Soit, relisons Newman !
Vianney -  2010-08-07 11:25:11

Soit, relisons Newman !

Ce n’est pas l’égal d’un Père de l’Église, mais c’est certainement un auteur intelligent et courageux qui n’a pas attendu une quelconque “corporate reunion” pour entrer dans l’Église catholique. Les “tradis” qui rappellent, sur ce forum ou ailleurs, l’enseignement de saint Paul aux Galates, trouveraient sans doute un écho de leurs propres commentaires en plusieurs endroits de la Lettre au Duc de Norfolk, par exemple dans les “remarques sur le chapitre V” de son Post-scriptum, qui répond aux objections faites par l’ancien premier ministre Gladstone sur l’infaillibilité :

J’ai dit : « Le pape, qui relève de la Révélation, n’a pas juridiction sur la nature » ; ce qui voulait dire : sur la loi naturelle. M. Gladstone écrit : « En dernier lieu, il est vain de nous dire que le pape est lié par la loi morale et divine, par les commandements de Dieu, par les règles de l’Evangile, car de tout cela, sans aucune exception, le pape lui-même est juge sans appel » (p. 102). Autrement dit, M. Gladstone pense que le pape peut nier et frapper d’anathème la proposition : « Dieu existe », et qu’il peut faire mettre en circulation par le cardinal Antonelli pour l’instruction des évêques tout un Syllabus de propositions de ce genre touchant des « thèses erronées ». Les catholiques estiment que c’est impossible car ils croient à une Providence divine qui protège l’Eglise. Mais admettons, pour argumenter, qu’un pape viole de façon aussi insensée la loi naturelle et révélée. Nous connaissons les conséquences qu’aurait un tel acte pour un pape. Le cardinal Turrecremata nous enseigne, et je l’ai cité, que « si le pape ordonnait quelque chose qui aille à l’encontre de l’Ecriture sainte, des articles de foi, de la vérité des sacrements ou des commandements de la loi naturelle et divine, il ne faudrait pas lui obéir mais ignorer de tels ordres » (supra, p. 228). D’autres, et qui sont les plus grands théologiens ultramontains, estiment qu’un pape qui enseigne une hérésie cesse ipso facto d’être pape.

V.