en retrouvaient prisonniers la nuit, emprisonnés derrière les barreaux de leurs pensées, il ne leur restait plus qu'à hurler en silence, les nuits d'hiver sont longues... le liseur but une large gorgée et considéra son verre vide, il était temps d'aller se ressservir un verre. |