Que faites-vous d’autre quand vous m’objectez qu’un état catholique n’est plus possible aujourd’hui ?(Anton :) D'autre part il ne me semble pas avoir eu recours à l'argument époque.
Avant tout, un rappel :(Anton :) Vatican II développe, la doctrine antérieure sur certains points, une herméneutique théologique est nécessaire, pour l'enseignement qui restant celui de la tradition, doit être précisé simplement.
L’essentiel, en tout cas, est de bien voir que l’enseignement d’aujourd’hui et de demain n’aura jamais le pouvoir d’effacer au point de contredire celui de toujours : “Car le Saint-Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu'avec son assistance ils gardent sainement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le dépôt de la foi.” Source : Pastor Æternus (Vatican I)
Autrement dit : l’enseignement de l’Eglise ne fait que reprendre celui du Christ, ce qui exclut toute contradiction entre deux enseignements successifs. Si on découvre une telle contradiction, c’est que le nouvel enseignement ne vient pas de l’Eglise.Vous rêvez ! Au contraire de ce que vous venez d’affirmer, je ne pars que des textes. Question : êtes-vous capable de les lire ? Définition de la liberté religieuse selon Dignitatis Humanæ (Vatican II) :(Anton : ) Le problème c'est que vous partez de ce constat, et non du texte (erreur de méthode qui vous est fatale).
Le Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part soit des individus, soit des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu'en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience, ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d'autres.
Quelles sont donc ces “justes limites” dont parle DH ? Réponse dans le même document :C’est pourquoi le droit à cette immunité persiste en ceux-là même qui ne satisfont pas à l'obligation de chercher la vérité et d’y adhérer ; son exercice ne peut être entravé dès lors que demeure sauf un ordre public juste.
C’est tout à fait clair pour moi : selon DH, seul le maintien d’un ordre public juste peut constituer une “juste limite” à l’exercice du droit à la liberté religieuse. Vous vous affirmez d’ailleurs bien d’accord avec cette interprétation :Or, c’est précisément cette opinion, je vous l’ai rappelé, que Pie IX a condamnée dans Quanta Cura (et qui avait déjà valu l’excommunication à Lamennais sous le pontificat précédent) :(Anton :) Reconnaissant la liberté de conscience, l’on ne peut la brimer. Mais un état doit empêcher certains au nom de cette liberté, de troubler l’ordre public
Et contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l'Église et des saints Pères, ils affirment sans hésitation que : “la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n'est dans la mesure où la tranquillité publique le demande”
La contradiction entre les deux enseignements est donc parfaitement établie, et elle est doctrinale, tous les deux prétendant s’appuyer sur l’enseignement du Christ. Contradiction qui apparaît encore plus évidente dans le § 4 de Dignitatis Humanæ, que vous citez in extenso à Meneau, alors que même des défenseurs de DH comme l’abbé Lucien reconnaissent qu’il sent le souffre :La liberté religieuse demande, en outre, que les groupes religieux ne soient pas empêchés de manifester librement l'efficacité singulière de leur doctrine pour organiser la société et vivifier toute l'activité humaine.
L’efficacité singulière de leur doctrine ! Comme s’il s’agissait d’organiser une saine concurrence entre la vérité et l’erreur dans une sorte de supermarché des religions : que le meilleur gagne ! En voulant prouver l’orthodoxie de DH, vous ne faites que l’enfoncer au regard de la doctrine catholique. Cette citation, de même que vos dernières réponses à Meneau, plaide sans doute en faveur de votre sincérité, mais elle achève en même temps de me convaincre que nous n’appartenons plus à la même religion. Vous êtes une victime inconsciente de cette “révolution en tiare et en chape” qui nous avait été annoncée il y a plus d’un siècle, et dont les hommes d’Eglise, avec la permission de Dieu et pour notre châtiment, se sont malheureusement faits les instruments. V.