Balivernes ?
Vianney -  2010-02-17 06:21:44

Balivernes ?


Quel passage de DH interdit dont à un état de favoriser la religion catholique ? Lui demande de retirer de sa constitution que la religion catholique ne doit pas être celle de l'état ?

Le problème n’est pas là : ce que Vatican II a amené l’Etat espagnol à reconnaître dans sa constitution (Fueros de los espanoles) c’est la liberté religieuse au for externe (art. 6, § 2) :

L’Etat assumera la protection de la liberté religieuse, qui sera garantie par une tutelle juridique efficace sauvegardant à la fois la morale et l’ordre public.

Le même paragraphe contenait jusqu’alors le texte suivant, approuvé par l’Eglise :

Personne ne sera inquiété pour ses croyances religieuses, ni pour l’exercice privé de son culte. Il ne sera pas permis d’autres cérémonies, ni d’autres manifestations extérieures que celles de la Religion Catholique.

Ce n’est donc pas une question pratique de plus ou moins grande tolérance : la contradiction porte sur les principes dont se réclament deux enseignements, tous deux prétendant s’appuyant sur la Révélation. Relisez Dignitatis Humanæ (Vatican II) :

Le Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part soit des individus, soit des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu'en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience, ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d'autres.

C’est pourquoi le droit à cette immunité persiste en ceux-là même qui ne satisfont pas à l'obligation de chercher la vérité et d’y adhérer ; son exercice ne peut être entravé dès lors que demeure sauf un ordre public juste.

Donc, à en croire Vatican II, sauf pour des raisons d’ordre public, on n’a pas le droit d’empêcher, même ceux qui sont dans l’erreur, d’agir selon leur conscience. Y compris, par conséquent, dans tous les cas où de telles actions violeraient objectivement la loi catholique sans troubler l’ordre public. Et cette affirmation-là, c’est précisément ce que Pie IX condamne dans Quanta Cura :

Et contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l'Église et des saints Pères, ils affirment sans hésitation que : “la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, si ce n'est dans la mesure où la tranquillité publique le demande”

Et pour bien souligner le caractère solennel de cette condamnation :

En conséquence, toutes et chacune des opinions déréglées et des doctrines rappelées en détail dans ces Lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons de Notre Autorité Apostolique ; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l'Église catholique les tiennent absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées.

Au nom de cette doctrine, l’Eglise a, entre autres, institué l’Inquisition, et empêché dans de nombreux états catholiques la profession publique des hérésies. A en croire Dignitatis Humanæ, elle aurait ainsi réprimé pendant des siècles un droit naturel. Concluez vous-même si pareille hypothèse ne ruine pas davantage la crédibilité de l’Eglise que les doutes actuels d’un certain nombre de catholiques sur l’autorité des textes de Vatican II... V.