La faute est infinie parce que l'offensé est infini
Arvernis -  2010-11-23 18:58:17

La faute est infinie parce que l'offensé est infini


En effet, comment un châtiment éternel et infini pouvait-il être prononcé en rétribution de fautes commises sur cette terre, fautes dont la portée, même pour les plus graves, ne pouvait être que finie du fait de notre condition humaine limitée ?

Vous faite une erreur très grave : la portée de la faute ne vient pas de la condition de l'offenseur mais de celle de l'offensé, et s'il a fallu que ce soit le fils de Dieu qui fut immolé pour réparer nos péchés, c'est parce que seule une offrande infinie pouvait racheter une offense infinie. Aucun homme, dans les pires souffrances, n'aurait pu racheter les fautes de l'humanité, car un sacrifice fini (dans le sens de limité) ne pouvait racheter une offense infinie car faite à Dieu. Et si aujourd'hui par nos pénitences nous pouvons racheter nos fautes, ce n'est que parce que ces pénitences sont faites en union avec le sacrifice de la Croix. La souffrance qui n'est pas unie à celle du Christ n'a aucune valeur, elle est stérile.

car à ce moment de la mort, l’homme devient pleinement et infiniment conscient du choix qu’il va faire

Vous commettez ici une deuxième erreur. Vous confondez les hommes et les anges. Les anges de part leur grande intelligence, sont des êtres déterminés. C'est à dire que lorsqu'ils ont fait un choix, ils ne peuvent revenir dessus. Pour autant cela ne signifie pas qu'ils sont pleinement et infiniment conscients du choix qu'ils font, car seul Dieu a la connaissance infinie. Pour autant leur intelligence est très grande et leur permet d'embrasser un nombre de paramètres bien plus importants que nous, d'où leur détermination. Quant aux hommes, leurs intelligence est bien plus limitée, ils ne sont donc pas déterminés et peuvent revenir sur leurs décisions. C'est pour cela que Dieu donne à l'homme maintes et maintes chances de se rattraper pour relever sa volonté défaillante. Et encore une fois, l'homme n'étant pas Dieu, il ne peut avoir une conscience infini de la portée de ses actes, et pour autant, Dieu lui donne les grâces nécessaires pour savoir s'il fait bien ou mal, pour faire son salut et se sauver. Votre conception oublie une chose : c'est que Dieu est amour, Il donne de l'amour et Il attend en retour de l'amour. Et l'amour a comme exigence de se donner. Dieu s'est donné sur la Croix, il demande en retour notre adhésion à ce grand mystère qu'est son amour infini pour nous, même si nous ne comprenons pas tout de par notre nature limitée. Et n'oubliez pas une chose : la damnation n'est pas le rejet d'une âme par Dieu, c'est le rejet de Dieu par une âme, c'est l'âme qui rejette Dieu pour son plus grand malheur. Cela va très loin, car cela montre que même dans la damnation, même à l'instant où l'âme choisit de se séparer de Dieu pour l'éternité, Dieu respecte son libre arbitre. Or si nous n'avions pas ce libre arbitre nous ne pourrions choisir et donc nous ne pourrions aimer. Et Dieu nous a donné ce libre arbitre pour que nous faisions le choix de l'aimer.