Vous ne citez pas l'excellente conclusion de l'article de Gol**s :
"Le reste étant qu’il n’y ait plus de catholicisme du tout...car l’institution n’est pas prête aux tournants qui s’imposent et il est déjà bien tard !"
Il faut bien dire que la revue lyonnaise a entièrement raison : Mgr Léonard ne représente pas lui-même le "tournant" tant attendu, il constitue au mieux une douce inflexion, surtout verbale, de la ligne Danneels, elle-même héritière des choix du cardinal Suenens. Les grands cris que l'on entend depuis sa nomination sont au plus un écran sonore qui entend faire du nouveau primat un homme de la "restauration" : il suffit de voir les 2 premières nominations épiscopales pour voir qu'il y a d'abord continuité.
Ce tournant est-il encore possible ? Le désert aride de Belgique peut-il encore refleurir ? A court terme, ce n'est pas sûr.
Le processus de nomination des évêques ne repose pas que sur le seul nonce : c'est un système collégial fort complexe dont le nonce est un élément important mais pas plus ; ajoutez la conférence épiscopale, certains évêques plus écoutés, le pouvoir politique local, les bureaux romains tant à la Congrégation aujourd'hui présidée par le cardinal Ouellet que l'omniprésente secrétairerie d'État - qui a vu une grande différence avec les responsables antérieurs ? - plus, comme l'abbé Barthe l'avait décrit pour la France, les réseaux belges à Rome. In fine le pape est amené à signer et même s'il ne peut tout savoir (évidemment) sur tous les noms qui lui sont présentés, il doit bien savoir s'il a une "politique de nomination" ou s'il n'en a pas.
Je ne vois pour les années 2005-2010 qu'une grande continuité avec les politiques différentes suivant les pays et les continents pratiquées par Jean-Paul II : la cohérence relative et les choix volontaristes sont visibles en Amérique du Nord et en Australie, plus timidement en Italie et en Espagne. Pour le reste, le "saupoudrage" de néo-conservateurs un peu plus affirmés noyés dans des conférences "sixties-seventies" qui sont maintenues en l'état semble être la seule politique discernable par l'observateur.
La translation d'un néo-conservateur de type wojtylien d'un siège à un autre (Namur-Malines-Bruxelles) tout en continuant à promouvoir les néo-libéraux danneelsiens ne fait pas, à mon sens, une "politique de restauration", là dessus le titre de Gol*** déforme la réalité. |