Il n’est pas question...
Vianney -  2010-03-03 08:13:15

Il n’est pas question...

...pour un simple fidèle de “juger” qui que ce soit, mais ce n’est pas non plus ce que demande saint Paul : il nous demande de comparer les enseignements. C’est donc qu’il estime tout fidèle, armé de sa foi, suffisamment “compétent” pour cela. Même en laissant le soin aux théologiens de déterminer le degré d’autorité de Quanta Cura et de Dignitatis Humanæ, ces documents sont d’ordre doctrinal, ils prétendent s’appuyer sur la Révélation, et ils s’adressent à l’Eglise universelle. La principale différence entre les deux, c’est que l’enseignement de Pie IX est conforme à celui de ses prédécesseurs, proches ou lointains (le pape en cite plusieurs, de saint Léon à Grégoire XVI), ce qui n’est pas le cas de celui de Vatican II. Le R.P. Congar, expert chargé de la question, a même reconnu après coup que Dignitatis Humanæ n’avait aucun fondement dans l’Ecriture Sainte ! Une autre différence est que Pie IX condamne explicitement les contradicteurs, tout comme saint Pie X d’ailleurs. Ce dernier a même imposé à tous les prêtres le serment antimoderniste.

Cependant si Pierre n'est pas Pierre l'Eglise n'est plus Eglise !

L’Eglise est une personne morale, elle ne se résume pas à un homme. Vous voulez voir en lui une sorte d’assurance “omnium”, mais l’Eglise, je l’ai déjà expliqué ailleurs, ne vous suit pas sur ce point : et là, il ne s’agit plus de l’opinion de simples théologiens, mais de constitutions apostoliques, de décrets, etc. ayant pour auteurs des papes (Innocent III, Paul IV, saint Pie V) très sourcilleux sur les prérogatives attachées aux successeurs de Pierre. V. N.B. Il ne s’agit pas non plus seulement de cas purement théoriques : j’ai rappelé le jugement de l’Eglise sur le pape Honorius, et l’opposition de saints évêques au pape Pascal II. Paul IV, quant à lui, visait un ou plusieurs cardinaux “papabile” : le futur saint Pie V, grand inquisiteur à l’époque, avait été chargé de l’enquête, il connaissait bien le dossier, et il a confirmé la législation de Paul IV.