Gentiloup - 2010-08-07 13:35:00
Il existe à ce sujet
un important article du professeur Dominique MILLET-GERARD, paru dans le N° 3 de la revue "Pierre d'angle" (1997) que vous pouvez éventuellement toujours commander ici.
l'article est intitulé: "Méditation sur le Mystère animal" et ne concerne donc qu'une partie de votre question.
Cet article couvre les pages 181 à 206 de la revue, c'est dire qu'il fait le tour de la question en profondeur. C'est dire aussi qu'il m'est impossible de vous en faire un résumé spontané.
Cependant, pour vous donner un avant-goût, voici recopié, la demi-première page de l'article qui est absolument passionnant:
Elle commence par cette citation de Léon Bloy:
"On ne remarque pas assez que les bêtes sont aussi mystérieuses que l'homme et on ignore profondément que leur histoire est une écriture en image où réside le secret divin" (Léon Bloy)
"Le mardi de la Passion, le missel tridentin nous invite à méditer sur le miracle du "discernement" des lions de Babylone qui ont laissé intact le prophète Daniel que le Roi leur avait jeté en pâture (Daniel 14, 28-42).
De nombreux récits de martyrs chrétiens - on songe bien sûr à Blandine - reprendront ce motif de la "fera domita", de la bête sauvage apaisée au contact de l'Esprit. "Eratque cum bestiis, et angeli ministrabantur illi" (Marc 1, 13). On sait comme le doux Saint-François, dont la fin du XIXè siècle relit avec délice les fioretti, faire en une parole du carnassier dévastateur de Gubbio, "son frère le loup". Saint-Macaire, père du Désert, fit pénitence pour avoir tué une puce: la Légende Dorée dont s'inspira toute la délicieuse peinture agiographique de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, évoque à propos de la Nativité ce foin sur lequel la Vierge coucha l'Enfant-Dieu et que "le boeuf et l'âne n'avait pas voulu manger". Puis ce sera le gracieux petit âne de la fuite en Égypte, préfigurant celui des Rameaux et assorti dans une merveilleuse gravure de Schongauer, de lézards, d'un perroquet, d'un cerf et d'une biche qui tous célèbrent, dans un cadre d'idylle, le passage du Seigneur. Et la littérature d'inspiration chrétienne prendra le relais."
L'auteur annonce le sujet page 183:
"Ce sera pour nous l'occasion de nous interroger, à travers les exemples pris dans la littérature française, sur le mystère de l'animal qu'a si profondément vu Léon Bloy. Ignorer ce mystère, c'est dangereusement côtoyer le matérialisme ou la gnose. L'interroger c'est se pencher sur le statut de l'homme lui-même au sein de la nature et en tirer une leçon d'intelligence, d'humilité et de charité."
Je ne résiste pas à ajouter ce dernier couplet du poème "clairière dans le Ciel" de Francis James:
"Ah faites mon Dieu, si vous me donnez la grâce
de Vous voir face à face aux jours d'Éternité,
Faites qu'un pauvre chien contemple face à face
celui qui fut son dieu parmi l'humanité."
(Cité par D. Millet-Gérard dans le même article.)
En vous souhaitant le bonheur de lire ces pages admirables!