Theonas - 2010-11-23 22:46:00
salut pour ectoplasme
Ce qui est gênant dans toute la théologie d'Arnaud, c'est sa dimension désincarnée, puisque le choix ultime se fait non par l'homme réel, incarné avec tous ses attributs sensibles, mais par une sorte d'ectoplasme en transit vers la mort. Ce qui est fort troublant c'est que cette désincarnation du salut a besoin de s'adosser à une réduction de la Miséricorde divine dans des catégories temporelles et sensibles. Je m'explique. Ce que je perçois du mystère et de la Miséricorde de Dieu est plus profond. La grâce reçue ou refusée se situe dans le temps mais elle est donnée hors du temps. Dieu étant hors du temps, il sait d'avance ce que nous ferons dans 3 jours, 10 ans, 40 ans, il sait d'avance si vous êtes damné ou sauvé, et pour autant nous sommes bel et bien libres.
Sur un plan nous marchons vers notre salut ou notre damnation en étant seuls responsables, sur un autre nous sommes secourus par toutes les grâces, sur un troisième toutes ses grâces et tous nos choix qui s'y rapportent Dieu en connaît déjà le résultat, il sait si nous les ferons mûrir pour qu'elles nous obtiennent le salut ou non.Le paradoxe résidant dans le fait que sachant de toute éternité ce que vous allez en faire Dieu pourrait s'abstenir de nous les donner, sachant que de toute façon nous allons mal les utiliser ou de toute façon en user à bon escient... Pourquoi donc intervenir? Parce que cela dépend vraiment de nous-mêmes ici-bas, c'est ici, dans notre chair, dans notre corps que le ciel touche rencontre la terre. C'est ici que ces ces deux lignes, l'une temporelle et l'autre éternelle se croisent? Comment est-ce possible, compréhensible? Je ne peux répondre autrement qu'en ayant une totale confiance en la Miséricorde de Dieu. Je sais que son amour préside à tout. Mais c'est un mystère qu'il ne faut surtout pas réifier. Or Arnaud réifie, objectivise.
Mais pour le faire il doit créer une catégorie imaginaire, un lieu, où des hommes à la sensibilité réduite,presque désincarnés, voit le Christ. On est dans le destruction totale du mystère, dans l'affadissement total de la miséricorde bref dans l'objectivation et cette objectivation-réification est idolâtre, elle est le produit des peurs, projection de l'imagination orgueilleuse, de la sensibilité, bref de tout le contraire de ce qu'il prétend (lui qui prêche l'humilité, qui dit que c'est l'amour et par la crainte qui doivent guider la foi).
Au final c'est la destruction de notre religion qui est celle du Dieu incarné proposant son salut à l'homme, composé de matière et d'âme.
C'est toute la question de la prédestination qui est en jeu ici. Plutôt que d'en méditer la profondeur, Arnaud, à la matière symétriquement inverse des protestants, referme le dogme qui est ouvert à la Miséricorde transcendante de Dieu en lui substituant une catégorie totalement humaine de miséricorde, projection de sa sensibilité et qui se déploie dans un lieu imaginaire. C'est le symétrique inverse des protestants qui refermaient, pour se rassurer, la profondeur du dogme en produisant un Dieu qui destine certains hommes à la damnation. Les deux le font avec la peur comme moteur principal, expression de leur manque de confiance en la Miséricorde divine. Les protestants en affirmant que Dieu a destiné certains à l'enfer et qu'il est possible d'en avoir une connaissance, puisque la foi seule sauve et que les oeuvres humaines si elles sont fécondes (au sens de rentables écomoniquement) sont la marque de la bienveillance de Dieu à notre égard; Arnaud en fantasmant au Christ qui vient après la mort proposé son salut à des sortes d'ectoplasme.