...les hommes étant ce qu’ils sont : il n’est pas rare qu’en voulant combattre un travers, ils tombent dans un autre. Mais encore une fois, abusus non tollit usum, et inspiré par Dieu comme il l’était, saint Paul ne pouvait nous donner aucun conseil intrinsèquement mauvais. Je viens de relire une étude de Mgr Journet sur la conversion du Cardinal Newman, et il cite de lui (Apologia, ch. V) des réflexions qui rejoignent celle que j’avais extraite de sa Lettre au Duc de Norfolk :Plus tard, on objectera à Newman qu’étant soumis à un pouvoir infaillible, qui « impose aux hommes comme il veut et quand il veut de nouveaux dogmes de foi, quels qu’ils puissent être », il ne peut donc pas dire « si demain il ne devra pas répudier ce qu’il croit aujourd’hui ». Il répondra alors, en théologien catholique, que l’infaillibilité ne peut jamais rien définir qui ne soit réellement contenu dans l’Écriture et la Tradition : « Rien ne peut m’être imposé qui soit d’une nature différente de ce que je crois déjà, ni rien, à plus forte raison, qui soit d’une nature opposée. La nouvelle vérité qui est promulguée, si on peut l’appeler nouvelle, doit du moins, considérée dans ses rapports avec l’ancienne vérité, être une vérité homogène, parente, contenue implicitement en celle-ci. Elle doit être telle que j’aie toujours pu deviner qu’elle était renfermée dans la révélation apostolique, et désirer qu’elle le fût. »
En note, Journet ajoute ce commentaire : « Le pape ne peut définir ni les choses contraires au dépôt révélé ni les choses étrangères, comme, par exemple, le nombre des étoiles du ciel. »