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Ouganda:1100 séminaristes,400 000 baptèmes Imprimer
Auteur : Jean Kinzler
Sujet : Ouganda:1100 séminaristes,400 000 baptèmes
Date : 2010-11-18 09:08:48

« J’arrive, Seigneur »
24/09/2010

Les séminaires d’Ouganda sont surchargés


« Je suis là, Seigneur. Est-ce à moi que tu penses, Seigneur ? J’ai entendu ton appel dans la nuit. J’arrive, Seigneur » chantent 35 jeunes hommes dans la grande salle du séminaire national Sainte Marie, dans le quartier de Ggaba de la capitale ougandaise Kampala, avec beaucoup de sérieux et une voix mélodieuse et sonore.
Ils attendent leur ordination sacerdotale, ils viennent de recevoir leurs diplômes de fin d’études. Ils ont tous terminé leurs études avec succès, et maintenant il s’agit de quitter le séminaire pour aller en tant que prêtres là où Dieu les enverra. Ils y sont tous prêts.
Beaucoup de parents sont venus féliciter un frère, un fils ou un cousin en ce grand jour. Les femmes portent des vêtements de fête, les enfants ont des accoutrements multicolores. A chaque nom qui est appelé, on entend les cris de joie stridents et les vifs applaudissements de la foule. Tout le monde se réjouit.

Le doyen conseille vivement aux jeunes hommes d’aimer le sacerdoce et de montrer aux autres à quel point il est merveilleux d’être prêtre. Lors de l’année du prêtre, proclamée par le Pape Benoît XVI, un groupe de musique du séminaire de Ggaba a enregistré un CD sous le titre « You are a priest forever » ( tu es prêtre pour toujours ). Aujourd’hui, ce sont des chansons tirées de ce CD qui sont interprétées sous les applaudissements. Avec une ardeur presque enfantine, les séminaristes ont répété les danses et le chant pour partager avec les autres et célébrer le miracle de leur vocation.

Le thème de la joie de la vocation ressort de tous les discours et de toutes les chansons de ce grand jour. C’est avec sourire que les futurs prêtres doivent être disponibles pour Dieu et le service des fidèles. Ils ne doivent pas suivre leur propre volonté, mais aller là où ils seront envoyés, même si ce devait être dans les villages les plus éloignés qui soient, là où il n’y a ni eau courante ni électricité et où les hommes ne savent ni lire ni écrire. Là-bas aussi, les fidèles attendent celui qui leur amène le Christ : le prêtre. Pendant leur formation, les séminaristes ont déjà effectué une année de pastorale dans une paroisse afin de faire l’expérience de ce que c’est que d’être proche des gens dans leurs joies et leurs détresses.

1130 jeunes hommes se préparent actuellement dans les quatre séminaires nationaux du pays, ainsi que le séminaire des vocations tardives, à devenir un jour prêtres. Les séminaires sont surchargés, il est fréquent que les séminaristes soient obligés d’être jusqu’à sept par chambre. Et le nombre des vocations augmente d’année en année.

Malgré cela, il y a encore bien trop peu de prêtres en Ouganda. Car il y a chaque année 400.000 nouveaux baptisés dans ce pays de l’est africain où presque 13 millions des quelque 28 millions d’habitants sont catholiques. Si l’on regarde la moyenne nationale, il y a aujourd’hui 7.000 fidèles par prêtre, mais il y a aussi des régions, comme le diocèse de Lira au nord de l’Ouganda, dans lesquelles un seul prêtre doit s’occuper de 28.000 fidèles.

La formation des jeunes prêtres est d’autant plus importante que les sectes, qui se répandent partout, ainsi que les Églises libres, recrutent largement, y compris parmi les fidèles catholiques. Dans presque toutes les rues, ont trouve aujourd’hui dans n’importe quels garages ou échoppes des sectes « Églises » portant des noms de fantaisie et promettant des miracles aux gens. La sorcellerie se répand également fortement, il est même fréquent que des enfants soient kidnappés et offerts en sacrifice pour obtenir la prospérité. Ici, l’Église est confrontée à de grands défis.

Cependant, les futurs prêtres ne sont pas les seuls à avoir besoin de soutien, leurs enseignants également. Eux aussi font de grands sacrifices. Un professeur d’université laïque gagne 1000 dollars par mois en Ouganda. En revanche, un maître de conférences ne reçoit que 150 dollars dans un séminaire. Ici, personne ne devient professeur de séminaire pour devenir riche. Le souci et le soutien des vocations est une tâche qui exige la plus grande attention et un engagement parfait.

En effet, il ne s’agit pas seulement de donner aux jeunes hommes le bagage académique dont ils ont besoin pour pouvoir annoncer la foi, mais il faut aussi les soutenir humainement et spirituellement. C’est pourquoi « l’Aide à l’Église en Détresse » aide les enseignants par des honoraires de messe, afin qu’ils puissent totalement se consacrer à leur travail au séminaire.

Pleins d’enthousiasme, les futurs prêtres de Ggaba chantent le Credo en Luganda, une des langues parlées en Ouganda. C’est émouvant et profond. Il semble qu’ici la semence soit tombée sur le bon sol. Cependant il y a beaucoup d’endroit en Ouganda où les fidèles attendent encore un prêtre, dont la vie sera pour eux un credo visible. Puisse la réponse de nombreux jeunes ougandais à l’appel de Dieu être : « J’arrive, Seigneur ».



aed


La discussion

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