676 Cette imposture antichristique se dessine déjà dans le monde chaque fois que l’on prétend accomplir dans l’histoire l’espérance messianique qui ne peut s’achever qu’au-delà d’elle à travers le jugement eschatologique : même sous sa forme mitigée, l’Église a rejeté cette falsification du Royaume à venir sous le nom de millénarisme (cf. DS 3839), surtout sous la forme politique d’un messianisme sécularisé, " intrinsèquement perverse " (cf. Pie XI, enc. " Divini Redemptoris " condamnant le " faux mysticisme " de cette " contrefaçon de la rédemption des humbles " ; GS 20-21).
Le seul désir qui est légitime, c'est d'instaurer la royauté spirituelle du christ par la grâce sur les âmes. Cela n'a rien de politique. C'est une vie spirituelle et morale. Pour le signifier, l'Eglise interdit aujourd'hui à tout prêtre de se présenter à une élection nationale. Ceci n'empêche pas qu'il est un devoir pour les chrétiens de s'engager en politique. Mais attention au rêve de jadis d'une domination de César par l'Eglise. Quant à l'annonce par le CEC de la future kénose de l'Eglise (CEC 675, 677), elle n'est pas en jeu ici. Même si, comme l'annoncerait Marthe Robin (c'est contesté par ses disciples), la France connaît un renouveau catholique, il faudra cette fois maintenir la spiritualité de ce renouveau et éviter le catholicisme politique du XIX° s.