A Meneau : le sort des enfants morts
Arnaud Dumouch -  2010-11-25 06:03:46

A Meneau : le sort des enfants morts

Cher Meneau,

VOS OBJECTIONS : Le premier problème c'est que l'âme intellective (et spirituelle) apprend, grandit, forme son jugement jusqu'à être capable de poser un choix libre - l'âge de raison - par les expériences qu'elle fait dans ce corps. Comment fait votre ectoplasme pour se forger un jugement humain libre, une conscience humaine capable de décider du bien et du mal. Elle ne pourrait pas, et du coup se retrouverait éternellement en attente ?

Comme je le dis dans une autre réponse, il faut revenir si la théorie de saint Thomas qui dit que les morts sont de purs esprits. Les NDE (que connaissait déjà saint Augustin) indiquent que les morts gardent la totalité de leur vie sensible. Donc les enfant grandissent et se fortifient, entre ce monde et l'autre, par leurs sens (comme tous les enfants normaux). Un texte de saint Augustin ;

« L’âme se sépare du corps, emportant tout avec elle : la sensibilité, l’imagination, la raison, l’intellection, l’intelligence, l’appétit concupiscible et l’appétit irascible. » Saint Augustin, De l’esprit et de l’âme, Chap. 15. S. Augustin dit encore : « Nous croyons que seul l’homme possède une âme subsistante qui, séparée du corps, continue à vivre et garde vivants ses sens et son intelligence. » Commentaire du livre de Qohelet, Chap. 16.


Deuxième problème : si l'acte libre en question est l'acte final où l'âme se détermine, et étant donné que jusque là l'âme n'était pas capable de pécher ni de mériter, et si de surcroît elle est débarrassée du fomes peccati, alors il ne peut y avoir qu'une seule détermination possible : celle pour le bien. Vous tenez donc que TOUTES les âmes des enfants morts sans baptême sont sauvées ?

L'enfant se trouve donc dans ce second purgatoire que l'Ecriture appelle le shéol, entre ce monde et l'autre. Il grandit et se fortifie dans sa vie spirituelle. Le fomes peccati lui est-il enlevé ? Ce n'est pas sûr du tout. Car Dieu ne le prive probablement pas de la croix, qui est apte à façonner en lui "un coeur brisé et un esprit humilié". Ce qui est sûr, c'est que, à l"heure du choix final, Lucifer reçoit l'autorisation de lui présenter comme à tout homme, l'enfer. Théoriquement, il peut donc y avoir des enfants qui refusent le salut. Cependant, sainte Thérèse de l'enfant Jésus avait l'opinion suivante : "Un petit enfant, ça ne se damne pas".