Les archives du Forum Catholique
Forum | Documents | Liens | Q.F.P. | Oremus

Les archives du Forum Catholique

JUILLET 2003 A MARS 2011

Retour à la liste des messages | Rechercher

Afficher le fil complet

Pénurie de prêtres ? Imprimer
Auteur : Tooth
Sujet : Pénurie de prêtres ?
Date : 2010-08-27 11:41:06

Un prêtre entre Dieu et moi

La pénurie sacerdotale est liée à notre manque de désir sacerdotal.
Nous n’avons pas assez prié pour en avoir. Nous ne nous sommes pas si souvent que cela mis à genoux, suppliant le Seigneur pour qu’il appelle des prêtres, de saints prêtres, beaucoup de saints prêtres. Avons-nous pleuré, je veux dire réellement pleuré avec de vraies larmes, devant la pénurie de prêtres, comme on pleure ses péchés ou qu’on souffre de la maladie d’un être cher ? Avons-nous même demandé au Seigneur cette grâce de souffrir de la pénurie sacerdotale, de la ressentir dans nos os, dans notre moelle ?
Avons-nous supplié à genoux pour que le Seigneur appelle notre fils, notre neveu, ou tel collègue dont nous ne pourrions nous priver dans la vie professionnelle ?
Avons-nous eu le courage de demander à tel jeune de notre entourage “As-tu déjà songé à devenir prêtre ?”

La vérité est que nous sommes des enfants gâtés. La vérité est que nous avons encore beaucoup trop de prêtres...
Avons-nous fait des kilomètres pour aller communier ? Sommes nous prêts à sacrifier notre confort pour aller à la messe, pour communier au Corps du Christ ? Je pense ici à cette religieuse camerounaise qui, dans son adolescence, faisait des kilomètres pour aller communier. Le détail est qu’elle était handicapée. Elle n’avait que des moignons à la place des jambes, et chaque dimanche, elle rampait à la force des bras pour aller communier.
Sommes-nous capables d’être aussi pauvres, aussi “en manque” de Jésus qu’elle ?
Le jour où nous le serons, les séminaires se rempliront...

Combien d’heures avons-nous fait la queue devant un confessionnal ? Sommes-nous si pénétrés de la réalité de notre péché ? Nous ressentons à juste titre la peine que nous font ceux qui nous aiment mais qui nous blessent ou nous déçoivent... Pour autant, nous sommes-nous vraiment jamais représenté la peine, la blessure, le chagrin intense qui frappe Dieu lorsque nous commettons un péché grave qui nous sépare de lui ? Avons-nous seulement imaginé sa douleur ? Il ne s’agit pas ici de nous culpabiliser inutilement. Il s’agit d’entrer dans la dimension de l’amour entre Dieu et nous. Avons-nous réellement été transpercés de tristesse à la pensée de nos fautes et désiré ardemment recevoir le pardon de Dieu par l’intermédiaire d’un de ses prêtres ? Avons-nous réellement considéré l’existence de l’enfer ? Avons-nous sollicité nos prêtres pour qu’ils se tiennent au confessionnal ? Le jour où les répondeurs des curés seront saturés de messages de laïcs demandant à être entendus en confession, les séminaires se rempliront.

Nous sommes des enfants de riches. Considérons la faim que nous avons du Corps du Christ. Considérons notre soif d’être pardonnés. Ni l’une ni l’autre ne sont encore très intenses.Nous sommes encore trop repus de nous-mêmes, de notre auto-suffisance, de notre bonne conscience.

Mais nous allons voir ce que nous allons voir...
Dans les 15 années à venir, la réduction du nombre de prêtres va être si terrible que nous allons vraiment commencer à souffrir et à tomber à genoux de faim et de soif. Les prêtres de plus de 65 ans vont partir à la retraite. La génération des 50-65 ans est si creuse que l’on va se retrouver au désert. Nous implorerons alors comme il se doit le Seigneur de toutes grâces. De plus, notre Occident va traverser une crise si terrible que nous éprouverons notre manque, notre faiblesse, notre pauvreté. Dieu est si respectueux des hommes qu’il ne leur donne vraiment ce dont ils ont besoin que lorsque, à rebours de tout orgueil, ils les voit mendiants.

D’ici à ce que nous soyons vraiment mendiants de Dieu, mendiants de son amour médiatisé par des prêtres, il y aura encore du temps.

Nous devons nous préparer à vivre une période de transition où les prêtres seront moins nombreux, où il faudra prier davantage pour demander à Dieu qu’il nous vienne en aide.
Nous devons d’abord réapprendre à prier. Prier sans cesse. Nous devons apprendre l’ascèse quotidienne de l’oraison, la prière silencieuse et contemplative.
Nous devons redécouvrir la prière confiante dans l’intercession des saints, et surtout la prière du chapelet.
Nous devons nous approprier la prière des heures, le cri des psaumes.
Nous devons surtout réapprendre la prière avec l’Ecriture, la lectio divina, lire et étudier la Bible en priant.

Seuls cet élan de prière, cet abandon, ces larmes de supplication, cette détresse du coeur déposés devant Dieu pourront remplir les séminaires. Aucune stratégie vocationnelle visant les viviers rentables ou le milieu social (servants d’autel, scouts d’Europe, etc..) ne suffira. Aucune campagne de communication vantant la ”branchitude” des prêtres ne marchera. Rien d’autre que la prière instante des croyants... Et leur faim de l’Eucharistie et leur soif du pardon divin. Rien d’autre que l’essentiel.


La discussion

 Pénurie de prêtres ?, de Tooth [2010-08-27 11:41:06]
      Magistral, votre ecrit...., de Pol [2010-08-27 13:09:10]
      Très beau et combien vrai, de Balbula [2010-08-27 14:13:02]
      Merci, de Ubi caritas [2010-08-27 14:39:19]
      C'est comme pour l'avortement..., de Aulp [2010-08-27 17:37:47]
      Merci !, de Anne Charlotte Lundi [2010-08-27 18:26:08]
      J'aime en particulier ..., de Paterculus [2010-08-27 22:41:20]