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JUIN 2001 A JUILLET 2003

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Auteur : Wonder
Sujet : Un peu d'air frais !
Date : 2003-07-09 08:35:57

...avec une bonne méditation

MEDITATION DU PERE DUPONT - TROISIEME PARTIE - MÉDITATION L

D'UN ISRAÉLITE QUI TOMBA ENTRE LES MAINS DES VOLEURS, ET FUT SECOURU PAR UN SAMARITAIN.

§ I. LE VOYAGEUR TOMBE ENTRE LES MAINS DES VOLEURS.
Un docteur de la loi ayant fait un jour à Notre-Seigneur cette demande : Qui est mon prochain, afin que je puisse l'aimer comme moi-même? Il lui répondit par la parabole suivante : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains des voleurs, lesquels le dépouillèrent ; et après qu'ils l'eurent couvert de plaies, ils s'en allèrent le laissant à demi-mort (Luc, X, 29-30).
Je considérerai, en premier lieu, quel est cet homme qui descend de Jérusalem à Jéricho, quels sont les voleurs qui l'arrêtent, de quels biens ils le dépouillent, quelles blessures ils lui font, et comment ils le laissent à demi-mort sur le chemin.

Premièrement. Cet homme représente les enfants du premier Adam. Enfants de DIEU, et Ses amis par la grâce, comme leur père, et destinés comme lui à devenir les concitoyens de la Jérusalem céleste, ils viennent à déchoir de cet heureux état, et se tournant vers les biens de ce monde misérable et changeant, figuré par Jéricho, nom qui signifie lune, selon les interprètes. Ils descendent donc, entraînés par leur affection déréglée aux choses périssables, et par une application immodérée aux affaires temporelles.

Secondement. Ce même homme rencontre dans son chemin des voleurs rusés et cruels : ce sont les démons, nos ennemis jurés. Ils ne cherchent qu'à nous perdre, tantôt par leurs tentations et leurs suggestions perfides ; tantôt en nous dressant des embûches, ou en nous attaquant à force ouverte ; tantôt en nous suscitant des ennemis visibles, qui sont le monde et la chair, c'est-à-dire les hommes pervers qui dominent dans le monde, et les passions mauvaises qui règnent dans notre chair corrompue. Or celui-là, dit le Sauveur, tombe entre leurs mains, qui se laisse rendre à leurs artificieuses insinuations, et consent au péché mortel.

Troisièmement. Les biens qu'ils lui ravissent sont la grâce sanctifiante, les sept dons du Saint-Esprit, la charité, avec les vertus morales et infuses dont elle n'est jamais séparée. En particulier, ils dérobent aux uns la chasteté, aux autres l'humilité ; à ceux-ci la patience, à ceux-là la tempérance, à plusieurs l'obéissance, et ainsi des autres vertus. Il arrive même qu'ils parviennent à nous arracher la foi, en nous précipitant dans des péchés d'infidélité ; ou à nous enlever, l'espérance, en nous faisant tomber dans le désespoir. Car leur désir le plus véhément est d'anéantir en nous tout ce qui porte l'empreinte de DIEU. Détruisons Jérusalem, s'écrient-ils dans leur fureur, détruisons-la jusque dans ses fondements.

Quatrièmement. Quant aux blessures et aux plaies qu'ils font à celui qu'ils viennent de dépouiller, ce sont le trouble et le désordre qu'ils mettent dans ses puissances. Ils lui remplissent l'esprit de ténèbres et d'erreurs ; ils affaiblissent sa volonté et la rendent lâche à résister au vice ; ils réveillent ses appétits sensuels et excitent ses passions à la recherche des biens temporels. En un mot, tout ce qu'il y a en lui d'illusions, de mouvements déréglés et d'inclinations doit être regardé comme autant de plaies qu'il reçoit de ses cruels ennemis.

Cinquièmement. De sorte que ce malheureux n'est en vérité qu'à demi-vivant, car il ne lui reste plus que la lumière de la foi, ou même que la seule lumière de la raison : mais il est en même temps à demi-mort, parce que ayant perdu la grâce, il se trouve dans un danger continuel de mourir éternellement.

Après avoir pesé mûrement chacune de ces considérations, je rentrerai en moi-même, et je reconnaîtrai que je suis l'homme dont il est parlé dans cette parabole. Vivement touché de mon malheur, je le déplorerai en disant du fond de mon âme : C'est moi qui, en m'attachant aux bien extérieurs de ce monde, ai négligé de conserver la grâce que DIEU m'avait conférée dans le baptême ; c'est moi qui suis tombé entre les mains des démons, mes implacables ennemis, ou plutôt, c'est moi qui me suis livré à eux sans combat, car je n'avais qu'à leur résister pour les mettre en fuite (Jac., IV, 7). Je n'avais qu'à implorer le secours de DIEU et des anges, et Ils seraient accourus pour me défendre ; car il n'y avait pas moins d'anges auprès de moi pour me secourir que de démons pour me tenter. J'aurais même pu dire avec le prophète Elisée : Mes défenseurs sont plus nombreux que mes agresseurs (IV Rois, VI, 16). Malheureux que je suis, faut-il que je me sois laissé dépouiller par des voleurs que je pouvais facilement repousser ! Malheur à moi qui ai perdu les dons célestes et la grâce de mon DIEU ! Oh ! que j'ai reçu de plaies ! Depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, il n'y a rien de sain en moi (Is., I, 6). Toutes les puissances de mon âme, tous les sens de mon corps ont leurs blessures, et quoique je suis encore vivant, il est vrai de dire que je touche de plus près à la mort qu'à la vie, car à tout moment je puis mourir et mourir pour jamais.
O DIEU éternel, jetez les yeux de Votre miséricorde sur ce misérable pécheur, avant qu'il meure d'une mort si funeste.

§ II. L'INSENSIBILITE D'UN PRETRE ET D'UN LEVITE, ET LA COMPASSION D'UN SAMARITAIN.
Or il arriva qu'un prêtre descendait par le même chemin, et, l'ayant vu, il passa outre. Un lévite qui était près de là, le voyant aussi, passa de même. Mais un Samaritain qui voyageait, vint jusqu'à lui, et le voyant, fut ému de compassion (Luc, X, 31-33).
Je considérerai, en second lieu, quels sont ce prêtre et ce lévite qui passent outre sans secourir le blessé, et quel est le Samaritain qui a pitié de lui.
Premièrement. Le prêtre et le lévite représentent les hommes constitués en quelque dignité que ce soit. Ils sont puissants, il est vrai ; mais il n'est pas en leur pouvoir de guérir les plaies d'un pécheur. Ils ont des yeux pour voir sa misère ; ils n'ont pas par eux-mêmes la faculté de la soulager. Ils sont donc contraints de le laisser dans son triste état, et de poursuivre leur chemin. D'autres sont peu sensibles aux maux de leur prochain, parce que pleins d'eux-mêmes, ils sont absorbés par la seule pensée de se procurer tout le bien-être qui dépend de leurs efforts. D'autres croient avoir assez de leurs propres affaires. N'ont-ils pas, eux aussi, les voleurs à éviter ? et, s'ils s'arrêtent à secourir un blessé, ne s'exposent-ils pas à être saisis et maltraités à leur tour ? Finalement, nulle créature ici-bas ne peut s'occuper de cet infortuné ; et, s'il ne lui vient d'en-haut un prompt secours, il faut qu'il périsse.

Secondement. Le Samaritain qui a compassion de lui, c'est le Verbe éternel le Fils du DIEU vivant, qui, selon la signification du mot Samaritain, est le gardien, le défenseur et l'asile des affligés. Ce Verbe divin, touché du malheur de l'homme, résolut de descendre de la Jérusalem céleste sur la terre, de Se faire homme Lui-même, de vivre comme les autres hommes, et de marcher dans les voies que suivent communément les hommes. Le désir qu'Il eut de Se rendre semblable à eux en toutes choses, à l'exception du péché, Le porta jusqu'à converser familièrement avec les pécheurs, ce qui Le fit passer pour un pécheur et pour un Samaritain, c'est-à-dire pour un homme abominable, dans l'opinion des juifs (Jean, VIII, 48). Mais la calomnie ne L'empêcha jamais de regarder d'un œil favorable les pauvres pécheurs qu'Il voyait dénués de Sa grâce, assujettis au démon et dans un danger manifeste de se perdre éternellement.
O charitable Samaritain, vrai DIEU et vrai homme, gardien fidèle et puissant protecteur de ceux qui ne savent ni ne peuvent se défendre ; qui nous sauvera de tant d'ennemis, qui nous préservera de tant de dangers, si Vous ne venez à notre secours ? Si DIEU ne protège une cité, c'est en vain que veillent ses gardiens (Ps., CXXVI, 2). Que deviendrons-nous, Seigneur, si Vous n'avez pitié de notre misère? Moise et avec lui tout l'ordre des prêtres et des prophètes de l'ancienne loi, ont passé ; et ils n'ont pu guérir nos plaies, parce que, blessés eux-mêmes, ils avaient aussi besoin de remède. Les sectes des scribes des pharisiens ont passé ; mais ces esprits orgueilleux, ces cœurs durs n'ont eu aucune compassion pour les pécheurs. Pour Vous, ô très miséricordieux Samaritain, Vous avez passé en faisant du bien, et en guérissant tous ceux qui étaient sous l'oppression du démon (Actes, X, 38). Je Vous rends grâces de la bonté ineffable que Vous nous avez témoignée, et du bienfait insigne que Vous nous avez accordé en remédiant à nos maux : car sans Vous, ils seraient demeurés incurables.

§ III. LES SOINS QUE PRODIGUE LE SAMARITAIN AU BLESSE QU'IL A RECUEILLI.
Le Samaritain s'étant approché du blessé, banda ses plaies, après y avoir versé de l'huile et du vin. Il le mit ensuite sur son cheval, le mena à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le jour suivant, il tira de sa bourse deux deniers d'argent qu'il donna à l'hôte, en lui disant : Ayez soin de cet homme-là, et tout ce que vous aurez dépensé de plus, je vous le rendrai à mon retour (Luc, X, 33-35).
Je considérerai, en troisième lieu, la manière dont ce divin Samaritain exerce Sa miséricorde envers les hommes, et les bienfaits sans nombre dont Il ne cesse de les combler. Car Sa compassion ne s'arrête pas à des paroles ; elle passe jusqu'aux effets.

Premièrement. Il s'approche du blessé. S'Il ne venait pas visiter le pécheur, jamais le pécheur ne pourrait se mettre en disposition de Le chercher.
O mon Jésus, je reconnais que comme l'enfant prodigue, j'ai quitté Votre maison et me suis éloigné de Vous ; que je me suis vu réduit à une misère extrême, étendu sur la terre, et manquant de force pour me lever et recourir à Vous. Mais Votre miséricorde m'a prêté une main secourable, elle m'a visité et prévenu par de pressantes inspirations, elle s'est approchée de moi pour toucher mon cœur et me guérir de mes blessures. Que toutes les créatures Vous louent à jamais de ce que Vous avez daigné venir jusqu'à moi qui m'était, hélas, tant éloigné de Vous !

Secondement. Il panse et bande les plaies de cet homme sans en négliger une seule ; Il prend de toutes le plus grand soin. Mais de quels remèdes et de quels bandages se sert-Il?
O divin Sauveur, ô Médecin charitable ; Vous tarissez en un instant le sang de nos blessures ; en un moment Vous arrêtez le débordement de nos vices ; en moins de rien Vous réprimez l'impétuosité de nos passions. Les remèdes et les bandages que Vous employez, c'est Votre grâce divine, c'est le don de la charité, ce sont les autres vertus que Vous nous communiquez pour nous justifier c'est-à-dire pour purifier nos âmes des péchés que nous avons commis, et les préserver de ceux que nous commettrions encore sans Votre secours. Oh ! qu'elle est incompréhensible la tendresse que Vous avez pour nous, Vous qui avez montré tant de dureté pour Vous-même ! Votre amour, dans le dessein d'expier nos crimes, Vous a tout couvert de plaies ; il Vous a chargé de chaînes ; il Vous a enfin attaché à une croix. Je Vous conjure, Seigneur, par Vos plaies sacrées, de vouloir bien guérir les miennes ; je Vous supplie, par les liens qui ont inhumainement serré Vos mains innocentes, de me lier si étroitement à Vous, que je renonce désormais à la liberté de mes sens, pour ne plus penser qu'à résister à mes mauvais penchants, et à reproduire en moi Vos vertus.

Troisièmement. Le Samaritain verse de l'huile et du vin sur les plaies du blessé. Ainsi le Sauveur, par Ses sacrements pleins d'efficacité, dans lesquels Il a renfermé les richesses de Sa grâce et de Sa miséricorde, oint les pécheurs, les panse et les guérit, les fortifie et les soutient, les remplit enfin d'une joie toute céleste.
O divin Samaritain, que Vous êtes descendu du ciel bien pourvu de tous les remèdes nécessaires à la guérison de nos blessures ! Que sont, en effet, les sacrements que Vous avez institués, sinon des vases précieux remplis de l'huile de la grâce et du vin le plus excellent, celui de la charité, que Vous versez sur nos plaies ? Oignez-moi, Seigneur, de cette huile de joie, fortifiez-moi par ce vin mystérieux, guérissez-moi si parfaitement, que rien ne m'empêche de m'offrir et de me dévouer tout entier par reconnaissance à Votre service. A vos sacrements, Vous ajoutez un autre remède : celui de Votre parole. Nous l'entendons de la bouche des prédicateurs, nous la lisons dans les saintes Ecritures, où nous rencontrons à chaque page deux sortes de vérités. Les unes, tendres et affectueuses, nous portent à la pénitence par le motif de l'amour ; les autres, terribles, nous y excitent par le motif de la crainte ; les unes et les autres produisent en nous des affections diverses, de saints désirs, qui nous sont d'une utilité merveilleuse pour accomplir l'œuvre de notre salut. Faites, Seigneur, que nous trouvions dans Votre parole la lumière, et la force dans Vos sacrements.

Quatrièmement. Le Samaritain voyant cet homme si affaibli, qu'il lui était impossible de se servir de ses pieds, le mit sur Son cheval. Ainsi notre divin Sauveur a-t-Il voulu charger Son corps adorable du poids de nos iniquités. Avec l'aide de Sa grâce et le secours de Ses saintes inspirations, Il nous fait marcher aussi rapidement dans le chemin de la vertu, que s'Il nous portait Lui-même sur Ses épaules : tant le joug de Sa loi et l'observance de Ses préceptes nous paraissent doux et légers.

Cinquièmement. Poursuivant Son œuvre de miséricorde, Il retire le pécheur du chemin funeste où les voleurs l'ont assailli ; Il le soustrait aux occasions dangereuses pour son salut, et Il le conduit dans une hôtellerie magnifique, sûre et commode, qui est la sainte Eglise catholique. Là, le malade passera agréablement et en toute sécurité le temps de la convalescence. La sollicitude de son libérateur ne l'abandonnera pas. Par une providence toute paternelle, Il continuera d'avoir soin de lui, en donnant des ordres pour que rien ne lui manque jusqu'à ce qu'il ait recouvré une santé parfaite.
O charité infinie de mon JESUS, ô Souverain médecin des âmes, comment pourrai-je Vous remercier dignement de toutes les faveurs dont Vous m'avez comblé ? Que les anges exaltent à jamais Votre ineffable bonté, et que mon âme soit inconsolable de ne pouvoir Vous en rendre de justes actions de grâces. Soyez béni, ô mon DIEU, Vous qui avez daigné verser l'huile et le vin sur mes plaies, et me secourir si charitablement dans l'extrémité où je me trouvais réduit. Soyez mille fois béni de m'avoir arraché à de si nombreux périls, et de m'avoir placé dans Votre Église, comme dans une très riche hôtellerie. Mais ce n'est pas tout. Vous avez encore voulu me délivrer des embarras et des dangers du monde, et pour cela Vous m'avez appelé à Vous servir dans l'état religieux ; Vous m'avez conduit de Votre propre main dans ce jardin fermé, planté au milieu de Votre Église, dans lequel Vous recueillez ceux de Vos fidèles que Vous destinez à une plus haute perfection. Pour ce bienfait inappréciable, soyez donc un million de fois béni !

Sixièmement. Enfin, quand ce Maître et Seigneur de toutes choses, montant au ciel, s'éloigna de nous selon Son humanité, Il ne se déchargea pas du soin qu'Il avait des hommes. Il recommanda à l'intendant et aux domestiques de Sa maison, c'est-à-dire à Son Vicaire sur la terre, à tous les prélats de l'Église, et aux supérieurs des communautés religieuses, de ne rien épargner pour le soulagement et la guérison des malades et des blessés qui leur seraient confiés. Il leur donna en partant deux deniers, qui représentent les qualités nécessaires pour s'acquitter avec succès des fonctions de leur emploi. Ces qualités sont la vertu et la science ; les grâces qui nous rendent saints, et les grâces appelées gratuites, qui se donnent pour l'utilité du prochain, comme sont les pouvoirs attachés à l'ordre et à la juridiction. Il leur ordonna de plus, si les deux deniers ne suffisaient pas, d'ajouter tout ce qui dépendrait d'eux pour le bien des malades. Ils ne se contenteront pas de satisfaire à ce qui serait d'obligation ; ils leur prodigueront encore les soins de surérogation qui leur seront suggérés par une tendre charité. Et pour les y exciter plus efficacement, Il leur promet que, quand Il viendra juger le monde, Il les récompensera libéralement de toutes leurs peines.
C'est ici, ô mon DIEU, que mon esprit est saisi d'étonnement, et que ma langue demeure muette. Que puis-je faire, sinon Vous louer en silence de Votre miséricorde infinie et de Votre paternelle providence envers ceux qui sont destitués de tout secours ? Je supplie Votre divine majesté d'inspirer à tous les prélats de Votre Église une volonté efficace d'accomplir avec zèle tout ce que Vous leur recommandez, afin que, quand Vous viendrez juger les hommes, Vous trouviez les pauvres pécheurs justifiés, et les pasteurs charitables comblés de mérites.

§ IV. CONCLUSION DE LA PARABOLE.
Je considérerai, en quatrième lieu, la conclusion pratique que le Sauveur tire de cette parabole ; Il adressa donc au docteur qui L'avait interrogé la question suivante : Lequel de ces trois vous semble avoir été le prochain de celui qui tomba entre les mains des voleurs ? C'est, répondit le docteur, celui qui a usé de miséricorde envers lui. Et JÉSUS lui dit : Vous avez raison. Allez, et faites de même (Luc, X, 36-37)
La charité de Notre-Seigneur se découvre ici plus admirablement encore en deux manières.

Premièrement. Il nous recommande à tous d'avoir compassion les uns des autres. Il veut que nous exercions la charité envers le prochain, que nous le soulagions dans ses besoins corporels et spirituels, à l'exemple du Samaritain, qui tout étranger qu'il est, se montre plus miséricordieux envers un Israélite affligé, que les prêtres mêmes et les lévites de la nation juive.

Secondement. Il se donne Lui-même tacitement pour modèle d'une charité parfaite. Il semble dire : Je me suis dépeint Moi-même sous la figure de ce Samaritain, afin que vous soyez aussi charitable les uns envers les autres que Je l'ai été envers vous. Regardez bien ce que J'ai fait pour un pécheur abandonné et faites-en autant pour quiconque aura besoin de votre secours. Soulagez les corps et les âmes et en cela soyez généreux, soyez prodigues. Faites beaucoup plus que ce qui est de précepte, comme J'ai fait incomparablement plus qu'il n'était nécessaire pour votre salut. Payez-moi ainsi de l'amour excessif que Je vous porte ; et quand Je viendrai juger le monde, Je vous paierai à mon tour avec usure de tout ce que vous aurez fait pour vos frères. La mesure de gloire que Je verserai alors dans votre sein sera une mesure pleine, pressée et surabondante (Luc, VI, 38).
O mon doux Sauveur, je prends la résolution d'aimer mon prochain comme Vous nous avez aimé Vous-même, et d'exercer la miséricorde envers lui comme Vous l'avez exercée à notre égard. Ainsi imiterai-je parfaitement, selon mon pouvoir, Celui à qui je suis si redevable, et qui mérite d'être honoré et glorifié par toutes les créatures, durant les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


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