Voici, de la plume de l'un des deux fondateurs du Centre de Pastorale Liturgique (en 1943), embryon de l'actuel Service national de pastorale liturgique et sacramentelle:
"Une révolution liturgique--À partir du 26 novembre, le 'canon' de la messe pourra être récité intégralement en français...". Le Monde, 12 novembre 1967. C'est une date qui mérite de rester fameuse que celle de la fin de la liturgie latine en Europe. Le même événement, aux États-Unis, n'offre absolument pas la même signification, et encore moins en Afrique Noire. La fin de la liturgie latine en Europe est aussi la fin d'une certaine culture européenne, et très certainement la fin d'une certaine hégémonie de la culture européenne dans le monde. Un monde de trois millénaires, d'Homère à Gœthe (E.R. CURTIUS, La Littérature européenne et le moyen-âge latin, Paris, 1956, pp.9-18), ou de Xénophon à Péguy (PÉGUY, Œuvres en prose, 1909-1914 (La Pléiade), L'Argent, p. 1048), s'est ainsi affaissé d'un coup. On ne peut qu'enregister l'événement, et sa date, et lui donner ici toute sa valeur symbolique. Après nous, les Barbares.
Paroles du P. Pie Duployé op,
Les Origines du Centre de Pastorale Liturgique, 1943-1949, Mulhouse, Salvator, 1968, p. 58.
Il écrivait ces lignes depuis Houston, Texas, où il était parti enseigner la littérature française...
-Eucher.