Quelques extraits:
Toutefois pour l’Eglise tout entière, cette crise ressemble bien à une traversée du désert, avec la différence que la manne est bien difficilement trouvable. Il y a des signes encourageants, surtout du côté de Rome, ils sont malheureusement bien entremêlés à d’autres faits bien affligeants. Quelques brins d’herbe dans le désert…
Il nous manque cruellement des prêtres pour pouvoir répondre comme il faudrait aux appels au secours qui nous arrivent de toutes parts. A chaque nomination, nous faisons un choix qui va frustrer un ou plusieurs groupes de fidèles. D’un côté, c’est plutôt bon signe car cela montre un développement certain de notre œuvre, mais c’est aussi bien douloureux.
Oh ! Oui, hélas nous sommes bien aux temps annoncés où l’on verra cardinal contre cardinal, évêque contre évêque. Ce genre de dispute est généralement très discret et échappe à l’œil des fidèles.
[La conférence de Mgr Pozzo] nous donne une présentation de l’œcuménisme passablement différente de ce que nous avons entendu pendant quarante ans…, une présentation mêlée aux principes éternels sur l’unicité de l’Eglise et sa perfection unique, sur l’exclusivité du salut. On voit bien là un essai de sauver l’enseignement de toujours et simultanément un Concile revisité à la lumière traditionnelle. Le mélange quoique intéressant laisse encore ouvertes des questions de logique sur le rôle que jouent les autres confessions chrétiennes… appelées jusqu’à Pie XII inclus, les « fausses religions. » Osera-t-on désormais user de ce terme à nouveau ?
une bonne partie de nos attaques se voit justifiée, une bonne partie de ce que nous condamnons est condamnée. Mais si la chose est condamnée, la divergence reste grande sur les causes. Car enfin, si une telle désorientation des esprits a été possible à propos du concile, et à une telle échelle, à une telle ampleur…, il faut bien une cause proportionnée ! Si l’on constate une telle divergence d’interprétation au sujet des textes du Concile, il faudra bien un jour convenir que les déficiences de ces textes y sont bien pour quelque chose.
En général la résorption d’une crise dure au moins aussi longtemps que son déclenchement, voire plus.(...)
Si la politique des nominations d’évêques change enfin, on peut espérer. Dans le même registre, il faudrait une profonde réforme de l’enseignement dans les universités pontificales, de la formation des prêtres dans les séminaires. Ce sont des travaux de longue haleine qui pour le moment sont encore des rêves, mais qui sur une période de dix ans pourraient déjà sérieusement prendre forme. Tout dépend du pape d’abord. Pour l’instant le positif est surtout la reconnaissance que beaucoup de choses vont de travers… On accepte de dire qu’il y a une maladie, une crise grave dans l’Eglise. Va-t-on beaucoup plus loin ? Nous le verrons.
Lorsque nous demandons aux prêtres qui se rapprochent de la Fraternité ce qu’ils attendent de nous, ils nous répondent d’abord qu’ils attendent la doctrine. Et cela même avant la messe. C’est surprenant, mais en même temps c’est un très bon signe.
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