J'en suis arrivé à la conclusion que l'éclipse de l'Eglise était totale et qu'il était vain de chercher à s'appuyer sur une quelconque structure de secours car il n'y a pas de structure de secours, pas de canot de sauvetage.
La barque de Pierre semble, apparemment au moins, s'être évaporée et nous nous retrouvons tous dans une mer déchaînée où nous risquons à tout moment de périr. Il nous faut pourtant arriver sain et sauf au rivage qui est le Ciel. Je crois que cette éclipse est due au fait que l'Eglise depuis plusieurs décennies ne produit plus de saints.
Et une Eglise qui ne produit plus de saints n'est plus l'Eglise militante. Elle a beau avoir un pape, des cardinaux, des evêques et des prêtres, peut-on dire qu'elle est encore l'Eglise de Jésus-Christ?
Que Mgr Lefebvre ait eu d'incontestables mérites et notamment celui de résister, fût-ce tardivement et incomplètement, à Vatican II et qu'il fut le seul évêque courageux et lucide à le faire avec Mgr de Castro Mayer, qui songerait à le nier? Pour cela, on lui doit une certaine reconnaissance
Mais de là à le canoniser, il y a loin. Mgr Lefevre était un évêque conservateur, diplomate, très politique, par certains côtés un peu politicien, mais sûrement pas un nouveau saint Pie X comme le disent beaucoup de ses partisans
Mais comme il n'a jamais voulu aller au bout de ses choix pour des raisons mystérieuses (prudence? crainte de la division de la FSSPX? vertige du vide? manque de courage, pressions de son entourage, que sais-je?), il a fini par excommunier successivement (et même simultanément)ceux qui se réclamaient d'un pan de sa pensée et de son action,
à sa gauche les "ralliés" traités de tous les noms et considérés comme des traîtres dont il ne voulait plus entendre parler
sa droite les guérardiens et les sédévacantistes, ignominieusement chassés, traités de fous et d'ultras (demandez à l'abbé Guépin, vous verrez)