A Saint-Pierre de Rome, Jean-Paul II étant pape, Karajan à la tête du Wiener Philarmoniker dirige avec majesté et force, malgré la maladie, la Messe du Couronnement.
Ici, la 3° section : Credo.
D'emblée, le Credo se déploie avec une énergie débordante qui bouscule tout sur son passage.
On notera le traitement différencié de certaines phrases ou certains articles :
- "descendit de caelis" illustrée par une mélodie descendante lancée par les sopranes (1mn50s) ;
- "et incarnatus est de spiritu sancto ex Maria Virgine" (2mn12s) : un pur bijou servi par les quatre solistes aux voix remarquables (soprane : Kathleen Battle ; alto : Trudliese Schmidt ; ténor : Gösta Winbergh ; basse : Ferruccio Furlanetto). Mozart parvient à créer une atmosphère de délicatesse après l'affirmation somptueuse du dogme, une atmosphère de douceur où la divinité (incarnée par la voix céleste de la soprane) finit par s'incarner (magnifique basse de Furlanetto) ;
- "Crucifixus..." (3mn9s) : voyez comme Karajan parvient à donner toute l'énergie nécessaire à l'orchestre et au choeur pour signifier le drame et l'épouvante de la crucifixion. Le mot "crucifixus" est comme un fouet qui lacère la chair du Sauveur et Karajan le manifeste physiquement à ses musiciens. Les cordes sont tourmentées. Le choeur détache chaque mot.
Puis :
- "passus" (3mn42s) : c'est la mort du Christ. Là encore, l'orchestre et le choeur répondent parfaitement aux impulsions de Karajan qui étouffe le mot "passus" dans un murmure. Il indique nettement à ses choristes que ce mot imprononçable de la Passion doit être comme au bord des lèvres.
- "et sepultus est" : la phrase s'achève sur une musique funèbre mais apaisée.
- "et resurrexit tertia die" : explosion de sons, jaillissement de la musique pour signifier la victoire de la Vie.
Bonne écoute.
Messe du Couronnement - Mozart - Direction : Karajan