Rupture dans la continuité ou continuité dans la rupture?(Oesope)
En effet la suite logique de la Liberté religieuse c'est le dialogue inter-religieux tel qu'il est depuis Vatican II pratiqué au plus haut niveau de l'Église et de façon souvent caricaturale aux niveaux inférieurs. Car les textes sur "la liberté religieuse et sur la liberté des religions du monde" sont liés ainsi que le remarque pertinemment le cardinal Ratzinger:“De tous les textes du IIe Concile du Vatican, la constitution pastorale «sur l’Eglise dans le monde de ce temps» (Gaudium et spes) a été incontestablement le plus difficile et aussi, à côté de la constitution sur la liturgie et du décret sur l’œcuménisme, le pus riche en conséquences. Par sa forme et la direction de ses déclarations, il s’écarte dans une large mesure de la ligne de l’histoir des conciles et permet, par le fait même, plus que tous les autres textes, de percevoir la physionomie spéciale du dernier Concile. C’est pourquoi il a été considéré de plus en plus après le Concile comme le véritable testament de celui-ci...» «…La Constitution comprend par «monde» un vis-à-vis de l’Eglise. Le texte doit servir à les amener tous les deux dans un rapport positif de coopération dont le but est la construction du «monde»… «…un deuxième élément de base caractéristique du texte: le concept du dialogue comme étant son caractère formel fondamental. Le Concile dit-on, «ne saurait donner une preuve plus parlante de solidarité, de respect et d’amour à l’ensemble de la famille humaine … qu’en dialoguant avec elle...» «…la finalité du dialogue est « la construction d’un société humaine» … et les Pères étaient pressés par le besoin de faire pour l’humanité quelque chose de concret, de visible et de tangible.» «...le texte, et plus encore les délibérations où il a pris naissance, respirent un optimisme étonnant. Si l’humanité et l’Eglise coopéraient, il semblait que plus rien ne serait impossible. L’attitude de réserve critique à l’égard des forces déterminantes du monde moderne devait être effacée par une insertion résolue dans leur mouvement. «…Si l’on cherche un diagnostic global du texte, on pourrait dire qu’il est (en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur le religions du monde) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-Syllabus. Harnack, on le sait, a interprété le Syllabus de Pie IX tout simplement comme un défi à son siècle; ce qu’il y a de vrai, c’est qu’il a tracé une ligne de Séparation devant les forces déterminantes du XIXe siècle: les conceptions scientifiques et politiques du libéralisme. «… l’attachement unilatéral, conditionné par la situation, aux positions prises par l’Eglise à l’initiative de Pie IX et de Pie X contre la nouvelle période ouverte par la Révolution française avait été dans une large mesure corrigé via facti; mais une détermination fondamentale nouvelle des rapports avec le monde tel qu’il se présentai depuis 1789 manquait encore.» «… Contentons-nous ici de constater que le texte joue le rôle d’un contre-Syllabus dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Eglise avec le monde tel qu’il était devenu depuis 1789...»
Cela fait un effet bizarre de lire cela sous la plume du futur Benoît XVI... Mais on peut reconnaître qu'il s'y est tenu et qu'il ne peut surprendre personne dans le dialogue inter-religieux tel qu'il le mène.