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Theonas -  2010-11-24 09:46:18

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La personne se trouve dans une pleine possession de ses moyens et le "Fomes peccati" est enlevé.

J'avais parfaitement compris votre thèse. C'est précisément cette soustraction de l'inclination au mal qui est irrecevable. J'ai parlé de sensibilité réduite pour qualifier cet état qui relève pour moi de la science-fiction. Vous parlez, vous, de soustraction de certains déterminismes, de certains conditionnements psychologiques permettant à l'homme de se prononcer sans faiblesse. Nous avons ici une proposition de salut qui n'est plus faite à l'homme réel, mais à un homme au rabais. Je maintiens cela et c'est parfaitement en lien avec votre incompréhension de la profondeur de la Miséricorde divine. Vous cherchez à résorber le paradoxe que j'ai soulevé plutôt que d'entrer dans son mystère. Sachant de toute éternité ce que vous allez faire de ses grâces, Dieu pourrait s'abstenir de nous les donner, sachant que de toute façon nous allons mal les utiliser ou de toute façon en user à bon escient... Pourquoi donc intervenir? C'est là dans l'acceptation de la tension que pose ce paradoxe que se situe la réponse. Je sais parfaitement que tout l'effort de la théologie consiste à chercher à comprendre le mystère, mais je sais tout autant qu'au départ de toute saine démarche théologique il faut poser que le mystère est quelque chose que l'on n'aura jamais fini de comprendre. Or votre solution tend à dissoudre le mystère de la Miséricorde. Votre système fonctionne selon le principe des vases communicants: ce que vous retirez de densité incarnée à l'homme pour faire son salut vous le réinjectez dans votre compréhension de la miséricorde qui s'exprimerait dans ce lieu imaginaire de transit: où l'homme est encore doté de ses facultés sensibles mais diminuées. En clair, en évacuant la fomes peccati vous enlevez toute la densité de la réalité humaine sub peccati, hors c'est elle que le Christ est venu transformer, il l'a prise en compte intégralement, c'est en cela qu'il est sauveur, parce que sa grâce s'est rendu accessible à nous malgré toutes les conséquences du péché. Votre thèse est dangereuse car elle laisse suggérer que ce n'est pas le cas puisqu'il faut pour certains encore que soit enlevé la fomes peccati, c'est en définitive douter de la grâce et de la Miséricorde divine, c'est porter atteinte à son oeuvre de salut.