J'entends bien : la collégialité demeure, ce qui explique que des accords doivent être attendus pendant longtemps. Ce qui explique aussi que le pape n'est pas prêt de retrouver son autorité dans l'Eglise, devant subir la quasi-autonomie de conférences épiscopales à travers le monde. Cependant, le communiqué laissant entendre que la tiare n'était qu'un ajout purement symbolique ne me convaint pas vraiment.
Lorsque Benoît XVI a retiré la tiare des armes pontificales en 2005, on affirmait qu'il ne faisait lui-même et en personne que prendre en compte la collégialité, le fait que le pouvoir temporel des papes avait disparu. Soit. Et aujourd'hui, on vient nous dire qu'en réalité ces attributs héraldiques ne sont finalement que des symboles esthétiques ? Que ce serait un coup de son cérémoniaire (tandis que le pape ne voyant pas la bannière, ne pourrait donc pas s'en apercevoir) ?
Il me semble que l'observateur moyen ne s'y trompe pas. C'est le cas d'un journaliste de l'AFP qui disait récemment que l'infaillibilité papale avait été remplacée par la collégialité au sein de l'Eglise à la faveur de Vatican II.
Ceci étant dit, je crois qu'on peut poser un jugement nuancé de la situation. Il me paraît tout aussi excessif et donc peu convainquant de qualifier Benoît XVI de pape "traditionaliste" que de le présenter comme un pontife, auteur de tous les maux, pire que ses prédécesseurs. |