Merveille de religion ! Divine comme de fait.
Cette absence de sensualité (entendre totale maitrise de soi, abnégation complète) a poussé une sainte religieuse à se délecter du liquide ayant lavé des lépreux.
« Je n’avais jamais rien bu d’aussi délicieux. Bien que je sentisse sur ma langue des bouts de peau »
Plus près de nous, cette jeune femme ayant échappé à son violeur-assassin récidiviste par la seule présence d’esprit que permet une domination complète des élans. Si elle avait laissé paraître un quelconque dégout, s’en était fait de sa vie. Ne dit-on pas des chiens qu’ils ressentent notre peur comme un aveu malintentionné?
Nous devons nous mettre un mors souvent pour vivre parmi les hommes. Les chevaux n’apprécient pas les mous, les indécis, les timorés. Ils se cabrent et les renversent. Un cheval se domine et se dirige. Avec lui il faut une volonté forte et décidée transmises par des ordres clairs.
Eh bien il doit en être de même de nos peurs, dégoûts et même sympathies quelquefois. Je tiens pour hystérie tout ce qui nous échappe ; rien ne doit sortir de nous sans notre nihil obstat, voire bon à tirer. Le feu doit être intérieur. Il y a une délectation dans l’abstention. Ne pas dire ce que pourtant l’on meurt d’envie d’avouer, cela peut être sublime, enivrant et gratifiant. Et dans certain cas une voie vers la sainteté.
"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous" |