Suite. " La lumière s’est levée sur ceux qui étaient assis dans la région de l’ombre de la mort. " Il y a cette différence, je crois, entre la mort et l’ombre de la mort, que la mort est le partage de ceux qui sont descendus aux enfers avec leurs œuvres, tandis que l’ombre de la mort est l’état de ceux qui sont aussi dans le péché, mais qui n’ont pas encore quitté cette vie et qui peuvent, s’ils le veulent, faire pénitence. — S. Chrys. (sur S. Matth.) On peut dire aussi que les Gentils étaient assis dans l’ombre de la mort, parce qu’ils adoraient les idoles et les démons, tandis que les Juifs qui faisaient les œuvres de la loi n’étaient que dans les ténèbres, parce que la justice de Dieu ne leur était pas encore clairement révélée. S. Chrys. (hom. 10 Sur S. Matth.) Il faut bien comprendre qu’il n’est pas ici question de lumière ou de ténèbres sensibles ; c’est pour cela que l’Évangéliste appelle cette lumière une grande lumière, et ailleurs la vraie lumière (cf. Jn 5, 9), de même que pour désigner les ténèbres, il emploie cette expression d’ombre de la mort. Voulant ensuite nous montrer que ce n’est pas en cherchant eux-mêmes Dieu qu’ils l’ont trouvé, mais que Dieu s’est manifesté à leurs regards, il dit que la lumière s’est levée et a brillé sur eux. En effet, ils n’ont pas couru les premiers au devant de la lumière, car avant la venue de Jésus-Christ les hommes étaient plongés dans des maux extrêmes, ils ne marchaient pas dans les ténèbres, mais ils y étaient assis, signe évident qu’ils n’espéraient pas de délivrance. Ils ne savaient plus de quel côté marcher ; enveloppés tout entiers par les ténèbres, ils ne pouvaient plus même se tenir debout, et se voyaient forcés de s’asseoir. Les ténèbres désignent ici l’erreur et l’impiété. ... etc ...
Catena aurea Cordialement Meneau