Essai de réponse.
Etienne -  2010-04-26 11:26:32

Essai de réponse.

L'accusation:

"l'Église a péché en tant qu'institution"

est fausse à double titre. D'abord parce qu'une institution ne peut, en soi, pécher. Seul l'homme et l'ange peuvent pécher. Mais une institution, non. Une accusation à l'encontre de l'Église ne pourrait être que de deux ordres: - soit quant à son identité : l'Église n'est pas cette Église une, sainte, catholique et apostolique. Elle n'est pas le seul canal de la Grâce, etc. - soit quant à l'échec de sa mission : enseigner et sanctifier. Il faudrait pour cela prouver que l'Église enseigne l'erreur (et que l'enseignement est sensé être infaillible de part le sujet, l'objet, et la nature de la déclaration) ou qu'elle encourage à l'impiété (d'une façon sensée être infaillible, comme par exemple le caractère foncièrement mauvais d'un rite universel, l'enseignement de l'erreur en matière de moeurs, etc.). C'est là que les choses se corsent : l'Église, en tant qu'institution divine, ne peut enseigner l'erreur ou encourager l'impiété. Cela contredirait directement l'Évangile. Il faudrait donc conclure, en toute logique, que l'institution qui enseigne l'erreur ne peut être l'Église, au moins formellement (même si elle en garderait éventuellement l'identité matérielle, ou tout au moins l'apparence). En bref, le cas n°2 nous ramène au cas n°1. En toute autres matières, on retombe dans le prudentiel, donc dans la faute (ou accusation de faute) à titre individuel. Et l'exercice peut se révéler fort périlleux. En effet, il peut s'agir dans ce cas du juger le passé avec une structure mentale, un contexte historique et des données de bases souvent très éloignés du fait (ou de la personne) jugé. C'est par exemple le cas des jugements à l'emporte pièce à l'encontre de Pie XII. Il peut également s'agir de juger le présent, "la tête dans le guidon" (si vous me passez l'expression), sans aucun recul, sous l'emprise de la fièvre collective sensationnaliste, et sans tenir aucunement compte des grâces d'état de la personne mise au pilori. On a, chez les tradis, quelques spécimens intéressants de bonnes âmes prêtes à distribuer des bon ou des mauvais points de catholicité au pape en fonction de son calendrier. Bref, tout cela nous mène à la conclusion suivante : accuser l'Eglise de pécher est absolument absurde. L'accuser d'errer lui ferait perdre instantanément son identité, au moins formellement. Reste les jugements individuels des hommes d'Église, souvent trop simplistes et peu charitables.