Pour la cruauté de la mort des moines, rappelons que les circonstances de celle-ci ne sont pas très claires, une possible bavure de l'armée étant possible. C'est à mon avis pour cela que cela n'est pas montré, par pudeur aussi.
Mais les gentils islamistes ne le sont pas tant que cela, lorsqu'ils égorgent les ouvriers croates sur leur chantier, de façon bien explicite. Par ailleurs le chef islamiste qui vient le soir de Noël a bien le droit à ce moment-là d'être touché par la grâce, lui que le gradé qui convoque le frère Christian, pour l'identifier une fois mort, décrit comme un monstre, d'où le fait qu'il ait livré son cadavre à la foule en furie.
Sinon, pourquoi mourir ? Parce que leur vocation était de rester dans leur monastère, à côté duquel un village s'était construit. Notons que ces moines ne sont pas décrits comme masochistes mais comme des serviteurs prêts à suivre s'il le faut l'exemple du Maître, et que d'ailleurs l'un, le petit vieux sympa, se planque sous son lit au moment où les ravisseurs embarquent tout le monde : ils ne cherchent pas la mort mais ne reculent pas devant elle, nuance.
Ensuite, ils ne sont pas montrés comme des hommes sûrs de leurs décisions mais au contraire tiraillés d'aspirations contraires, dont pour beaucoup l'envie de vivre.
Je vous concède que les grands prix reçus doivent aussitôt soulever la méfiance, mais après tout, parfois des incroyants peuvent être touchés par la grâce, ou y voir ce qui les arrange. Rappelons également que ces moines sont des "survivors" des délires post-conciliaires, qui ont vidé leur monastère et qu'ils font du mieux qu'ils peuvent, dans un environnement qui leur est hostile, avec en arrière-plan une France en voie de déchristianisation sur laquelle ils ne peuvent trop compter, déjà pour leur envoyer des renforts humains.
Pour finir sur l'armée, elle n'est effectivement pas montrée comme un ramassis de saints. Héritière du FLN, elle est décrite comme un monde bien peu finaud, défendant un pouvoir corrompu dont les islamistes veulent s'emparer...Mais n'est-ce pas la réalité historique ?
|