Bonjour à Aulp,
Voici :
(Source : http://www.betapolitique.fr/Petits-Conseils-Laurent-Mauduit-01416.html)
PETITS CONSEILS, LAURENT MAUDUIT, STOCK, 2007
" Laurent Mauduit est l’ancien responsable des pages "économie" du journal Le Monde. Après avoir travaillé des années sous la "surveillance" d’Alain Minc (président du conseil de surveillance du journal), il s’est retrouvé en opposition frontale avec sa rédaction sur le traitement d’une affaire en conflit d’intérêt avec le journal, et a démissionné.
Du coup, il a eu l’idée de mener une petite enquête sur Alain Minc et sur les ressorts du capitalisme français.
Autant le dire tout de suite, même si le quart de ces allégations est vrai, il y a quelque chose de pourri dans le capitalisme français et dans le petit business de M. Minc.
Voilà un homme qui est entré dans la carrière avec l’avantageuse réputation de major de l’ENA. Il a rapidement choisi de s’orienter vers le privé, et a commencé à manigancer des coups astucieux, qui ont rapidement planté et ont coûté extrêmement cher aux hommes qu’il conseillait. La somme des coups et des échecs, ainsi que la somme des coups pendables racontés dans l’ouvrage serait trop longue à résumer. Lisez ce livre, et vous verrez rapidement s’éclairer d’un jour nouveau nombre des affaires récentes du capitalisme français.
Brillant, créatif, intuitif, mais incapable de poursuivre une idée jusqu’au succès, M. Minc a visiblement eu une intuition de génie : devenir le principal conseiller de l’ensemble des grands patrons de la place. Ainsi, avec pour seule charge fixe une secrétaire et un bureau, il réalise bon an mal an quelques millions deuros de chiffre d’affaire, en conseil.
Quels conseils ? Disons, par exemple, qu’il peut placer un homme à lui à la direction d’une entreprise qu’il conseille, organiser une OPA hostile pour venger ce manager s’il est viré (en mobilisant une autre entreprise qu’il conseille), appeler un autre de ses clients comme "chevalier blanc" pour contrer l’OPA quand il sent que l’affaire sent le roussi.
Disons aussi qu’il monnaye et utilise son influence - réelle ou supposée - au sein du ournal Le Monde pour régler quelques petits coups ou pousser quelques petits pions.
Disons que la plupart des grands patrons, aujourd’hui, se méfient de ce Monsieur mais continuent de le payer pour le calmer un peu, écouter ses rapports puisque 30’ avec Minc économisent 10 dîners en ville, et éventuellement tenter de l’utiliser de temps en temps pour balancer une intox.
Disons surtout que l’ensemble du livre laisse un sentiment de nausée.
Livre à charge ? Livre amer d’un journaliste "viré" ? Livre crispé sur la notion de conflit d’intérêt et qui ne voit pas les ressorts secrets de l’entreprise ? On ne pense pas. Car au-delà du cas de M. Minc, cet ouvrage nous a semblé tracer un portrait saisissant des travers du capitalisme français :
la presse à la bote des puissances ;
les collusions d’intérêt ;
les passerelles permanentes et opaques entre l’entreprise et la haute administration ;
l’étouffante promiscuité entre patrons qui se tiennent par leurs liens croisés et forment une véritable "famille" dans le sens le plus sicilien du mot... " Anglade
Voilà : http://www.amazon.fr/Petits-conseils-Laurent-Mauduit/dp/2234059976
Bonne réception, bonne lecture, bonne journée.
J'ajouterai les points suivants :
- d'une part, les grandeurs d'établissement font très souvent bon ménage avec les bassesses d'établissement, car la tentation est très grande, quand on est ou quand on se veut "un puissant", de dominer ou de mépriser tout ce qui est un tant soit peu différent, dissonant, résistant.
Il n'y a donc pas à s'étonner totalement, au contact de cette récente espèce de sortie d'Alain MINC, car elle est à la fois révélatrice et symptomatique d'une certaine vision des choses propre aux élites, qui ont le droit, elles, mais elles seules, de réfléchir et de s'exprimer ainsi ;
- d'autre part, il faut voir dans cette attitude d'Alain MINC le reflet d'un certain dépit, pour ne pas dire d'un certain ressentiment, vis-à-vis de l'actuel Président de la République.
Alain MINC n'a pu "conseiller" ni François MITTERRAND, ni Jacques CHIRAC ; "conseiller" Nicolas SARKOZY, et le conseiller, qui plus est, avec effet utile, et pas seulement pour lui, cela aurait été "le plus gros coup" de sa carrière, et le caractère de Nicolas SARKOZY, mais aussi et surtout les circonstances, l'en empêchent, de plus en plus, depuis 2007.
Scrutator. |