Ces histoires de classification sont gênantes, car si l'on peut se fonder a minima sur quelques éléments extérieurs, il y aurait quand même beaucoup de surprises. Dieu seul sonde les reins et les coeurs. J'ai connu des esprits traditionnels qui ne célébraient pas selon le Missel de Paul VI, et leur sens de l'Eglise restait indéniable (le grand oublié, car des gens disposant de zestes liturgiques peuvent ne pas avoir un sens de l'Eglise), et même impeccable. Il y a des esprits tridentins, mais complètement niais sur le reste.
Parfois, ces querelles me rappellent ces anars qui se donnent des brevets d'anarchisme, excluant ceux qui ne leur conviennent pas... Pour faire court, le rite n'est qu'un moyen, nullement une fin. Le rite n'est qu'un instrument de l'Eglise, nullement une étiquette. Il doit baigner dans un ensemble. Détaché du reste (ecclésiologie, morale, charité, etc.), il peut devenir une chose morte et n'être qu'un avatar du snobisme. Et nous ne lui rendons pas service. Le ritualisme est une déviation virtuellement condamné par l'Eglise.
Si on peut parler d'hérésie judaïsante dans l'Eglise, c'est aussi dans une trop forte tendance à se concentrer sur les apparences qui, heureusement, ne disent pas tout. Je ne dis pas que nous tombons systématiquement dans ce travers (j'honore la plupart des liseurs), mais le risque est toujours grand. Les tradionalistes ne sont pas épargnés, ce qui prouve qu'ils fonctionnent encore selon les réflexes du monde. Voilà tout.
Non, nous n'avons rien à gagner des distributions de titre. |