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Homélie de Mgr Batut lors des confirmations à Lyon Imprimer
Auteur : XA
Sujet : Homélie de Mgr Batut lors des confirmations à Lyon
Date : 2010-11-17 13:41:40

Le nouveau bulletin Communicantes de la Fraternité St Pierre à Lyon est accessible en ligne en cliquant ici.

On y trouve le texte complet de l'homélie qu'a prononcée Mgr Jean-Pierre Batut lors de la cérémonie des confirmations, le dimanche 31 octobre dernier.

Bonne lecture !

XA
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HOMELIE DE SON EXCELLENCE MGR BATUT
CONFIRMATIONS EN LA FETE DU CHRIST-ROI


Chers confirmands, chers parents, chers frères et sœurs,
C’est une heureuse coïncidence de calendrier qui nous permet de célébrer ces confirmations le jour où, selon le Missel du bienheureux Jean XXIII, nous fêtons notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l’univers.
L’onction que dans un instant ces confirmands vont recevoir est en effet l’onction la plus royale qui soit, puisque c’est celle du Saint-Esprit lui- même. C’est l’onction qui fait donner à Celui qu’attendait Israël le titre hébreu de Messie, auquel correspond le titre grec de Christ, par lequel l’évangéliste saint Matthieu conclut sa longue généalogie : partie de notre Père Abraham, elle aboutit à « Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, appelé le Messie ». C’est cette même onction dont parlait le prophète Isaïe lorsqu’il annonçait la naissance d’un rejeton de la souche de Jessé, sur qui reposerait « l’Esprit du Seigneur - esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur » qui lui inspirerait «la crainte du Seigneur », c’est-à-dire le guiderait sur le chemin d’une obéissance parfaite à toutes et chacune de ses volontés. De ce roi à venir, on pourrait donc dire en toute vérité, comme le prophétisait Nathan au roi David, que Dieu serait pour lui un Père et qu’il serait pour lui un Fils, de telle sorte que sa Maison et sa royauté subsisteraient à jamais et que son trône serait affermi pour toujours.
L’Ancien Testament, dans lequel, selon l’adage, le Nouveau subsiste caché, mais subsiste déjà tout entier, réservait cependant d’autres surprises. Le même Messie que la première partie du livre d’Isaïe avait décrit sous les traits les plus glorieux, prenait dans la deuxième partie de ce livre les traits d’un Serviteur : « voici, disait Dieu par son prophète, voici mon Serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme se complaît, et sur qui j’ai mis mon Esprit ». Et ce roi devenu Serviteur se révélait être, d’un oracle à l’autre, un homme persécuté, méprisé et broyé. Le même « surgeon » né de la souche de Jessé grandissait alors en terre aride, sans beauté ni éclat, chargé de nos souffrances, écrasé par nos fautes, retranché pour finir de la terre des vivants - jusqu’à ce qu’enfin, de manière inexpliquée, il finisse par remonter des abîmes de la mort pour appeler des multitudes à un festin de joie, à un bonheur indescriptible : « Écoutez, écoutez-moi, et mangez ce qui est bon ; délectez- vous de mets succulents ! Prêtez l’oreille et venez vers moi, écoutez et vous vivrez : je conclurai avec vous une alliance éternelle, réalisant les faveurs promises à David ! »
Cet itinéraire inimaginable que je viens de retracer à grands traits, nous le lisons en filigrane dans la fête de ce jour. Dans l’évangile, en effet, Jésus ne nous apparaît pas en posture royale, mais en position d’accusé, livré par les siens au pouvoir discrétionnaire d’un païen à qui les enjeux de ce procès échappent, et qui ne sait pas bien quelles questions il doit poser. Ce qui est sûr cependant, c’est que le procès tourne autour de la légitimité d’une prétention à la royauté. Jésus se voit poser au total six questions, dont nous avons ici les trois premières. Je rappelle la première : « es-tu le Roi des Juifs ? » et la troisième qui lui ressemble fort : « donc, tu es Roi ? » Une question semblable avait déjà retenti au début de l’évangile de saint Matthieu : « où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus nous prosterner devant lui ». Il aurait suffi que Pilate pose sa question dans les mêmes dispositions du cœur que les rois mages, pour que se réalise pour lui l’Epiphanie. Il serait devenu à son tour fils d’Abraham, il aurait acquis l’isrælitica dignitas, il se serait prosterné pour l’adorer devant le Roi des Juifs appelé à régner sur toutes les nations. Mais nous savons que les choses ne se sont pas passées ainsi : au lieu d’annoncer la conversion de Pilate, le titre de « Roi des Juifs » sera inscrit sur le titulus, c’est-à-dire sur la pancarte fixée à la croix, comme un signe d’opprobre et de condamnation, cependant que le surgeon de la souche de Jessé deviendra le surgeon grandi en terre aride de l’Homme des douleurs.
Mais en mourant cet homme, nous dit saint Jean, livre l’Esprit : « tradidit Spiritum ». Cet Esprit ne l’avait donc jamais quitté, pas plus que Dieu ne l’avait abandonné. Mieux encore : la résurrection glorieuse du Messie Serviteur manifeste le troisième jour qu’il n’était pas seulement le Messie, et pas seulement le Serviteur fidèle, mais qu’il était vraiment le Fils de Dieu, et Dieu lui-même, aimant les siens jusqu’à la mort pour leur « livrer » le Saint-Esprit. La résurrection manifeste plus encore que tout, absolument tout dans sa vie terrestre et dans sa passion glorieuse, était déjà accompli dans la lumière et par la force du Saint-Esprit. C’est ce qu’affirme la magnifique préface de la messe de ce jour : « en lui donnant l’onction de l’huile de joie, tu as fait de ton Fils unique, notre Seigneur Jésus-Christ, le Prêtre éternel et le Roi de l’univers, afin que, s’offrant lui-même sur l’autel de la Croix comme victime immaculée et pacifique, il accomplisse les mystères de notre rédemption ». Vous avez bien entendu : l’onction de l’huile de joie, l’onction de l’Esprit Saint qui a consacré Jésus, l’a consacré pour qu’il s’offre lui-même en victime sur la croix !
Chers confirmands, vous qui avez été baptisés dans la mort du Seigneur Jésus pour être désormais vivants de sa propre vie, il ne vous manque plus que de recevoir le fruit le plus beau, le fruit définitif du sacrifice de la croix, qui est le Saint-Esprit. Mais vous le recevez pour qu’il vous fasse accomplir dans vos vies l’offrande même du Seigneur Jésus. Vous le recevez pour vous offrir, vous le recevez pour porter la croix, vous le recevez pour être intimement associés à ces mystères de notre rédemption célébrés une fois pour toutes par notre grand Prêtre sur l’autel de la croix, mais que chaque chrétien doit laisser s’accomplir en lui, non seulement pour lui-même, mais pour le salut du monde. « Avec le Christ, écrit saint Paul, je suis moi-même fixé à la croix ; ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi ».
Voilà, chers confirmands, le programme de votre vie. Vous êtes « avec le Christ » pour que se poursuivre l’œuvre du Christ et que Dieu puisse répandre tout autour de vous le parfum de sa connaissance. « Celui qui croit en moi, disait Jésus dans le discours après la Cène, accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père » - c’est-à-dire : puisque je pars vers le Père pour vous envoyer d’auprès du Père le second Défenseur, l’Esprit Saint Paraclet, qui vous enseignera toutes choses et prendra de ce qui est à moi pour sans cesse vous le donner.
Chers confirmands et bientôt confirmés, comme l’apôtre Paul vous y invite, conduits par l’Esprit Saint « rendez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus dignes de partager le sort des saints, dans la lumière ». Et la seule façon de lui rendre grâce qui soit digne de Dieu et digne de vous, enfants du Père, ce sera de lui offrir dès aujourd’hui votre personne et votre vie pour qu’il en fasse ce qui lui plaira, à la louange de sa gloire. Ainsi votre offrande, jointe à celle du Christ, sera portée par son saint Ange sur son autel céleste, et vous serez pleinement, pour la joie et la vie de l’Église, ce que doit être un Chrétien : un autre Jésus-Christ vivant et marchant sur la terre.
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Pour rappel, des photos de la cérémonie peuvent être consultées sur le site Communicantes, en cliquant ici.


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