Voici (comme promis) un long article écrit par moi, dans le but de faire comprendre la Constitution Apostolique Anglicanorum Coetibus prévoyant des structures particulières pour les Anglicans dans l'Église Catholique. On en a parlé épisodiquement en France, notamment lors de la conversion récente de 5 Evêques, mais les français ne peuvent avoir quasiment aucune clef de déchiffrage de la situation et de la Constitution, puisque ces informations ne sont disponibles qu'en anglais, et éparpillées sur différents sites et blogues. Ce texte se veut donc le plus exhaustif possible, et tente de faire le tour de la situation pour donner aux lecteurs français des informations jusqu'ici inédites dans notre langue. Il se base sur un travail de documentation conséquent, et les connaissances de l'auteur, qui a un intérêt aux corps ecclésiaux issus de la Réforme. Le texte est ardu, technique, et introduit de nombreuses notions inconnues des Catholiques français. Lisez lentement, faite des pauses et utilisez si vous le souhaitez les liens hypertextes (vers des sites officiels, ou dont le sérieux a été vérifié) renvoyant à plus de renseignement sur des points précis, cependant souvent en langue anglaise.
Anglicanorum Coetibus est une Constitution apostolique du Pape Benoît XVI signée le 4 Novembre 2009 et publiée le 9. Son objet est de fixer les normes permettant de recevoir en groupe des Anglicans dans l’Église Catholique, dans des structures dédiées (des ordinariats, quasi-diocèses), et en leur permettant de conserver une partie de leur patrimoine particulier.
Cet évènement est d’une importance très particulière, parce qu’il crée ce qui ressemble assez fortement à une sorte d’Église orientale avec un rite propre, quoique cette constitution apostolique soit un objet de droit canon non identifié. Cela vous le savez n’arrive que très rarement, les deux précédents plus ou moins assimilables étant les établissements de l’Église Catholique Syro-Malankare en 1932 et de l’Église Catholique Arménienne en 1740.
Il est certainement nécessaire afin d’expliquer cette constitution aux français de commencer par une très brève introduction sur l’anglicanisme, car cette confession chrétienne est fort méconnue par chez nous. (Avant de vous lancer dans l’article, prenez également le temps de lire la Constitution Apostolique). Tout aux plus nos compatriotes savent ils que cette « Église » a été fondée par le roi d’Angleterre Henri VIII afin de pouvoir divorcer et mettre sous sa coupe l’Église anglaise, et qu’encore aujourd’hui le monarque anglais en est la tête. Seulement, cela est en partie faux.
Aujourd’hui, ce qui s’appelle la Communion Anglicane est constitué de par le monde d’ « Églises » nationales appelées provinces, très indépendantes, l’ « Archevêque » de Cantorbéry (actuellement le Très Révérend Rowan Williams) exerçant une primauté d’honneur. Seule l’ « Église » d’Angleterre (The Church of England) est soumise à la reine Elizabeth II. Les Anglicans se trouvent majoritaires en Angleterre, très nombreux au Nigéria et en Ouganda qui sont respectivement les trois premières provinces de la Communion en terme de fidèles. On en trouve aussi ailleurs au Royaume-Uni et partout dans les anciennes colonies anglaises, l’Australie, les États-Unis, le Canada, Inde, Hong-Kong, Zimbabwe… mais en nombre moindre, et déclinant pour ce qui est de l’Occident. Cette Communion, depuis au moins le XIXe S est traversée par des courants contraires et opposés, les « Anglo-Catholics » et les « Evangelicals ». Pour faire simple, les premiers ont une théologie et une ecclésiologie se rapprochant fortement de celle de l’Église Catholique (ils sont les héritiers directs du Mouvement d’Oxford dont faisait partie le bienheureux cardinal Newman avant sa conversion), alors que les seconds sont d’obédience calviniste épiscopalienne, c'est-à-dire que bien qu’étant des protestants « purs et durs », ils acceptent tout de même un ministère épiscopal.
Mais sur ce sujet ont été écrits de gros bouquins, ces affirmations sont donc nécessairement réductrice aux grandes lignes.
Nous nous poserons, et nous répondrons aux questions du néophyte : Anglicanorum Coetibus pourquoi, pour qui, comment, et après ?
La suite ICI.
Pax et Bonum