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Retour sur les nominations cardinalices Imprimer
Auteur : Tibère
Sujet : Retour sur les nominations cardinalices
Date : 2010-10-24 22:48:15

Sur son site Palazzo Apostolico, Paolo Rodari a détaillé les analyses qui courent à Rome pour définir le sens des nominations annoncées par le pape Benoît XVI à l'issue de l'audience générale de mercredi dernier.

1° L'importance des Italiens.
Cette importance a été amplement soulignée par le nombre de cardinaux électeurs issus de la péninsule : 8 sur 20. Au total, le nombre de cardinaux électeurs italiens est actuellement de 25 (contre 19 avant l'annonce du 20 octobre) sur 121 électeurs soit 1 électeur sur 5. Il convient de rappeler, cependant, qu'au cours de l'année 2011, les cardinaux Camillo Ruini(cardinal émérite vicaire de Rome, cardinal prêtre de Sainte-Agnès-hors-les murs) et Sergio Sebastiani (président émérite de la préfecture des affaires économiques, cardinal-diacre de Saint-Eustache) perdront leur droit de vote lors de leur 80° anniversaire, respectivement les 19 février et 11 avril.

Il faut noter que le second groupe national parmi les électeurs est celui des Etats-Unis avec 15 électeurs, deux de plus que dans le précédent état du Sacré Collège.

Certains s'interrogent sur ce renforcement de la présence italienne. L'agenzia AGI avait avancé l'idée que le pape souhaitait orienter l'élection vers un italien. Deux noms sont, dans ce contexte, fréquemment évoqués : celui du cardinal Angelo Scola, Patriarche de Venise, et celui du cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil Pontifical pour la Culture.

Toutefois, Sandro Magister invite, et Paolo Rodari avec lui, à infiniment de mesure. Il n'est pas dans le tempérament du Saint-Père de vouloir forcer l'élection de son successeur. En outre, les nominations italiennes de cette fournée sont dues à un effet de rattrappage tout à fait naturel dans la mesure où les personnes nommées sont quasiment toutes issues de la Curie et occupent des postes qui conduisent à la pourpre. Enfin, il faut rappeler que les nationalités au sein du Sacré Collège et donc du conclave ne forment pas des blocs uniformes et disciplinés. Il serait donc largement aventureux de voir dans l'importance numérique des Italiens la préparation de l'élection de l'un des leurs. La majorité, avec 120 électeurs, est de 80 voix.

2° L'importance des curialistes.
John Allen relève, lui, le nombre important des membres de la Curie : 10 des 20 électeurs nommés par Benoît XVI appartiennent à la Curie romaine. En tout, le nombre de cardinaux électeurs tenant une position curiale est de 26. Ce nombre s'élève à 37 si l'on ajoute les éméritats. Mais là aussi, il serait présomptueux d'avancer une thèse bien précise quant au comportement de ces électeurs.

3° En réalité, l'équilibre au sein du Sacré Collège est peu bouleversé.
Benoît XVI a créé, depuis son élection, 50 cardinaux électeurs dont 27 européens et 23 extra-européens. Le petit avantage donné au Vieux continent n'interdit pas l'élection d'un non-européen même si cela signifie que des cardinaux européens devront apporter leurx voix pour une telle élection.

Benoît XVI, pour d'autres vaticanistes, n'a pas cherché à modifier profondément les équilibres au sein du collège cardinalice. Il a plutôt, suivant son tempérament, voulu dialguer avec tous, de la Curie au monde. C'est de cette manière que ces mêmes analystes expliquent deux nominations : celle de Mgr Pasinya, grand spécialiste de la théologie de la contextualisation qui essaie de jeter des ponts entre Rome et des théologiens africains très progressistes ; et celle de Mgr Damasceno Assis (Aparecida - Brésil) qui cherche les voies d'un dialogue avec les partisans de la théologie de la libération.


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