je donne mon grain de sel.
Ce texte est globalement remarquable, et je l'ai signalé sur mon blog.
Je ferai juste deux petites observations.
Sur le sacerdoce du prêtre, sans remettre en cause ce qu'écrit notre cher abbé, il demeure que si ce sacerdoce est plénier en tant que participation au sacerdoce plénier du Christ, il ne l'est pas par rapport au sacerdoce plénier de l'évêque, comme le montre le fait qu'il ne peut pas faire certains sacrements sans en avoir reçu le pouvoir de l'évêque. L'abbé Pellaboeuf ne le dit pas mais évoque alors la "surabondance du sacerdoce" pour l'évêque: cela ne me paraît pas adéquat. Certes on doit comprendre surabondance par rapport au prêtre, mais dans le contexte on risque de comprendre surabondance par rapport au Christ... Et tout simplement je ne vois pas comment il peut y avoir une sur-abondance du sacerdoce.
Dans ce contexte, le prêtre est amené à refouler l’expression de ses sentiments de piété
ne faire qu’un seul acte avec le célébrant accroît l’exigence du refoulement de l’expression des sentiments personnels de piété.
En cette année sacerdotale, laissons le dernier mot sur ce sujet à Saint Jean-Marie Vianney. Un jour il s’est arrêté pendant la messe, disant à Jésus qu’il tenait en ses mains « Si je savais que je devais vous perdre pour toujours, je ne vous lâcherais pas ». Cette manifestation de piété est inenvisageable dans une célébration face au peuple ou dans une concélébration.
En ce qui me concerne je n'aime pas beaucoup que le prêtre manifeste quelque sentiment que ce soit pendant la messe, et surtout, oserai-je dire, sa "piété". Il est là pour accomplir un rite sacré, in persona Christi. Son rôle est d'accomplir ce rite, sans rien y mettre de personnel. N'en déplaise au saint curé d'Ars. Je suis comblé quand le prêtre s'efface totalement derrière le mystère qu'il célèbre (comme j'ai l'immense grâce et privilège de le voir tous les jours).