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JUILLET 2003 A MARS 2011

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Auteur : Athanasios D.
Sujet : Quelques bonus...
Date : 2004-03-08 12:49:21

... que j'ai pris la liberté de rajouter au dossier original de l'abbé Berger lorsque cela me paraissait intéressant de le faire. Les extraits qui se trouvaient dans le dossier original (cliquez ICI) sont en caractères italiques, les augmentations sont en caractères réguliers et entre crochets. Je n'ai repris que les documents que j'ai complété.

Athanasios

Pie IX, Enc. "Quartus supra" (6 janvier 1873) :

[5. Aussi les choses en sont manifestement venues à ce point qu'il est fort à craindre que les auteurs du nouveau schisme, en même temps qu'ils s'enfonceront dans le mal, n'arrivent à séduire et à entraîner dans la voie de perdition ceux qui sont faibles dans la foi ou qui manquent de prudence, aussi bien parmi les arméniens que parmi les catholiques des autres rites. C'est pourquoi, en raison même de Notre charge apostolique, Nous sommes poussé à vous parler de nouveau et à avertir tout le peuple, en dispersant les ténèbres et les épais nuages qui ont été, Nous le savons, amoncelés autour de la vérité, afin que Nous affermissions ceux qui sont fermes, que Nous soutenions ceux qui chancellent, et que Nous ramenions au bien, par le secours de Dieu, ceux qui se sont misérablement éloignés de l'unité catholique et de la vérité, si toutefois ils veulent écouter ce que Nous demandons à Dieu de toute Notre âme.

6. La plus grande ruse dont on se sert pour couvrir le nouveau schisme, c'est le nom de catholiques que ses auteurs et ses sectateurs ont l'audace d'usurper, malgré les condamnations dont ils ont été frappés par Notre autorité et Notre jugement. En effet, les hérétiques et les schismatiques n'ont jamais manqué de s'appeler ainsi catholiques et de publier les plus belles choses en leur honneur, afin d'attirer à l'erreur les princes et les peuples : c'est ce que signalait entre autres le prêtre saint Jérôme (a) quand il disait : "Les hérétiques ont coutume de dire à leur roi ou à Pharaon : Nous sommes les fils des sages qui nous ont transmis depuis le commencement la doctrine apostolique; nous sommes les fils des rois des philosophes, et chez nous la science des Ecritures s'ajoute à la sagesse du siècle."

7. Et pour prouver qu'ils sont catholiques, les néoschismatiques invoquent une certaine déclaration de foi, comme ils disent, produite par eux le 6 février 1870, et qu'ils déclarent ne s'écarter en rien de la foi catholique. Mais quand donc a-t-il été permis à quelqu'un de prouver qu'il est catholique en rédigeant à son choix des formules de foi où l'on a coutume de cacher ce qu'il ne plaît pas de découvrir? Pour être catholique, l'histoire de I'Eglise tout entière en fait foi, il faut au contraire souscrire absolument tout ce qui est professé par l'Eglise.

8. Ce qui achève de prouver que la formule de foi ainsi rédigée par eux est captieuse et pleine de fraude, c'est qu'ils ont rejeté la déclaration de profession de foi proposée, selon l'ordinaire, par Notre autorité. A cette profession il leur avait été ordonné de souscrire par Notre vénérable frère Antoine-Joseph, archevêque de Tyane, délégué apostolique à Constantinople, qui les en avertit par une lettre à eux adressée le 29 septembre de la même année.] En effet, il est contraire aussi bien à l'institution divine de l'Eglise qu'à sa constante et perpétuelle tradition, d'admettre que quelqu'un puisse justifier de sa foi catholique et se donner vraiment pour catholique s'il ne satisfaisait aux prescriptions du Saint-Siège apostolique, [car c'est à ce Siège (b) à cause de sa primauté, que l'Eglise, c'est-à-dire l'universalité des fidèles doit se rattacher :] celui donc (c) qui abandonne la chaire de Pierre, sur qui est fondée l'Église, ne saurait, sans mentir, proclamer qu'il est dans l'Eglise, car celui-là est schismatique (d) et pécheur qui élève une autre chaire contre la chaire de saint Pierre [, de laquelle (e) émanent les droits qui appartiennent aux membres de cette communauté vénérable.

9. C'est ce que comprirent très-bien les plus illustres évêques des Églises orientales. Aussi, dans le synode de Constantinople, tenu en l'année 536, Memnas, évêque de cette ville (f), faisait-il publiquement, avec l'approbation des Pères, la déclaration suivante : "Pour nous, votre charité le sait, nous suivons le siège apostolique et nous lui sommes soumis; nous avons dans notre communion tous ceux qui sont dans sa communion, et tous ceux qu'il condamne sont de même condamnés par nous." Plus abondamment encore et plus vivement, saint Maxime (g), abbé de Scutari et confesseur de la foi, disait, en parlant de Pyrrhus le Monothélite : "S'il ne veut ni être hérétique, ni être appelé de ce nom, qu'il ne contente pas celui-ci ou celui-là. Car de même que tous sont scandalisés par lui quand un seul est scandalisé, de même, s'il en contente un seul, tous seront satisfaits. Qu'il se hâte donc de satisfaire tout le monde en satisfaisant le siège de Rome. Car une fois Rome satisfaite, tout le monde le tiendra partout pour un homme pieux et orthodoxe. Autrement, c'est en vain qu'il parle, celui qui s'imagine persuader ou surprendre tous ceux qui sont pareils à moi et qui ne satisfait pas et ne veut pas implorer le très-saint Pape de la très-sainte Église romaine, c'est-à-dire le siège apostolique qui, de par la vertu de Dieu incarné, de par les saints synodes, les textes saints et les saints canons, commande par toute la terre, à toutes les saintes Églises de Dieu et a sur elles toute autorité avec le pouvoir de lier et d'absoudre." C'est pourquoi encore Jean, évêque de Constantinople, faisant pour sa part ce que devait bientôt faire le huitième synode oecuménique tout entier, déclarait que "ceux qui ont été séparés de la communion de l'Eglise, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas d'accord sur toutes choses, avec le siège apostolique, leurs noms ne doivent pas être prononcés dans la célébration des saints mystères (h)." Par où il signifiait clairement qu'il ne les tenait point pour catholiques.] Tout cela est si important et d'un tel poids, que quiconque aura été jugé schismatique par le Pontife romain ne doit pas se permettre d'usurper le nom de catholique, aussi longtemps qu'il n'admettra pas complètement et ne respectera pas le plein pouvoir du souverain Pontife.

10. Or, comme les néoschismatiques ne sont pas le moins du monde disposés à cette soumission, ils se sont, imitant en cela les pratiques des récents hérétiques, refugiés dans un nouveau prétexte en prétendant que la sentence de schisme et d'excommunication portée contre eux par Notre vénérable frère l'archevêque de Tyane, délégué apostolique à Constantinople, était injuste, et par suite de nulle valeur et de nulle force; ils ont donc refusé de s'y soumettre en invoquant encore ce motif qu'ils ne le pouvaient faire, de peur que les fidèles, trompés par leur ministère, ne passassent aux hérétiques. Or, ces prétextes sont absolument nouveaux; les anciens Pères de l'Église ne les connurent ni ne les admirent jamais.
[Car "dans l'Église entière tout le monde sait que le siége de saint Pierre, apôtre, a le droit d'absoudre tout ce qui est lié par les sentences de n'importe quel Pontife, attendu qu'il a le droit de juger toutes les Églises, et qu'il n'est permis à personne de juger contre son jugement (i)." C'est pourquoi lorsque les hérétiques jansénistes osèrent enseigner de semblables doctrines et prétendre que l'excommunication infligée par le prélat légitime pouvait être méprisée, sous le prétexte qu'elle était injuste, par conséquent qu'il fallait que chacun, malgré elle, remplît ce qu'il croyait être son devoir, Clément XI, notre prédécesseur, d'heureuse mémoire, par sa constitution Unigenitus, rendue contre les erreurs de Quesnel, proscrivit et condamna ces propositions comme n'étant pas différentes de certains articles de Jean Wicleff, précédemment condamnées par le synode de Constance et par Martin V.

En effet, bien qu'il puisse arriver, par suite de l'infirmité humaine, que quelqu'un soit injustement affligé de censures par son évêque, il est pourtant nécessaire, comme l'enseigne Notre prédécesseur saint Grégoire le Grand (j), que "celui qui est sous la main du Pasteur redoute d'être condamné même injustement, et qu'il ne conteste pas témérairement le jugement de son Pasteur, de peur que, même condamné injustement, il ne prenne occasion de se rendre coupable, lui qui ne l'était pas, par l'orgueil qui le pousse à cette contestation." Que s'il faut redouter cette rébellion, même quand on est injustement condamné par son pasteur, que dire de ceux qui sont condamnés parce que, rebelles à leur pasteur et à ce siège apostolique, ils déchirent et mettent en lambeaux, par un schisme nouveau, la robe sans couture, c'est-à-dire la sainte Eglise de Jésus-Christ !

11. Mais la charité, dont les prêtres surtout sont tenus d'entourer les fidèles, il faut, selon l'avertissement de l'Apôtre, qu'elle vienne d'un coeur pur, d'une bonne conscience et d'une foi qui n'est pas hypocrite (k). Et, faisant, l'énumération des vertus par lesquelles nous devons nous montrer véritablement comme les ministres de Dieu, il ajoutait : Montrez en vous une charité qui ne soit pas hypocrite, c'est-à-dire la parole de vérité (l). Enfin, Jésus-Christ lui-même, le Dieu qui est charité (m), a dit hautement qu'il faut tenir pour des païens et des publicains ceux qui n'écoutent pas I'Eglise (n). Du reste, à Euphenius, évêque de Constantinople, qui opposait de semblables raisons, Notre prédécesseur saint Gélase répondait (o) : "Le troupeau doit suivre le pasteur qui le ramène aux salutaires pâturages, et ce n'est pas au pasteur de suivre son troupeau errant par des chemins qui le perdent," car "le peuple doit être enseigné, non suivi, et s'ils refusent de nous entendre quand nous les avertissons de ce qui est permis et de ce qui ne l'est pas, nous ne devons pas nous plier à leur volonté (p)."

12. Mais les schismatiques nous disent qu'il s'agit, non pas du dogme, mais de la discipline, car c'est celle-ci qu'a en vue Notre constitution Reversurus, publiée le 12 juillet 1867; par suite, on ne peut, disent-ils, leur refuser ni le nom, ni les prérogatives de catholiques. Combien cette échappatoire est futile et vaine, Nous ne mettons pas en doute que vous le sentez parfaitement. Car] ceux qui résistent audacieusement aux prélats légitimes de l'Eglise, et surtout au souverain Pontife, et qui refusent de suivre leurs ordres en méconnaisant même leur dignité, ceux-là, l'Eglise catholique les a toujours tenus pour des schismatiques [, et, comme ces actes sont à la charge de la faction arménienne de Constantinople, il n'est personne qui puisse les juger à l'abri de l'accusation de schisme, quand bien même ils n'auraient pas, été condamnés de ce chef par l'autorité apostolique. En effet, l'Eglise, selon que les Pères l'enseignent (q), c'est le peuple uni au prêtre, et le troupeau adhérant à son pasteur; par suite, l'évêque est dans l'Eglise, et l'Eglise est dans l'évêque, "si quelqu'un n'est pas avec l'évêque, il n'est pas non plus avec l'Eglise. D'ailleurs, comme le remarque Notre prédécesseur Pie VI dans ses lettres apostoliques (r), par lesquelles il condamnait la constitution civile du clergé en France, souvent la discipline fait tellement corps avec le dogme, et elle influe tellement sur sa conservation dans toute sa pureté, que les saints conciles n'ont pas hésité, en plusieurs circonstances, à séparer de la communion de l'Eglise, par un anathème, les violateurs de la discipline.

13. Mais les néoschismatiques sont allés plus loin, car "il n'est pas de schisme (s) qui ne se forge quelque hérésie afin qu'il paraisse s'être justement éloigné de l'Eglise." Ils n'ont donc pas craint de nous accuser, Nous et ce Saint-Siège, comme si, ayant dépassé les limites de Notre pouvoir, Nous avions, en édictant certains règlements de discipline à observer dans le patriarcat arménien, porté à faux dans Ia maison d'autrui. Et, en effet, ils soutiennent que les Eglises orientales ne sont tenues que de conserver la communion et l'unité de foi avec Nous, mais, qu'en ce qui regarde la discipline, elles ne sont aucunement soumises au pouvoir apostolique de saint Pierre. Or, non-seulement cette doctrine est manifestement hérétique depuis la définition et la déclaration du concile du Vatican sur la force et la raison de la puissance pontificale, mais en tout temps l'Eglise catholique a tenu cette doctrine pour hérétique et l'a détestée comme telle. Ainsi les évêques du concile oecuménique de Chalcédoine, proclamant d'une façon éclatante par leurs actes la suprême autorité du Siège apostolique, demandaient humblement à saint Léon, Notre prédécesseur, l'approbation et la confirmation même de leurs décrets concernant la discipline.

14. Et en vérité "le successeur de saint Pierre (t) par cela même qu'il est établi en sa place, possède de droit divin la garde de tout le troupeau du Christ, afin que, de concert avec l'épiscopat, il exerce le pouvoir du gouvernement universel; mais, pour les autres évêques, la garde particulière de leur troupeau leur est donnée, non de droit divin, mais de droit ecclésiastique, non par la bouche de Jésus-Christ, mais par la disposition hiérarchique, afin qu'ils puissent étendre sur le troupeau le pouvoir ordinaire du gouvernement." Que si le droit de faire cette désignation était méconnu à saint Pierre et à ses successeurs, les fondements mêmes et les prérogatives des plus anciennes Eglises seraient ébranlés; "car si Jésus-Christ (u) a voulu que Pierre eût quelque chose de commun avec les autres princes, jamais il n'a donné que par lui ce qu'il n'a pas refusé aux autres." Et, par le fait, "c'est lui (v) qui honora le siège d'Alexandrie où il envoya le disciple évangéliste; c'est lui qui confirma le siège d'Antioche, où il resta sept ans, bien qu'il dût le quitter." Et à propos des décrets qui, dans le concile de Chalcédoine, furent rendus au sujet du siège de Constantinople, nous avons le témoignage de l'empereur Marcien (w) et de l'évêque de Constantinople lui-même, Anatole (x), qui confessaient qu'à ces décrets l'approbation et la confirmation du Siège apostolique étaient absolument nécessaires.

16. Ainsi, à moins qu'on ne s'écarte de la tradition constante et perpétuelle de l'Eglise, abondamment confirmée par les témoignages des Pères, les néoschismatiques, encore qu'ils se proclament catholiques, ne pourront en aucune sorte se persuader qu'ils méritent ce nom. Et si l'adresse astucieuse des fourberies hérétiques n'était suffisamment éclatante et connue, l'on ne pourrait comprendre comment le gouvernement ottoman peut tenir pour catholiques ceux qu'il sait avoir été séparés de l'Eglise catholique par Notre jugement et Notre autorité. (...)

17. Mais ces néoschismatiques attestent qu'ils ne combattent aucunement les institutions de l'Eglise catholique. A les entendre, ils ne veulent qu'une chose, et c'est de défendre les droits de leurs églises, de leur nation, ceux même de Sa Hautesse impériale, qu'ils Nous accusent d'avoir violés. (...)

21. Or, la discipline étant le lien de la foi, il était nécessaire que, selon son droit et son devoir, le Siège apostolique s'appliquât à la défendre. A ce devoir très grave, Rome n'a jamais manqué, bien que, par le malheur des temps et des circonstances, elle ait pu tenir compte parfois des nécessités présentes, tout en attendant des temps meilleurs que la miséricorde de Dieu nous obtint à la fin pour un temps. (...)

29. Mais ce que plusieurs supportent plus impatiemment, et ce donc ils se plaignent, c'est, d'une part, que Nous ayons réservé à ce Saint-Siège apostolique le droit et le pouvoir de choisir l'évêque sur la liste des trois ou en dehors, et, d'autre part, que nous ayons fait défense à l'évêque élu d'être intronisé avant que son élection n'ait été confirmée par le Pontife romain. Sur ces deux points, ils Nous opposent les coutumes de leurs Eglises et les canons, comme si Nous Nous étions écarté de la pratique des saints canons. A quoi l'on pourrait répondre avec Notre prédécesseur saint Gélase (y), qui était en butte, de la part des schismatiques acaciens, à la même calomnie : "Ils nous opposent les canons, disait-il, mais ils ne savent pas ce qu'ils disent, puisque ce sont eux qui les violent en refusant d'obéir au premier siège de l'Eglise, qui leur conseille des choses sages et justes." Et, en effet, ce sont les canons eux-mêmes qui reconnaissent l'universelle autorité divine de saint Pierre sur toute l'Eglise; et ce sont eux qui proclament, comme il a été dit, au synode d'Ephèse (z), que jusqu'à présent et toujours saint Pierre vit dans ses successeurs pour exercer ce jugement et cette autorité : aussi, à ceux qui croyaient que, par l'intervention du Pontife romain, on diminuait quelque chose des privilèges des Eglises de la royale ville de Constantinople, l'évêque de Larisse, Etienne pouvait répondre en toute confiance et avec raison : "L'autorité du siège apostolique qui a été donnée au Prince des apôtres par Dieu, notre Sauveur, l'emporte sur tous les privilèges des saintes Eglises, et c'est ce que confessent, d'un même accord, toutes les Eglises du monde (zbis)."].

(a) Comment. in Isaïæ, caput XIX, v. 12, 13.
(b) S. Irénée, lib. III, Contra hæreses, cap. III.
(c) S. Cyprien, lib. de Untiate, n. 4.
(d) S. Optat. de Miser, de Schism. Donatist.
(e) Concil. Aquilej. et S. Ambros., Ep. XI, ad Imperatores.
(f) Labb. Collect. concil. edit. Venet., t. VII, C. 1279.
(g) Epist. ad Petrum illustrem. Coll. concil., t. VI, col. 1520.
(h) LibeIl. Joannis, Episc. Constantinopolitaris ad L. Hormisda. in Conseil oecum. VIII. Action. 1.
(i) S. Gelas, ad Episcopos Darnaniæ, epist. 26, § 5.
(j) Rom., XXVI, in Evangelia, 7,6.
(k) I Tim., I, 5.
(l) II Cor., VI, 6.
(m) I Joan, IV, 8.
(n) Matt., XVIII, 17.
(o) Epist. 3, ad Euphenium, II,15.
(p) S. Coelestin. PP., ad Episcopos Apul. et Calab., n. 3.
(q) S. Cyprian. ep. 66, ad Florentium Pupianum, n. 8.
(r) Quod aliquantum, in ep. ad Tit. c. III, v. 10, 11.
(s) S. Hieron. in ep. ad Tit., c. III, v., 10, 11.
(t) Pius VI in Brev. Super soliditate, 28 nov. 1786.
(u) S. Leo, serm. 3, in anniv. Assump. suæ.
(v) S. Gregorius M., lib. VII, ep. 40, ad Eulog. Ep. Alexandrin.
(w) Marcian. ap. S. Leonem, epist. 100.
(x) Anatolius ad S. Leonem, epist. 132, n. 4.
(y) In Commonit. ad Faustum, n. 5.
(z) OEcumen. syn. Ephesin., act. 3.
(zbis) Steph. Lariss. Episcopus in Libell. oblat. Bonif. II, et Rom. syn., an 531.



Pie IX, Enc. "Quae in patriarchatu" (1er septembre 1876) - au clergé et aux fidèles du rite chaldéen:

A quoi bon reconnaître hautement le dogme de la suprématie de saint Pierre et de ses successeurs? A quoi bon répéter si souvent des déclarations de foi catholique et d'obéissance au Siège apostolique, lorsque ces belles paroles sont démenties par ses actes? Bien plus, est-ce que la rébellion n'est pas rendue plus inexcusable par le fait que l'on reconnaît que l'obéissance est un devoir? Au surplus, est-ce que l'autorité du Siège apostolique ne s'étend pas, pour les sanctionner, jusqu'aux mesures que nous avons dû prendre, ou suffit-il d'être en communion de foi avec ce Siège sans la soumission de l'obéissance, chose qu'on ne peut soutenir sans porter atteinte à la foi catholique? (...)
[Par conséquent, vous ne devez, ni ne pouvez lui obéir en tout ce qu'il peut lui arriver de prescrire contrairement à nos décrets et à ceux de ce même Siège apostolique. Ne vous laissez pas tromper par les récits mensongers et les propos calomnieux que colporte la haine, comme s'il s'agissait de questions de rite ou de nationalité, ainsi qu'on le prétend. Il s'agit en effet, vénérables frères et bien-aimés fils, d'accorder ou de refuser obéissance au Siège apostolique.] Il s'agit de reconnaître sa puissance, même sur vos églises, non seulement quant à la foi, mais encore quant à la discipline. Celui qui la nie est hérétique, celui qui la reconnaît et qui refuse opiniâtrement de lui obéir est digne d'anathème. Que ceux donc qui se sont écartés du droit chemin en envisageant autrement les choses, se hâtent de venir à résipiscence; que tous, s'ils sont animés à l'égard de leur patriarche d'une sincère charité, comme ils le doivent, fassent tous leurs efforts pour le ramener à la bonne voie, soit par leurs avertissements, soit par leurs exhortations, soit par leurs prières à Dieu, comme le Seigneur l'inspirera à chacun.



Léon XIII, Let. "Eximia Nos laetitia", à l'évêque de Poitiers, (19 juillet 1893):

[Ses membres prétendent que leur unique préoccupation est d'affirmer le droit propre et originel de l'Eglise, et qu'ils n'ont rien de plus à coeur que de voir sa liberté à l'abri de toute action des pouvoirs humains. Ils trouvent la garantie la plus absolue et la défense la plus sûre de cette liberté en ce que les évêques retiennent dans une perpétuelle stabilité la place qu'ils ont occupée dans la sainte hiérarchie; d'où il est interdit de les éloigner de leur siège et de leur dignité.

A coup sûr, un homme de bon sens ne croira jamais que les droits et la liberté de l'Eglise tiennent plus au coeur de quelques particuliers ou de quelques évêques, que du Saint-Siège lui-même, et de la Mère et Maîtresse de toutes les Eglises, tellement que pour procurer ce bien, l'Eglise romaine ait besoin des excitations de ceux qui, pour vouloir être et se faire considérer comme vrais catholiques, lui doivent avant tout soumission et obéissance. S'il faut reconnaître, il est vrai, et considérer comme un droit acquis et consacré, que nul évêque ne saurait être éloigné de son siège et de sa dignité par les pouvoirs humains, il ne faut pas non plus faire difficulté d'admettre que la même chose est permise au Siège apostolique, en raison de sa suprême autorité sur les agneaux et sur les brebis, toutes les fois que l'exigent de graves conjonctures et le bien suprême de l'Eglise. (...)

Il ne peut donc y avoir aucune cause fondée en droit, pour que] ces hommes [, quels qu'aient été d'ailleurs les premiers chefs de ceux dont il s'agit aujourd'hui, se soient] séparés de la très sainte communion de l'univers catholique. Qu'ils ne s'appuient ni sur l'honnêteté de leurs moeurs, ni sur leur fidélité à la discipline, ni sur leur zèle à garder la doctrine et la stabilité de la religion. L'Apôtre ne dit-il pas ouvertement que tout cela ne sert de rien sans la charité (a)? [Absolument aucun évêque ne les considère et ne les gouverne comme ses brebis. Ils doivent conclure de là avec certitude et évidence qu'ils sont des transfuges du bercail du Christ. Qu'ils entendent ce cri de saint Ignace, homme (du temps) apostolique et martyr illustre : "Je vous écrirai de nouveau si, par faveur de Dieu, j'apprends que vous tous et chacun, sans aucune exception, vous êtes unis dans une même foi sous le seul Jésus-Christ, obéissant à l'évêque et à ses prêtres, rompant dans l'unité d'un même esprit le pain unique clans lequel se trouve la source de l'immortalité (b)". Ou encore : "Abstenez-vous des herbes nuisibles que ne cultive point Notre Seigneur Jésus-Christ; elles n'ont point été plantées par le Père. Quiconque est de Dieu et de Jésus-Christ est avec l'évêque, et quiconque revient, conduit par la pénitence, à l'unité de I'Eglise, est de Dieu et (est) selon Jésus-Christ.] Ne vous y trompez pas, mes frères, si quelqu'un suit les fauteurs du schisme, celui-là n'est point héritier du royaume de Dieu (b)."

A cela revient aussi qu'ils ne se peuvent rien promettre des grâces et des fruits du perpétuel sacrifice et des sacrements qui, tout en étant administrés avec sacrilège, étaient cependant valides et servaient en quelque manière à cette forme et apparence de la piété, que désigne saint Paul (c) et dont parle plus longuement saint Augustin. "La forme de la branche, dit très justement ce dernier, peut être visible, même en dehors de la vigne, mais la vie invisible de la racine ne peut être conservée que dans l'union avec le cep. C'est pourquoi les sacrements corporels, que d'aucuns conservent et prônent en dehors de l'unité du Christ, peuvent garder l'apparence de la piété. Mais la vertu invisible et spirituelle de la vraie piété ne peut y résider, pas plus que la sensibilité ne demeure dans un membre amputé (d)." Mais n'ayant plus un seul prêtre qui adhère à leur doctrine, ils ne peuvent même plus se prévaloir de cette apparence de la piété. Ils n'ont plus les sacrements, sauf le baptême, qu'ils confèrent, dit-on, sans solennité aux enfants; baptême fructueux pour ceux-ci, pourvu qu'à l'âge de discrétion ils n'adhèrent point au schisme, mais mortel pour ceux qui l'administrent, car, en le conférant, ils font volontairement acte de schisme (e).


(a) - Cf. I Cor., XIII, 3.
(b) - Ad Philad., III.
(c) - Cf. II Timoth., III, 5.
(d) - Serm., LXXI, in Matth., 32.
(e) - Suscipientibus quidem, modo quum adoleverint schismate abstineant, profuturum, sed mortiferum dantibus, quippe qui id agant voluntario schismate impliciti.



Léon XIII, Enc. "Etsi multa" (21 novembre 1873):

Les premiers éléments mêmes de la doctrine catholique enseignent que personne ne peut être considéré comme évêque légitime, s'il n'est uni par la communion de la foi et de la charité avec la pierre sur laquelle est bâtie l'Eglise de Jésus-Christ, s'il n'adhère au Pasteur suprême à qui sont confiées toutes ses brebis [afin qu'il les paisse, et s'il n'est lié à celui qui est chargé de confirmer la fraternité qui est dans le monde. En effet, "Notre Seigneur parla à Pierre; il ne parla qu'à un seul pour fonder l'unité sur un seul" (a) - "La divine faveur a confié une grande et admirable participation de son pouvoir" à Pierre, et si elle voulut qu'il eût quelque chose de commun avec les autres princes, elle n'accorda jamais que par son intermédiaire ce qu'elle ne voulut pas refuser aux autres "(b). D'où il suit que de ce Siège apostolique où le bienheureux Pierre vit et préside, et accorde à ceux qui la cherchent la vérité de la foi (c), émanent tous les droits de la sainte communion" (d); et ce même Siège "est certainement aux autres Eglises répandues dans le monde entier ce que la tête est aux autres membres du corps;] et quiconque se sépare de ce Siège devient étranger à la religion chrétienne, puisqu'il a cessé de faire partie de sa structure (e).

[Le Pape appuie ses affirmations d'un texte de saint Cyprien (f). - Il prononce l'excommunication contre les schismatiques. - Il encourage les évêques fidèles par un texte de saint Jean Chrysostome (g). (NdA: la synthèse est telle quelle entre crochets dans la source originale)]

(a) - S. Pacien, ad Sympron., ep. 3, n° II.
(b) - S. Léon, Serm. 3 in sua assumpt.
(c) - S. Pierre Chrys., ep. ad Eutych.
(d) - Conc. Aquil., inter ep. Ambros., ep. XI, n°4
(e) - S. Boniface I, ep. 14, ad episc. Thess.
(f) - Contra Novatian., ep. 52, ad Antonian.
(g) - Hom. ante exil. n°1 et 2.



Léon XIII, Let. Est sane molestum (17 décembre 1888) - à l'archevêque de Tours:

[Il est assurément pénible et douloureux de traiter avec sévérité ceux qu'on chérit comme des enfants; mais en agir ainsi, quoique cela coûte, est quelquefois un devoir pour ceux qui ont à travailler au salut des autres et à les maintenir dans la voie de la sainteté. Une plus grande sévérité devient nécessaire lorsqu'il y a des raisons de craindre que le mal ne s'accroisse avec le temps et ne tourne au détriment des âmes. Voilà, vénérable frère, les motifs qui vous ont poussé à user de vos pouvoirs pour censurer un état certainement répréhensible, et parce qu'il est injurieux à l'autorité sacrée des évêques, et parce qu'il attaque non point un seul, mais un grand nombre d'entre eux, en dépeignant leurs actes et leur gouvernement en termes acrimonieux, les citant, pour ainsi dire, à son tribunal, comme s'ils avaient manqué à leurs devoirs les plus grands et les plus sacrés.

Non, il ne faut en aucune façon supporter que des laïques, qui professent le catholicisme, en viennent jusqu'à s'arroger ouvertement, dans les colonnes d'un journal, le droit de dénoncer et de critiquer, avec la plus grande licence, et suivant leur bon plaisir, toutes sortes de personnes, sans en excepter les évêques, et croient qu'il leur est permis d'avoir en tout, sauf en ce qui regarde la foi, les sentiments qu'il leur plaît, et de juger tout le monde à leur fantaisie.

Dans le cas présent, il n'y a rien, vénérable frère, qui puisse vous faire douter de notre assentiment et de notre approbation. C'est notre premier devoir de veiller, unissant nos efforts aux vôtres, à ce que la divine autorité des évêques demeure inviolable et sacrée. Il Nous appartient aussi de commander et de faire que, partout, elle reste forte et honorée, et qu'en tout, elle obtienne des catholiques la juste soumission et le juste respect qui lui sont dus. En effet, le divin édifice qui est l'Eglise s'appuie véritablement, comme sur un fondement manifeste à tous, d'abord sur Pierre, ensuite sur les Apôtres et sur les évêques leurs successeurs. Les écouter ou les mépriser, c'est écouter ou mépriser Notre-Seigneur Jesus-Christ lui-même (a). Les évêques forment la partie la plus auguste de l'Eglise, celle qui instruit et gouverne, de droit divin, les hommes; aussi, quiconque leur résiste et refuse opiniâtrement d'obéir à leur parole s'écarte de l'Eglise (b). Mais l'obéissance ne doit point se renfermer dans les limites des matières qui touchent la foi : son domaine est beaucoup plus vaste, il s'étend à toutes les choses qu'embrasse le pouvoir épiscopal. Pour le peuple chrétien, les évêques ne sont pas seulement des maîtres dans la foi, ils sont aussi placés à sa tête pour régir et gouverner, responsables du salut des hommes que Dieu leur a confiés et dont un jour ils devront lui rendre compte. C'est pour cela que l'apôtre saint Paul adresse aux chrétiens cette exhortation : "Obéissez à ceux qui sont à votre tête et soyez-leur soumis, car ils veillent sur vous et doivent rendre compte de vos âmes" (c).

Il est, en effet, constant et manifeste qu'il y a dans l'Eglise deux ordres bien distincts par leur nature : les pasteurs et le troupeau, c'est-à-dire les chefs et le peuple. Le premier ordre a pour fonction d'enseigner, de gouverner, de diriger les hommes dans la vie, d'imposer des règles; l'autre a pour devoir d'être soumis au premier, de lui obéir, d'exécuter ses ordres et de lui rendre honneur. Que si les subordonnés usurpent le rôle du supérieur, c'est, de leur part, non seulement faire un acte d'injurieuse témérité, mais encore c'est bouleverser, autant qu'il est en eux, l'ordre si sagement établi par la Providence du divin fondateur de l'Eglise.] S'il se trouvait, par hasard, dans les rangs de l'épiscopat, un évêque ne se souvenant pas assez de sa dignité et paraissant infidèle à quelqu'une de ses saintes obligations, il ne perdrait, malgré cela, rien de ses pouvoirs, et, tant qu'il demeurerait en communion avec le Pontife romain, il ne serait certainement permis à personne d'affaiblir en quoi que ce soit le respect et l'obéissance qu'on doit à son autorité. Par contre, scruter les actes épiscopaux et les critiquer, n'appartient nullement aux particuliers, mais cela regarde seulement ceux qui, dans la hiérarchie sacrée, ont un pouvoir supérieur, et surtout le Pontife suprême, car c'est à lui que Jésus-Christ a confié le soin de paître partout non seulement les agneaux, mais encore les brebis (d). Tout au plus, quand les fidèles ont de grands sujets de plaintes, leur est-il permis de déférer la cause entière au Pontife romain, pourvu toutefois que, gardant la prudence et la modération conseillées par l'amour du bien commun, ils ne se répandent point en cris et en objurgations, ce qui contribue plutôt à faire naître les divisions et les haines, ou certainement à les augmenter.

(a) - Cf. Luc, X, 16.
(b) - Cf. Matth., XVIII, 17.
(c) - Hebr., XIII, 17.
(d) - Cf. Jean, XXX, 17.




La discussion

 Quelques bonus..., de Athanasios D. [2004-03-08 12:49:21]
      d'où proviennent..., de Lux Æterna [2004-03-08 16:34:15]
          Hum..., de Athanasios D. [2004-03-08 16:55:27]
      Et pourtant, de Scribe [2008-12-08 22:07:14]