...sur la fin de sa vie, et la lettre qu’il écrivit à Jean Madiran en réponse à l’article de ce dernier sur « La question juive dans l’Eglise » le montre bien. En voici un extrait (
Itinéraires n° 302, avril 1986) :
1°) Je déplore avec vous que les relations avec les juifs soient rattachées au Secrétariat de l’Unité, ce qui compte tenu de mes nombreux séjours en Israël et des rapports que j’ai pu y entretenir avec des personnalités du rabbinat est proprement incompréhensible pour moi.
2°) Notre « patrimoine spirituel commun », entre chrétiens et juifs, est à coup sûr important, cela ne fait pas de doute, puisqu’il s’agit ni plus ni moins de l’Ancien Testament.
3°) Mais l’ambiguïté que Paul VI, puis Jean-Paul II ont entretenue et entretiennent autour de cette notion est particulièrement choquante.
4°) Car enfin, comment ose-t-on « rapprocher » ainsi aux yeux de la communauté catholique qui est ici scandaleusement abusée — le Dieu que nous adorons avec celui des juifs, ou avec celui des musulmans ? Sous prétexte de monothéisme, que ne dit-on pas ? Je crois que nous sommes, en effet, tout près d’entendre que musulmans et chrétiens ont, eux aussi, foi en un même Dieu.
5°) Or le Dieu des juifs, c’est évident, n’est pas le nôtre. Il faut voir avec quelle opiniâtreté farouche les « théologiens » juifs affirment que le Messie n’est pas encore venu — et que le Christ n’était donc qu’un prophète parmi les autres. A partir du moment où le Dieu Trinitaire révélé par l’Evangile est effacé, à partir du moment où la personne du Christ n’est plus divine, il ne peut s’agir, entre chrétiens et juifs, du même Dieu. Et je le répète : la spiritualité juive est non seulement contraire, mais terriblement hostile à la spiritualité chrétienne, surtout pour ce qui touche le Christ et Sa Mère.
En ce qui concerne les musulmans, je n’ai pas besoin d’insister. Pour qui a lu le Coran de première ou seconde main, comment la confusion serait-elle possible ?
6°) J’en déduis que, de la part du pape ou de ses conseillers, dire qu’il faut « en tout cas se débarrasser de la conception traditionnelle » — et surtout, oser dire (de la part d’une Commission pontificale) que nous devons prendre notre responsabilité « de préparer le monde à la venue du Messie », c’est exactement tenir un propos hérétique.
7°) Enfin, après les si étranges discours de Paul VI (à l’ONU et ailleurs), quelle tristesse est la nôtre d’entendre Jean-Paul II aller plus loin que son maître, appelant les chrétiens à pratiquer avec les juifs « une étroite collaboration vers laquelle nous pousse notre héritage commun, à savoir le service de l’homme ».
Tout cela, hélas, se tient fort bien. Je pense, pour ma part — et je pourrais même dire, j’en suis sûr, compte tenu des documents que nous avons eus entre nos mains — qu’il s’agit bel et bien là d’une massive et lente manœuvre maçonnique, tendant à faire perdre à l’Eglise catholique, dans un premier temps, son identité (ou du moins, à nous la faire perdre de vue) — d’autre part, à changer dans ses profondeurs une religion qui n’aura plus de « catholique » que le nom. Les documents dont je parlais plus haut nous montrent que ce dessein est déjà vieux de plus de cent ans. N’en doutons pas une seconde, cher Jean Madiran : Satan lui- même est à l’œuvre.