Vatican II ne bafoue pas "Quas primas".
Arnaud Dumouch -  2010-11-21 19:54:44

Vatican II ne bafoue pas "Quas primas".

Cher Scribe,

VOUS ECRIVEZ : Je note que si Vatican II, ce magnifique renouveau de l'Eglise a défini des points nouveaux, comment les insérez-vous dans le Magistère antérieur infaillible qu'il bafoue comme "Quas Primas" ?

Vatican II ne baffoue pas l'encyclique "Quas primas". La FSSPX fait juste une erreur épistémologique entre texte PASTORAL et texte DOCTRINAL. Je vous donne un exemple sur la liberté religieuse :

Redemptor hominis, n°17 a écrit: Parmi ces droits de l'homme, on compte à juste titre le droit à la liberté religieuse à côté du droit à la liberté de conscience.

Voilà ce que disait l'Eglise avant Vatican II:

Grégoire XVI, Mirari vos a écrit: De cette source empoisonnée de l'indifférentisme découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire: qu’on doit procurer et garantir à chacun la liberté de conscience ; erreur des plus contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette liberté absolue et sans freins des opinions qui, pour la ruine de l’Eglise et de l’état, va se répandant de toutes parts, et que certains hommes, par un excès d’impudence, ne craignent pas de représenter, comme avantageuse à la religion. "Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l’erreur !" disait saint Augustin.

Or, l'Eglise ne peut dire tout est son contraire... SOLUTION : il y a ici une opposition uniquement en apparence car ces deux textes ne se situent pas au même niveau. Vatican II donne une doctrine Magistérielle et rappelle, comme une doctrine universelle du salut, que

Dieu a créé l'homme comme uine personne dotée de liberté et même susceptible de le rejeter.

Grégoire XVI, lui, parle en parteur du XIX° s. à une époque où le fragile

ordre pastoral

établi après les guerres de religions est en train de passer et il dit, paniqué :

"N'ouvrez pas les portes de l'enclos ! Si vous le faites, si vous laissez les brebis libre de vagabonder dans la forêt, le loup les dévorera".

Le premier texte est donc doctrinal et infaillible. Le second est pastoral et daté. Les tenants de Mgr Lefbvre n'ont pas vu cette différence de perspective et en ont perdu la confiance. ils ont cru que l'Esprit ne conduisait plus l'Eglise. Mais ils reviendront peut-être cette fois, lorsque Jésus fera ce geste :

Luc 8, 23 Tandis qu'ils naviguaient, il s'endormit. Et une bourrasque s'abattit sur le lac ; ils faisaient eau et se trouvaient en danger. Luc 8, 24 S'étant donc approchés, ils le réveillèrent en disant : "Maître, maître, nous périssons!" Et lui, s'étant réveillé, menaça le vent et le tumulte des flots. Ils s'apaisèrent et le calme se fit. Luc 8, 25 Puis il leur dit : "Où est votre foi?"

Mais où seront vos enfants le jour où l'Esprit Saint conduira l'Eglise à sa vraie passion ? Qui gardera la foi cette fois là ?