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JUILLET 2003 A MARS 2011

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A votre service... Imprimer
Auteur : Judas Thaddaeus
Sujet : A votre service...
Date : 2010-10-19 16:55:43

Judas Th. pourrait vous renseigner, effectivement.

Bon, rien à voir, mais il va peut-être falloir arrêter de fumer la moquette, parce que je vous assure qu'évoquer en 2010 les bolcheviks quand Sarko négocie avec Medvedev, ça fait légèrement psycho.

Pour l'anecdote d'ailleurs, Sarko est peut-être "originaire-des-pays-de-l'Est-comme-la-grande-majorité-de-Bolchéviks", mais il se trouve que si nous l'avons en France, c'est précisément parce que sa famille a dû fuir son domaine hongrois devant l'Armée Rouge en 1944, après avoir été expropriée par les communistes, auxquels il vous faudrait bien du travail pour rattacher de près ou de loin les Sarkozy, maison issue de Mihaly Sarközy, que, pour récompense de sa bravoure contre l'envahisseur turc, l'Empereur Ferdinand II d'Autriche inscrivit, le 10 septembre 1628, « au nombre des nobles authentiques » du royaume de Hongrie (ses armoiries sont "De gueules, au loup au naturel, tenant un cimeterre d'or, rampant sur un mont de sinople"). En 1754, son petit-fils, Janos, accola à son nom celui de son domaine de Nagy-Bocsa, au sud de la ville de Kecskemét.

Vous aimez l'Histoire, en voilà.

Pour le reste, je laisse la parole à Claire Mazeron, grande spécialiste de l'état lamentable de l'Éducation Nationale. Elle est avec Natacha Polony de celles qu'il sera difficile de classer du côté des gauchistes sur le sujet...

Elle exprime ici mieux que quiconque le ridicule de ces pseudo-scandales "Oui euh on a retiré Jeanne d'Arc des programmes" alors que Jeanne d'Arc n'y figure déjà plus dans les faits depuis 30 ans.

Une fois encore, vous attribuez à Sarko (le grand Satan) un excès d'honneur ou une indignité en lui attribuant un rôle dans tout ça... Sarko est nul. C'est-à-dire qu'il n'est ni positif ni négatif. Les choses allaient mal bien avant lui et iront mal bien après lui.

Revenons à Claire Mazeron :

"(...)Ce qu’il y a pourtant d’agaçant dans cette controverse, c’est son manque flagrant d’actualité. Car (cette) indignation n’a d’égale que son apparente méconnaissance de la manière dont on enseigne l’Histoire depuis vingt ans. Une Histoire sans dates, réduite à des « flashs » et sauts de puce dans le temps, où l’on se garde bien de toute continuité chronologique, jugée aliénante, et de tout approfondissement événementiel, par nature barbant.

Une Histoire désincarnée, dans laquelle toute étude sérieuse de grand personnage est assimilée à un rétrograde culte de la personnalité.

Une Histoire dans laquelle le récit professoral est banni, mais qui propose longuement à l’élève de s’improviser historien en tirant lui-même la substantifique moelle de documents mal photocopiés.

Une Histoire thématique d’inspiration plus universitaire que scolaire, qui propose à des élèves pour qui le Front Populaire évoque un parti d’extrême-droite, de s’interroger sur « Être ouvrier en France du XIXème au XXIème siècle ».

Une Histoire qui conduit 72% des écoliers et 75% des collégiens à ne pas maîtriser les acquis attendus du programme.

Si scandale il y a, il s’enracine donc dans un passé proche – les années 1980 -, lorsqu’une poignée de politiques sans idées mais aidés de pédagogues zélés décident, au nom de l’élève constructeur de ses propres savoirs et d’un rejet de l’ « Histoire à la papa » - forcément colonialiste et nationaliste - d’en déstructurer l’enseignement.

Nos universitaires indignés ne découvrent donc aujourd’hui que la lune. Car il y a bien longtemps que Napoléon ou Louis XIV sont oubliés des programmes, tout comme Bouvines ou Valmy. Ou si peu évoqués qu’il est difficile d’en éviter la caricature. Il est ainsi bien tard pour s’offusquer que les jeunes générations réduisent Napoléon et Louis XIV à deux infâmes dictateurs, ou que le nom d’Austerlitz ne leur évoque rien d’autre que celui d’une gare parisienne.

Au sein de cette Bérézina scolaire, le pire est d’ailleurs que les nouveaux programmes, tant décriés, sont paradoxalement meilleurs que les précédents !


En effet, 6 heures - quoiqu’en fin de programme - seront désormais consacrées à « l’émergence du roi absolu » contre 3-4 heures actuellement. Et l’étude de la période révolutionnaire, Empire inclus, garde peu ou prou ses horaires (11h prévues contre 9 à 11 aujourd’hui).

Mieux encore : l’étude de l’absolutisme s’inscrit désormais dans un cadre beaucoup plus vaste intégrant sa mise en place depuis la fin du XVIème siècle, quand les anciens programmes intimaient l’ordre de ne s’intéresser qu’au règne (personnel) de Louis XIV. Lequel était alors infligé aux élèves après un saut chronologique d’un siècle et demi dans l’Histoire de France.

Alors qu’en 3ème, l’étude de l’URSS – réduite à deux heures consacrées au goulag et au cinéma d’Eisenstein - faisait l’économie des révolutions de 1917 et du nom de Lénine, le nouveau programme supprime cette incongruité en précisant qu’on devra montrer « comment Lénine a mis en place les principales composantes du régime soviétique ».

Et si les traites négrières au XVIIIème sont désormais au programme de 4ème - en conformité a priori avec les requêtes de certains lobbys mal intentionnés - il faut souligner que le programme de 5ème aborde également la question de l’esclavage sous l’angle des traites orientale, transsaharienne et interne à l’Afrique noire avant le XVIème siècle, ce qui diminue considérablement le risque de récupération comme la promotion de toute repentance. Cette thématique reprend ainsi intelligemment la thèse de l’historien O. Pétré-Grenouilleau sur les traites négrières plutôt que de céder à l’auto-flagellation ambiante.

Enfin, si les programmes font large place aux « mondes lointains », il faut toutefois souligner que la place réelle de l’histoire consacrée à la France n’est en rien diminuée, bien au contraire : de la 6ème à la 3ème, celle-ci sera évoquée sur près de 60 heures, contre 30 à 40 heures actuellement… au grand dam de nombre d’organisations qui ne sauraient être de gauche qu’en vomissant l’histoire nationale.



Alors certes, dans une école débarrassée de ses dérives démagogico-pédagogistes, ces programmes – plutôt légers et assez bien-pensants - n’auraient pas lieu d’être. Faut-il pour autant s’indigner qu’ils soient moins pires que tous ceux qui les ont précédés ?
"


Autres questions, Herr Anton?







La discussion

 Nuire à l'enseignement de l'histoire, est ce nég [...], de Therese 732 [2010-10-19 12:56:48]
      Mais qui a voulu et cautionné, de Anton [2010-10-19 15:53:06]
          A votre service..., de Judas Thaddaeus [2010-10-19 16:55:43]
              Une petite précision, de Anton [2010-10-19 17:13:29]
              Précisions, de Anton [2010-10-19 17:35:12]
                  Vous êtes fatiguant..., de Judas Thaddaeus [2010-10-19 20:28:34]
                      Nous y sommes de nouveau, de Anton [2010-10-19 23:14:06]
                      Que direz vous à cela?, de Anton [2010-10-20 10:46:58]