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Le "journal du conclave" écorne le mythe du secret le mieux gardé au monde Imprimer
Auteur : Pierre Marciani
Sujet : Le "journal du conclave" écorne le mythe du secret le mieux gardé au monde
Date : 2005-09-30 16:47:20

Le "journal du conclave" écorne le mythe du secret le mieux gardé au monde

La publication cette semaine en Italie du "journal du conclave" d'un cardinal anonyme, qui révèle les conditions de l'élection du pape Benoît XVI, est une première dans l'histoire récente de l'Eglise et paraît traduire un désir grandissant de transparence dans le choix de son chef spirituel.

Le "journal", publié par la prestigieuse revue de géopolitique Limes, est jugé vraisemblable et authentique par de nombreux observateurs de la vie vaticane.

"L'ensemble du récit est cohérent avec ce que m'ont confié au moins six ou sept cardinaux sur les deux jours du conclave" réuni dans la chapelle sixtine les 18 et 19 avril derniers pour élire le nouveau pape, a déclaré à l'AFP le vaticaniste américain John Allen, auteur d'un livre sur le conclave récemment publié en anglais et en espagnol.

Le journaliste Lucio Brunelli, l'auteur du "scoop" de Limes, est connu pour son sérieux professionnel.

Tombé en désuétude dans une large partie du monde sous la poussée des idées démocratiques, le secret entourant l'accession au pouvoir des dirigeants est encore de règle au Vatican.

Comme l'ont fait avant eux d'autres "princes de l'Eglise", les 115 cardinaux qui ont choisi Benoît XVI pour succéder à Jean Paul II ont juré de ne rien révéler du vote et des délibérations du conclave.

Mais la constitution "Universi Dominici Gregis" promulguée par Jean Paul II ne punit plus d'excommunication ceux qui violeraient cette règle mais seulement d'une faute "grave".

Pour autant, la constitution énumérait dans les moindres détails les précautions à prendre pour éviter fuites ou espionnage, commandant notamment de brûler deux fois par jour non seulement les bulletins de vote, mais également les notes prises par les cardinaux durant le conclave.

Antonio Pelayo, un religieux journaliste à la télévision espagnole, relève que même dans le passé, "on a toujours eu des bribes d'information sur le huis-clos des conclaves".

"Mais cette fois-ci, c'est la première fois que l'on a accès au journal d'un cardinal, avec ses commentaires et des notes de couleur", souligne le journaliste espagnol.

"C'est un message que les temps ont changé, et une manière indirecte de dire au monde que le cardinal Joseph Ratzinger, élu très rapidement en quatre tours de vote, n'a pas dû son élection à un plébiscite, avec seulement sept voix de plus que le quorum des deux-tiers requis, et que d'autres auraient préféré un autre pape", estime-t-il.

Les révélations de Limes, qui n'ont provoqué aucun commentaire du Vatican, remettent en question le rôle qu'a pu jouer durant le conclave le cardinal italien Carlo Maria Martini, représentant de l'aile la plus progressiste, alors donné par la presse comme le champion des réformateurs.

En fait, si l'on en croit les notes du prélat anonyme, Mgr Martini a rassemblé sur sa personne neuf voix au premier tour, moins que ne l'avaient laissé croire des "confidences" à chaud lâchées par d'autres cardinaux.

La véritable surprise du conclave fut le score du cardinal argentin Jorge Maria Bergoglio, qui eut dix voix au premier tour puis 35 et 40 voix aux deux tours suivants avant de signifier qu'il ne voulait pas être élu.

"Je l'ai observé pendant qu'il allait déposer son bulletin dans l'urne posée sur l'autel de la chapelle sixtine. Il avait le regard fixé sur l'image de Jésus procédant au jugement dernier et le visage douloureux, comme s'il implorait +mon Dieu, ne me faites pas cela+", écrit le chroniqueur.

Le journal non autorisé décrit les gestes et les mimiques du cardinal signifiant à ses pairs son refus. Il confirme ainsi des affirmations de Mgr Bernard Fellay, le chef de file des catholiques intégristes de la fraternité Saint Pie X fondée par l'évêque schismatique Marcel Lefebvre. Mgr Fellay, évoquant des sources personnelles fiables, avait raconté que Mgr Bergoglio, ne se sentant pas prêt, avait préféré se désister.

afp


La discussion

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      Toujours aussi hallucinant, de Leopardi [2005-09-30 19:32:38]
          Et si c'était...., de Morgane [2005-10-01 09:06:22]
      La plume d'un cardinal ? , de Cyprien [2005-10-01 12:34:47]