A ceci près que Guénon n'est pas précisément un "théosophe". L'un de ses ouvrages s'intitule même "Le Théosophisme, histoire d'une speudo-religion". Un peu de rigueur ne nuit jamais.
On peut, on doit même critiquer René Guénon, surtout d'un point de vue catholique, mais on ne peut éluder sa réflexion sur la notion même de tradition. Après tout, Saint Thomas d'Aquin a bien fait son miel des travaux du païen Aristote et du musulman Averroes.
Et puis comment faire l'impasse sur l'auteur de "La Crise du monde moderne" sans parler du "Règne de la quantité et le signe des temps"?
Un penseur qui a influencé des auteurs aussi divers que Maritain (même momentanément), Umberto Eco, André Breton, Raymond Queneau et bien d'autres, ne doit pas être traité à la légère.
Pour ma part, j'aime lire René Guénon (qui ne fut jamais un ennemi déclaré de la religion catholique) même si certains passages me révulsent. Sa lecture est hautement stimulante.
Et je laisse à votre méditation ce court extrait d'"Autorité spirituelle et pouvoir temporel":
"Cependant, tant qu'il subsistera une autorité spirituelle régulièrement constituée, fût-elle méconnue de presque tout le monde et même de ses propres représentants, fût-elle réduite à n'être plus que l'ombre d'elle-même, cette autorité aura toujours la meilleure part, et cette part ne saurait lui être enlevée, parce qu'elle a en elle quelque chose de plus haut que les possibilités purement humaines, parce que, même affaiblie ou endormie, elle incarne encore "la seule chose nécessaire", la seule qui ne passe point."
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