Discussions-doctrinales-et-un-et-deux-et-trois
Scribe -  2010-06-17 23:01:32

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Après la libération de la messe et la levée de l’excommunication, quelques esprits se disaient de manière ingénue que c’était au tour de la Fraternité Saint-Pie X de relancer la balle, comme si les actes posés dans l’histoire de l’Église n’étaient que des pas de danses ou de courtoises réciproques issues de traités de galanterie. Des expressions toutes faites furent répétées à satiété : « il faut répondre à la main tendue par le Saint Père », « l’histoire ne repasse pas les plats », « agissons tant que Benoît XVI est toujours vivant » furent à n’en point douter les phrases parvenues au top cinquante des dîners mondains de ce qu’il est convenu d’appeler le « tradiland » et, plus largement, le « catholand ». C’était oublier qu’il y a, au-dessus de ce bas monde, un Dieu qui veille avec amour sur ses fils et que ses desseins sont plus surnaturels que nos visions somme toute « hautement » naturelles, lesquelles se comptent en semaines d’impatience et en années de trépignement. C’était également ignorer que cette Fraternité n’est rien, qu’elle n’a aucun pouvoir, ni celui de libérer les rites, ni même celui de lever les sanctions, a fortiori celui de revigorer le Magistère. Il était par conséquent illusoire de demander à ce que l’abbé de Tanoüarn dénommait avec justesse « un aiguillon dans l’Église » l’équivalent de ce qu’un pape pouvait accorder non pas à cette société mais à toutes les âmes. La messe de saint Pie V a été donnée non pas à la Fraternité (qui l’avait déjà) mais à tous les fidèles. La fin des censures a offert une bouffée d’oxygène à toute l’Église et non uniquement à une société de quelques centaines de prêtres qui, de toute manière, n’y croyaient guère. Benoît XVI est bien moins ingénu que ces quelques penseurs manquant d'esprit surnaturel. En un troisième texte, sans doute le plus important, probablement le moins marquant, il a renvoyé dos à dos les caricaturistes et les déserteurs. Il admettait que le problème était doctrinal et que des discussions de fond étaient nécessaires. D’un seul coup de stylo, celui de sa signature, il anéantissait les espoirs d’accords pratiques, relativisant ceux du passé, annihilant ceux qui auraient pu être conclus à l’avenir. Il disait plus ou moins que si quelqu’un tient honnêtement à un discours traditionaliste cohérent, il devait passer l’épreuve de l’examen doctrinal de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. D’une certaine manière, en exigeant que les tenants de la Tradition franchissent les fourches caudines d'une interprétation contrôlée pour être conformes aux normes actuelles, il reconnaissait les limites de l’herméneutique de la continuité.

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