"Si le Christ a voulu que son sacerdoce ministériel soit exercé par des hommes (cf : Lettre Apostolique "
Ordinatio Sacerdotalis", Jean-Paul II), ce n'est pas à nous de faire en sorte qu'il soit exercé par des femmes. Non pas qu'une femme soit moins compétente qu'un homme, mais simplement parce que l'homme et la femme(Lettre apostolique "
Mulieris Dignitatem" ) ont vocation à exercer des fonctions différentes qui ne doivent pas être confondues si elles veulent pouvoir s'enrichir par leur complémentarité.
En instituant le sacerdoce, au cours de la dernière Cène, Jésus a expressément demandé que le Saint-Sacrifice de la Messe soit célébré par des hommes. Il ne revient ni à l'Eglise, ni à chacun d'entre nous, de trahir la volonté du Maître en falsifiant Son enseignement. C'est ainsi : dans le projet de Dieu pour l'humanité, l'homme et la femme n'ont pas une nature interchangeable, et le sacerdoce ministériel accompli au nom et à la place du Christ n'est pas réductible à l'exercice d'une charge de façon asexuée.
On répond que, pourtant, chez les protestants, les femmes peuvent être pasteurs et que les pasteurs peuvent se marier. Cet argument que l'on trouve souvent dans la bouche de fidèles catholiques, montre la méconnaissance qu'ils ont de leur propre religion.
Dans le Protestantisme, la notion de sacerdoce ministériel - de prêtrise - n'existe plus. Le pasteur n'est pas un prêtre : il est un lecteur-prédicateur dont la compétence est affirmée par le port de la toge du théologien.
Martin Luther avait d'ailleurs bien vu les choses. En bon théologien, il savait parfaitement quelle doit être la spécificité du sacerdoce ministériel. Mais comme il estimait cette spécificité trop exigeante -
à tous les points de vue -, il
a supprimé la notion de prêtrise. Du coup, il a été obligé de supprimer aussi certains sacrements : dans le protestantisme, il n'y a plus ni Eucharistie, ni Pénitence, ni Sacrement des Mourants... Ayant aboli le sacerdoce ministériel Martin Luther se devait, en toute logique, de supprimer la "messe papiste".
Il l'a remplacée par la Cène, qui n'est pas, comme chez les catholiques, la réactualisation du Sacrifice du Calvaire, mais simplement une façon de faire mémoire d'un fait passé, de manière totalement symbolique. Alors que le prêtre catholique donne la communion en disant à chaque fidèle "
le Corps du Christ", ce qui est une claire affirmation de la réalité eucharistique, le pasteur protestant donne le pain et le vin en ne disant rien, laissant chacun libre d'y voir le symbole qu'il veut. (On peut ici souligner que, de bricolages liturgiques en bricolages liturgiques,
la réalité de l'Eucharistie est devenue moins affirmée chez les catholiques, ce qui fait que de plus en plus de fidèles qui vont à la Messe reçoivent aujourd'hui la communion à la façon des fidèles protestants, sans voir dans la Sainte Hostie autre chose qu'un symbole...).
En conclusion, on peut dire que s'il y a actuellement tant de confusions touchant à la notion de prêtrise (et aussi tant de réactions épidermiques dès qu'un évêque remet les choses à leur place concernant un curé vivant en concubinage), c'est parce que
les bricolages liturgiques ont conduit les fidèles catholiques à penser que désormais, chacun pouvait se fabriquer une religion à la carte, celle qui nous arrange, avec un peu de ça et un peu de ci, en fonction des modes : des femmes-prêtres ? Pourquoi pas. Des prêtres concubins ? Pourquoi pas. Des prêtres homosexuels ? Bah, du moment qu'ils s'aiment... Or on ne construit pas la Foi Catholique en l'adaptant aux tendances du jour : les Evangiles n'ont pas été écrits après consultation de Madame Soleil, et le relativisme n'est pas le propre d'une religion cohérente capable de guider les hommes dans les difficultés de la vie."
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